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Norvège polaire, regards sur la faune de la toundra – Yannick Lenoir

Le 8 janvier 2019, Yannick Lenoir a présenté au Groupe Nature  de Faverges un magnifique diaporama. 

 

La Norvège est un grand pays, tout en longueur, peu peuplé (5 millions d’habitants). Yannick nous invite à découvrir les hauts plateaux qu’il a parcourus pendant trois semaines avec deux amis photographes, en octobre 2018,  pour rencontrer des espèces emblématiques de la toundra.

Photo  1 carte – La région visitée se trouve à peu près au centre de la carte, au-dessus de Bergen, bien en-dessous du cercle polaire.

Photo 1 carte – La région visitée se trouve à peu près au centre de la carte, au-dessus de Bergen, bien en-dessous du cercle polaire.

La toundra, c’est une formation végétale de climat froid que l’on rencontre au-dessus de la limite des arbres (la taïga). Elle est constituée d’ « herbes » (graminées, cypéracées, juncacées), d’éricacées (myrtilles, camarine noire, phyllodoce, …) et autres plantes basses, de mousses, de lichens (surtout du genre Cladonia), de quelques arbres nains (des saules, des bouleaux nains) …On rencontre la toundra au voisinage du cercle polaire. Les hauts plateaux sont situés bien en-dessous du cercle polaire, au sud de la Norvège, mais l’altitude compense la latitude.

 

La toundra est d’une magie incroyable et d’une hostilité féroce,  ses paysages sont grandioses et sa végétation déborde de couleurs en automne.

 

La toundra en automne © Yannick Lenoir

La toundra en automne © Yannick Lenoir

 Parfois le blizzard et la neige viennent remplacer ces chaleureuses couleurs et le climat change du tout au tout, plongeant ainsi la toundra dans un délice glacé.

Un délice glacé…. © Yannick Lenoir

Un délice glacé…. © Yannick Lenoir

Parc National de Rondane : c’est le parc le plus ancien. Créé en 1902, il est constitué de grands plateaux et de dix montagnes dépassant les 2000 m d’altitude. En octobre, il fait très froid, le vent est omniprésent, il souffle jusqu’à 120 km/h. Les paysages ont des couleurs incroyables : buttes de sphaignes rouges, petites feuilles dentées et rondes du bouleau nain (Betula nana), orange, (en France, le Bouleau nain est une espèce relique de l’ère glaciaire, très rare, protégée), feuilles de saules jaunes, tapis blancs et gris des lichens, la cladonie étoilée (Cladonia stellaris), le lichen des rennes (Cladonia rangiferina) et d’autres espèces de lichens…

Orange, le bouleau nain -  blanc, le lichen cladonie étoilée – violacé, un autre lichen © Yannick Lenoir

Orange, le bouleau nain - blanc, le lichen cladonie étoilée – violacé, un autre lichen © Yannick Lenoir

Ici les petites feuilles du bouleau nain ont des teintes jaunes. Tapis de lichens, du  blanc, du gris…© Yannick Lenoir

Ici les petites feuilles du bouleau nain ont des teintes jaunes. Tapis de lichens, du blanc, du gris…© Yannick Lenoir

En hiver, les rennes se nourrissent de ces lichens, ils creusent la neige avec leurs larges sabots pour les dégager. 

Sur la neige, des traces de Lagopèdes alpin et des saules. Des Pluviers dorés en halte migratoire … Dans le ciel, un Faucon gerfaut

Un Lièvre variable, Lepus timidus,  détale, il n’a pas encore pris ses couleurs hivernales (« Blanchot »).

Cette toundra sèche est propice pour rencontrer le Renne sauvage, Rangifer tarandus. Mais ce n’est pas chose facile ! On rencontre des bois de rennes tombés à terre (bois ronds à la base puis aplatis et élargis, de forme variable, ils peuvent peser de 3 à 11 kg, la femelle en porte - fait unique parmi les cervidés - mais moins développés). Il faudra parcourir six bons kilomètres et marcher contre un vent « à décorner les rennes » avant de rencontrer un troupeau de 5 à 600 rennes sauvages en migration !

Rennes sauvages © Yannick Lenoir

Rennes sauvages © Yannick Lenoir

Parc National du Dovre fjell, créé en 1974, agrandi en 2002 (Dovre fjell- Sundalsfjella). Des Bœufs musqués y ont été réintroduits. (Robert Hainard, Mammifères sauvages d’Europe », 1972 : « En Norvège, sur le Dovre fjell, sur 12 veaux lâchés entre 1932 et 1938), 9 vivaient en 1939, qui furent vraisemblablement tués pendant la guerre. Depuis, il en a été lâché 26, dont 10 vivaient encore en 1953. Selon M. Per Hollacker de Kongsvoll, 17 bœufs musqués vivaient en 1960 sur le Dovre fjell, bien qu’il nous ait montré le crâne d’un individu tué par des braconniers. …Si nos prédécesseurs paléolithiques l’ont chassé et représenté, s’il a été réintroduit en Norvège, il est bien possible que sa disparition soit due au climat plus qu’à l’homme et qu’il n’ait plus droit à une place dans notre faune spontanée. C’est un animal de climat glacé mais sec, il ne supporte pas l’humidité et la neige épaisse… En Suède, où on l’a réintroduit en 1900, les veaux sont morts d’inflammation pulmonaires…. ». )

Il fait - 5°, et le blizzard souffle, il efface les traces, c’est éprouvant, mais fascinant ! Yannick distingue des  masses sombres dans le brouillard : ils sont là, les bœufs musqués, de la fumée sort de leurs naseaux !

Le Bœuf musqué a une allure d’animal préhistorique, c’est en effet une relique de l’ère glaciaire. Il pèse de 300 à 350 kg, peut courir à 60 km/h, c’est un animal massif, les cornes enveloppent le crâne et se touchent à la base chez le mâle, sa toison est épaisse, très isolante, de longs crins pendent presque jusqu‘au sol. Comme son nom latin l’indique, Ovibos moschatus, il est intermédiaire entre le bœuf et le mouton. Il y aurait actuellement environ 280 individus dans le Dovre fjell.

Le brouillard s’est dissipé, Yannick fait face à cet imposant bœuf musqué. © Yannick Lenoir

Le brouillard s’est dissipé, Yannick fait face à cet imposant bœuf musqué. © Yannick Lenoir

Une nuée de Bruants lapons passe dans le ciel.  Belle photo du Pygargue à queue blanche, un aigle pêcheur…

 

Et puis c’est la rencontre avec le Renard polaire, Vulpes lagopus = Alopex lagopus, une espèce très fragile, il n’y en aurait actuellement plus que 170 en Norvège : le renard roux lui fait de plus en plus concurrence. Au Spitzberg la population est plus importante. Le renard polaire a des oreilles plus courtes, un museau plus petit, des pattes plus courtes, il est plus petit  que notre renard roux. Les espèces des climats froids ont des membres et des appendices plus courts que les animaux des climats plus chauds, c’est la loi d’Allen. Comparez les longues oreilles du renard du Sahara ou fennec avec celles de notre renard roux, moins longues, et celles du renard polaire, beaucoup plus courtes : les petites oreilles limitent la perte de chaleur.

Le renard polaire dans sa fourrure blanche, petit museau, courtes oreilles, pattes courtes © Yannick Lenoir

Le renard polaire dans sa fourrure blanche, petit museau, courtes oreilles, pattes courtes © Yannick Lenoir

Son épaisse fourrure hivernale est blanche ou gris bleuâtre chez certains individus : d’où ses autres noms de renard bleu ou isatis (du grec, pastel, bleu, cf la plante Isatis tinctoria, le Pastel des teinturiers ou Guède, qui donne une teinture bleue).  Les deux formes peuvent se trouver dans la même nichée. Le renard polaire se nourrit de préférence de lemmings, mais quand ceux-ci sont rares (les pullulations de lemmings c’est tous les quatre ans) il prend ce qu’il trouve.

Le diaporama se termine sur de magnifiques photos, celle du renard polaire endormi, tout blanc, qui se sert de sa longue queue comme d’une écharpe douillette, m’a beaucoup plu !  

 

Ensuite Yannick a montré deux petits films et il a répondu aux nombreuses questions des spectateurs, très impressionnés par l’enthousiasme de ce jeune photographe et ses beaux clichés.

Monique

 

 

http://www.yannicklenoirphotographie.com

http://www.stagephotoyannicklenoir.com

 

 

Yannick présentera ce diaporama à Ugine, le 19 février, à 20 h, au centre social, salle Robespierre, entrée libre - Organisation section mycologique-botanique de l’amicale laïque –

A voir ou à revoir !

Une idée de sortie, pour voir l’expo en plein air de Yannick, en collaboration avec la RNR des Saisies : sous le col des Saisies, départ du sentier pédestre vers les pistes de fond. Il y a aussi quelques images devant l'office du tourisme.

 

 

Un glouton  © Yannick Lenoir             Une hermine  © Yannick Lenoir
Un glouton  © Yannick Lenoir             Une hermine  © Yannick Lenoir

Un glouton © Yannick Lenoir Une hermine © Yannick Lenoir

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