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Insectes et une vipère (11 mai, déconfinement)

Lundi 11 mai, déconfinement… Nous pouvons enfin faire une promenade de plus d’une heure, sans attestation. Nous décidons de ne pas aller trop loin car le temps n’est pas sûr.

Nous observons de nombreuses bestioles, une quarantaine d’espèces. En voici quelques-unes…

 

Sur des pousses de Peuplier noir, plusieurs chenilles de Queue fourchue, Cerura vinula. Elles se tiennent sur la nervure centrale des feuilles. Pour les repérer il faut avoir l’œil !

(cf article du 16-07-2009, "La chenille de la Grande Queue fourchue")

Queue fourchue, Cerura vinula

Queue fourchue, Cerura vinula

Un peu plus loin, d’autres, encore plus petites, sur les feuilles d’un Saule cendré. 

Jeunes chenilles de Queue fourchue, Cerura vinula - 1ers stades
Jeunes chenilles de Queue fourchue, Cerura vinula - 1ers stades

Jeunes chenilles de Queue fourchue, Cerura vinula - 1ers stades

Un insecte au corps aplati, de longues antennes, des pattes épineuses, deux paires d’ailes : c’est une Blatte. Mais ce n’est pas le « cafard » qui envahit les maisons. Cette espèce vit dans la nature et participe à la décomposition des feuilles dans la litière. C’est Ectobius sylvestris ou une espèce proche (détermination délicate).

Blatte, Ectobius sylvestris

Blatte, Ectobius sylvestris

Un joli Coléoptère rouge orangé, avec deux points noirs et une tête noire : le Cryptocéphale à deux points, Cryptocephalus bipunctatus. On le rencontre de mai à juillet sur les feuilles de divers feuillus

Cryptocephale à 2 points, Cryptocephalus bipunctatus

Cryptocephale à 2 points, Cryptocephalus bipunctatus

Une mouche vert fluo … C’est Rhogogaster viridis, une Tenthrède, une « mouche à scie » :  l’organe de ponte est acéré comme une scie, il incise la plante pour déposer les œufs à l’intérieur

Tenthrède, Rhogogaster viridis

Tenthrède, Rhogogaster viridis

Le Fusain, Euonymus europaeus (famille des Célastracées), est couvert de petites fleurs blanc verdâtre. Des rameaux sont défeuillés et couverts d’une sorte de toile d’araignée : ce sont des chenilles d’Hyponomeute  qui ont tissé cette toile, la plupart sont parties pour se métamorphoser, il n’en reste plus qu’une, une chenille jaunâtre avec des points noirs.

Hyponomeute, Yponomeuta sp

Hyponomeute, Yponomeuta sp

Il fait chaud, nous marchons tout en disant qu’on ne rencontre finalement que très rarement des reptiles. Et juste à ce moment-là, nous reculons : « là, là ! »… Qu’avons-nous vu ??

 

Un serpent est enroulé sur le haut d’un muret, des herbes le cachent un peu, on a du mal à repérer la tête….

La rencontre avec un serpent nous fait frissonner, mais une fois qu’on l’a repéré, la fascination fait place à la peur.

Le serpent ne bouge pas.

Vipère aspic, Vipera aspis

Vipère aspic, Vipera aspis

 

C’est une vipère, Vipera aspis. Le corps est gros : une femelle gestante ? Nous pensons plutôt qu’elle est en pleine digestion.

Savez-vous que la vipère ne mange pas tous les jours, loin de là !  Elle peut rester des semaines et même des mois sans s’alimenter ! Mais quand elle capture un rongeur (campagnol, mulot, souris), elle l’avale tout rond, pensez au serpent du Petit Prince qui a avalé un éléphant … Elle met beaucoup de temps à le digérer. Plus il fait chaud, plus la digestion est « rapide ». En moyenne il lui faut une semaine pour digérer sa proie.

Nous la « chatouillons » délicatement avec un bâton … Très lentement la vipère se déroule.

 La queue est très courte, c’est typique des vipères, la queue des couleuvres est beaucoup plus longue.
 La queue est très courte, c’est typique des vipères, la queue des couleuvres est beaucoup plus longue.

La queue est très courte, c’est typique des vipères, la queue des couleuvres est beaucoup plus longue.

La « robe » n’est pas contrastée.  Regardez la revue « la Salamandre » n°252, page 31 : une trentaine de photos montrent l’incroyable variabilité de la « robe » de la Vipère aspic. « Chaque individu est unique. »  La nôtre a une robe passe-partout : pas de motif bien marqué…

La « robe » n’est pas contrastée. Regardez la revue « la Salamandre » n°252, page 31 : une trentaine de photos montrent l’incroyable variabilité de la « robe » de la Vipère aspic. « Chaque individu est unique. » La nôtre a une robe passe-partout : pas de motif bien marqué…

La vipère se glisse dans un trou du muret, à partir de ce moment on ne voit plus que la tête.

Au début elle sort sa langue bifide sans ouvrir la bouche, elle passe par une encoche « étudiée pour ».

C’est un véritable radar sensoriel qui détecte les odeurs et qui transmet les informations à l’organe de Jacobson … Très vite elle rentre sa langue, elle a compris qu’elle était en lieu sûr, qu’elle ne risquait rien.

Insectes et une vipère (11 mai, déconfinement)
Insectes et une vipère (11 mai, déconfinement)
Sur la tête, les écailles sont petites, le museau est un peu retroussé, la pupille de l’œil est verticale, derrière l’œil une barre noire.
Sur la tête, les écailles sont petites, le museau est un peu retroussé, la pupille de l’œil est verticale, derrière l’œil une barre noire.

Sur la tête, les écailles sont petites, le museau est un peu retroussé, la pupille de l’œil est verticale, derrière l’œil une barre noire.

Pas étonnant qu’on rencontre aussi rarement des serpents.

D’abord ils sont moins nombreux qu’avant – et ils sont tellement discrets qu’on peut passer à côté d’eux sans s’apercevoir de leur présence !

 

                                                                                    Monique et Claudie

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