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L’Osmie cornue, Osmia cornuta, une abeille discrète mais présente tout près de nous.

Chaque année, début mars, nous observons près de la maison, des petites abeilles sauvages et solitaires : les Osmies. Il y a une trentaine d’espèces en France, mais nous reconnaissons Osmia cornuta, l’Osmie cornue (tête et thorax noirs et pilosité roux vif sur l’abdomen).

Les Osmies nidifient dans les trous d’évacuation de l’eau, en bas de nos fenêtres et portes-fenêtres. Dans la nature, elles utilisent d’autres cavités : tiges creuses de bambou, renouée, apiacées, galeries d’insectes…Ces abeilles maçonnes sont des Hyménoptères qui font partie des Mégachilidées.

Les mâles émergent avant les femelles, en général, début mars.

Mâle : touffe de poils blancs sur la tête et longues antennes

Mâle : touffe de poils blancs sur la tête et longues antennes

Une émergence précoce : le 11 février 2016. Il fait encore froid, le mâle frigorifié évacue avec peine les boules de mortier.
Une émergence précoce : le 11 février 2016. Il fait encore froid, le mâle frigorifié évacue avec peine les boules de mortier.

Une émergence précoce : le 11 février 2016. Il fait encore froid, le mâle frigorifié évacue avec peine les boules de mortier.

Les mâles guettent avec fébrilité l’arrivée des femelles à l’entrée des galeries.

Parfois il y a des bousculades, mais sans gravité car les mâles ne possèdent pas de dard.

Trois mâles, tout excités, attendent une femelle pour un rapide accouplement.

Trois mâles, tout excités, attendent une femelle pour un rapide accouplement.

La vie des mâles est brève, ils meurent tout de suite après l’accouplement !

Le mâle (en haut) un peu plus petit que la femelle (en bas).

Le mâle (en haut) un peu plus petit que la femelle (en bas).

La femelle : petites « cornes » sur l’avant de la tête et pilosité de la tête entièrement noire.
La femelle : petites « cornes » sur l’avant de la tête et pilosité de la tête entièrement noire.

La femelle : petites « cornes » sur l’avant de la tête et pilosité de la tête entièrement noire.

 Sitôt fécondée, la femelle se met au travail. Un peu de ménage, il faut que tout soit propre ! Elle débarrasse la cavité des débris restants.

Sitôt fécondée, la femelle se met au travail. Un peu de ménage, il faut que tout soit propre ! Elle débarrasse la cavité des débris restants.

La petite abeille aménagera dans cette galerie 12 à 15 cellules séparées par une cloison d’argile.

photo Entomoland

photo Entomoland

Dans la galerie, l’osmie pénètre la tête en avant, dépose le nectar stocké dans son jabot.

Dans la galerie, l’osmie pénètre la tête en avant, dépose le nectar stocké dans son jabot.

Elle en ressort pour y pénétrer cette fois-ci, en marche arrière et se décharger du pollen de sa brosse ventrale (« scopa »). Avec les « cornes » situées sur son front, elle tasse ce « pain d’abeille », pelote de nectar et pollen, réserve de nourriture pour la future larve. Lorsque la réserve est jugée suffisante, la femelle y dépose un œuf, construit une cloison en argile et travaille à la cellule suivante.

 Ce « nid » est terminé : le trou de sortie est colmaté par un bouchon de terre (boue + salive).

Ce « nid » est terminé : le trou de sortie est colmaté par un bouchon de terre (boue + salive).

L’Osmie peut pondre à volonté des œufs mâles ou femelles. Au fond de la galerie, les œufs fécondés donneront naissance à des femelles. Plus près de la sortie, des œufs non fécondés d’où sortiront des mâles.

Durant deux mois environ, la femelle construit de tels nids.

Cette osmie collecte des petites boules de terre humide, à l'aide de ses mandibules.

Cette osmie collecte des petites boules de terre humide, à l'aide de ses mandibules.

Dans un jardin, celle-ci butine une bruyère.

Dans un jardin, celle-ci butine une bruyère.

Celle-ci chargée de pollen, revient à l’hôtel à insectes. On peut voir sa brosse ventrale (scopa) qui lui sert à rapporter le pollen.

Celle-ci chargée de pollen, revient à l’hôtel à insectes. On peut voir sa brosse ventrale (scopa) qui lui sert à rapporter le pollen.

On peut observer les Osmies de mars à juin. De juillet à février de l’année suivante, elles se développent dans leur nid. Les larves une fois développées, se nymphosent dans un cocon et les imago (insectes adultes) sortiront de leur diapause dès les beaux jours, en fin d’hiver.

Ces dernières années, on s’est rendu compte que les Osmies jouent un rôle très important dans la pollinisation. Comme les abeilles qui font notre miel (Apis mellifera), ces abeilles solitaires (Osmia cornuta et Osmia rufa) fertilisent les plantes en butinant, transportant ainsi le pollen d'une fleur à une autre, mais mieux et plus vite. « Osmia », une start-up du Lot-et-Garonne élève des milliers d’abeilles solitaires pour les envoyer en mission pour doper les rendements des vergers. Et les résultats sont spectaculaires !

Dans nos jardins, ces abeilles sont très utiles pour polliniser les fleurs qui donneront de beaux fruits ou de beaux légumes. On peut les aider en leur offrant un gîte pour passer l’hiver : bûches percées, tiges creuses de renouée du Japon, de bambou, d'apiacées dans lesquelles elles pourront construire leurs cellules. Il faut choisir un endroit abrité, exposé au soleil.

Gîtes à insectes au Jardin des papillons, Digne-les-Bains (04)
Gîtes à insectes au Jardin des papillons, Digne-les-Bains (04)
Gîtes à insectes au Jardin des papillons, Digne-les-Bains (04)

Gîtes à insectes au Jardin des papillons, Digne-les-Bains (04)

Gîte à insectes à Giez (74)

Gîte à insectes à Giez (74)

Voir les Pages Entomologiques d’André Lequet

https://www.insectes-net.fr/osmie/osmie1.htm

https://www.insectes-net.fr/osmie/osmie2.htm

https://insectes-net.fr/osmie/osmie3.htm

                                                                                              Claudie

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