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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 14:41

 

Cette région du sud Massif Central attire depuis longtemps les passionnés de flore, sans parler des savants botanistes qui l’ont visitée ou habitée (cf. article sur l’abbé des Fleurs H. Coste). J’ai passé trois jours en mai 2013 dans cette région dans le cadre d’un stage botanique, accompagné de plusieurs personnes de l'Association Mycologique et Botanique de l'Hérault et des Hauts Cantons dont Guy Chauvet Président, Pascal Arnaud et Christian Bernard, ce dernier faisant autorité au niveau national pour ses connaissances botaniques et de sa région. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la flore des Causses et un des initiateurs du Musée Coste de St-Paul-des-Fonds. Les sols y sont essentiellement calcaires, marneux ou dolomitiques, les influences climatiques méditerranéennes, océaniques ou continentales, la topographie s’étage entre 600 et plus de 1200m d’altitude en trois ensembles (Avant-Causses, Causses de Rodez et Causses majeurs), séparés parfois par des gorges profondes. La végétation y est donc forcément très diversifiée (plus de 2000 espèces). Malgré le retard de la végétation dû à la météo en ce début de mois de mai 2013, j’ai été surpris de découvrir en quantité impressionnante les plantes suivantes :

 

-       sur coteaux secs et pelouses rocailleuses : Iris lutescens ou iris jaunâtre, atteignant péniblement 20cm de hauteur, de couleur bleu-violet ou jaunâtre. Cet iris est proche de son cousin (Iris chamaeris ou iris nain). Tous deux sont très présents dans le sud du Massif Central et dans les régions méditerranéennes. Narcissus assoanus ou Narcisse d’Asso ou encore narcisse à feuilles de jonc présente une couronne de couleur jaune de 2cm de diamètre, odorante. Comme l’iris, il dépasse rarement les 20cm et fréquente les mêmes régions. Ranunculus gramineus ou renoncule graminoïde avec ses étonnantes feuilles linéaires très effilées. Cette renoncule est plus courante sur le territoire national, mais elle est protégée notamment en région Centre. Beaucoup plus rare, Lathyrus pannonicus ou gesse blanchâtre qui bénéficie d’une protection régionale.

 

photos-blog-1.jpg

 -       sous une chênaie claire en pente, proche de l’impressionnant cirque de Navacelles : Aristolochia pistolochia ou aristoloche pistoloche, plante couverte de poils durs, aux curieuses fleurs brunâtres, à petites feuilles triangulaires en cœur. Cette plante est répandue autour de la Méditerranée, jusqu’aux Alpes du sud et Massif Central. Et aussi Paeonia officinalis ou pivoine officinale aux pétales purpurins et aux nombreuses étamines, rare et protégée nationale. Moins rare et plus discrète, d’un jaune éclatant, Tulipa sylvestris subsp. australis ou tulipe des forêts.


-       sur le Causse près de Soulagets, avec les carlines à feuilles d’acanthe et les asphodèles blancs : nombreux tapis de Armeria girardii,  ou armérie faux-jonc, aux fleurs roses, endémique des Causses assez rare mais localement abondante.

 

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-       sur pelouses sèches dans le secteur du Rouquet, avec affleurements dolomitiques : Pulsatilla rubra var. serotina et Pulsatilla vulgaris var. costeana, deux pulsatiles endémiques des Causses qui se différencient par la taille et la couleur de la fleur, Linum leonii ou lin de Léon et Arenaria aggregata ou sabline agglomérée.

 

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 -       dans un paysage semblable près du Pas d’Estrech : Thymus dolomiticus ou thym des dolomies, beaux tapis de Linum campanulatum ou lin à fleurs de campanule, Daphne cneorum ou daphné camélée très odorante et déjà vue Tulipa sylvestris subsp. Australis

 -       au sud du plateau du Guillomard, à la Bastide des Fonds : Fritillaria nigra ou fritillaire des Pyrénées car localisée dans les régions du sud (Pyrénées, Languedoc, sud des Causses), ici très abondante.

 

photos-blog-4.jpg

La liste complète des plantes vues ne peut être reproduite ici. Et il y a surtout toutes celles que je n’ai pas vues à cause des retards dus à la météo ou tout simplement parce que d’autres merveilles apparaissent plus tard. Je pourrais citer Adonis vernalis ou Adonis de printemps, Ophrys aveyronensis ou Ophrys de l’Aveyron, ou encore Ophrys aymoninii ou Ophrys mouche des Causses…  En tout état de cause, cette région est à visiter et revisiter à toutes les époques de l’année.

 

Pierre Melin

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 18:51

 

Le Monolithe de Sardières est une aiguille de cargneule de 93 m de hauteur située à cheval sur 2 communes, Sollières-Sardières et Aussois, à une altitude de 1620 m.

 

Monolithe-Sardieres-16-6-13--1-.JPG

Il est complètement entouré d’arbres si bien qu’on ne le voit pas de loin. Sur la photo ancienne on voit qu’il y avait beaucoup moins d’arbres et qu’ils étaient moins hauts, au premier plan on voit même une prairie.

 

Monolithe Sardières 16-6-13 (5)

C’est ici qu’ont eu lieu les cérémonies de la création du Parc National de la Vanoise le 6 juillet 1963, en présence d’Edgard Pisani, ministre de l’agriculture.

 

 Les cargneules datent du Trias – première époque du secondaire entre -245 et 205 millions d’années, comme les gypses. Elles ressemblent à du tuf, elles sont perforées en surface de cavités irrégulières.  

Comment ces cavités se sont-elles formées ? Ce n’est pas très clair… Le dictionnaire de géologie dit qu’elles  sont dues à la transformation  de calcaires dolomitiques avec dissolution préférentielle de la dolomie par des eaux chargées en sulfates… Le panneau explicatif dit que ces calcaires dolomitiques sont devenus caverneux en surface par dissolution du ciment calcaire…

 

Monolithe-panneaux-.jpg

 

On peut dire que la formation de ce Monolithe s’apparente à celle des cheminées de fées ou des demoiselles coiffées : l’agent principal est l’érosion et ce n’est pas parce que le monolithe n’a pas de chapeau  que ce serait différent. Le chapeau a pu tomber et comme la partie supérieure est de composition plus résistante elle joue le rôle de chapeau et elle a protégé son soubassement de l’érosion….

 

 

Femmes des cavernes au Monolithe de Sardières 16-6-13

                                  Femmes des cavernes devant le Monolithe

 

La 1e ascension du Monolithe a été effectuée en 1957 par Michel Paquier, né en 1933, mort en 1967, à 34 ans, d’un accident en montagne….

 

Monolithe Sardières 16-6-13 (6)

C’est un site touristique très fréquenté, la végétation a souffert du piétinement, des panneaux nous demandent de suivre les chemins tracés.

 

Monolithe Sardières 16-6-13 (7)-copie-1

 Avant de quitter Aussois et la Haute-Maurienne, nous faisons encore un petit arrêt près du « Rocher des Amoureux », un site d’escalade bien connu dans la région. Nous ne connaissons pas la légende qui est à l’origine de ce nom.

 

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En faisant le tour du rocher, nous notons encore quelques plantes, p.ex. la râpette couchée, Asperugo procumbens, avec ses petites fleurs bleues, son calice accrescent et sa tige qui accroche, armée de petits crochets.

 

Asperugo-procumbens-.jpg

Asperugo-procumbens---2-.JPG

 Le Marabout ou Stipe plumeuse (Stipa pennata au sens large), une graminée des pelouses steppiques aux longues arêtes soyeuses…

 

P1010671.jpg

 

Stipa-pennata--2-.jpg

 Nous avons passé une excellente journée en Maurienne, merci aux amis de la société de Modane pour l’organisation !

 

 

Monique, Sabrina et Claudie

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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 22:18

Arrivés au Plan des Arponts  une vue magnifique s’offre à nous : les sommets enneigés du Val d’Ambin et du Val d’Etache …

Danièle et Sabrina Modane Arponts 16-6-13

Derrière nous, le Râteau d’Aussois.

 

groupe-Modane-Arponts-16-6-13.JPGLa flore n’est pas encore bien développée. Il y a des gentianes, des trolles, des anémones des Alpes (Pulsatilla alpina)

 

Pulsatilla alpina Modane 16-6-13… des pensées à éperon (Viola calcarata), des pédiculaires (Pedicularis comosa, P. cenisia)

 

Pedicularis-comosa---2-.jpg

 

Pedicularis-cenisia.JPG.jpg…le Séneçon  doronic (Senecio doronicum)

 … des Narcisses (Narcissus radiiflorus)

 

Senecio-doronicum-Aussois--2-.jpg

 

Narcissus-Aussois---2-.jpg… la Raiponce orbiculaire (Phyteuma orbiculare) et bien d’autres plantes…

 

Phyteuma-orbiculare-Aussois.jpgThierry nous montre les feuilles caractéristiques du Dracocéphale de Ruysch (Dracocephalum ryuschiana), plante désormais protégée (arrêté du 23 mai 2013). Pour la voir en fleurs il faudra revenir plus tard !

 

Nous nous installons pour le pique-nique comme toujours très convivial. Les bouteilles, les biscuits  apéritif, les gâteaux circulent… Il fait bon, mais nous n’avons pas le temps de faire la sieste !

Retour aux voitures.

Surprise ! Un tronc d’épicéa bouche le petit chemin où quelques voitures étaient garées pour ne pas encombrer la piste principale… Cet arbre n’est pas tombé tout seul, nous pensons aux forestiers que nous avons vus un peu plus bas… C’est une blague de mauvais goût, mais nous sommes nombreux. Courage, on va y arriver !

Ca y est ! Allez, encore un petit effort pour dégager complètement le chemin…

Accident-de-Roger-de-Lagrandiere-Modane-Aussois-Arponts-16.JPGC’est là, alors que l’incident était presque clos, que notre ami Roger fait une chute de plusieurs mètres qui aurait pu être très grave. Notre blessé est pris en charge par deux infirmières de notre groupe…


 Puis nous herborisons plus bas, au Plan de la Croix, 1482 m : de magnifiques prairies avec des fleurs de toutes les couleurs…

Au loin, le Petit Mont Cenis très enneigé, plus près à gauche la carrière de gypse et à droite on aperçoit l’église d’Extravache  près de laquelle poussent  2 plantes rares en Savoie, absentes de Haute-Savoie, Draba nemorosa  et Androsace septentrionalis.

 

2-Val-d-Ambin-Prieure-de-St-Pierre-d-Extravache.jpg

 Le Bunium bulbocastanum  est une petite Ombellifère (Apiacée) qu’on appelle dans la région « noix de terre » : la racine est renflée en un bulbe qu’on mangeait jadis. En Haute-Savoie cette plante est rare.


Bunium-bulbocastaneum-Hautecour.jpgLa Bugrane du Mont Cenis (Ononis cristata)

L’Astragale du Danemark (Astragalus danicus)

Les fruits de la Caméline à petits fruits (Camelina microcarpa)

 

Ononis-cenisia.JPG.jpg

 

Astragalus-danicus.jpg

 

Camelina-microcarpa-Aussois-.jpg

La belle chenille de la Livrée des prés, Malacosoma castrensis (Lasiocampidae)

 

La-Malacosoma-castrensis-Livree-des-pres-chenille-Modane-.JPG

La Pie-grièche écorcheur (Lanius collurio) chasse à l’affût depuis un perchoir. Elle capture ses proies – essentiellement des insectes - avec son bec légèrement crochu. Il lui arrive de les empaler sur les épines des buissons pour se faire des réserves appelées « lardoirs ». Le mâle a la tête grise avec un masque noir, le dos roux.

 

Pie-grieche-ecorcheur-male-Aussois---2-.jpg

 

                                                         Monique, Sabrina et Claudie

 

(à suivre)

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21 juin 2013 5 21 /06 /juin /2013 22:40

 

Dimanche 16 juin 2013 : la Société Mycologique et Botanique de Haute-Maurienne organise la « Journée botanique de la FMBDS » (Fédération Mycologique et Botanique Dauphiné-Savoie). Nous sommes 8 du Groupe Nature de Faverges (Haute-Savoie) à nous rendre à Modane.

 

accueil du groupe Modane 16-6-2013

 

accueil-Maurice-Mollard-president--Modane-16-6-2013.JPG

 

Les amis de la société de Modane ont bien fait les choses : ils ont commandé le soleil (rare cette année !), ils ont dressé une table devant leur local pour une collation de bienvenue, café, jus d’orange, croissants…

Une mini-exposition de plantes caractéristiques de la région est installée sur le rebord de la fenêtre. Il y a même un champignon…

 

accueil pte expo Maurice Mollard Claudie Jacques

 Une aubépine : Crataegus rhipidophylla, proche de C. monogyna, mais à feuilles, fleurs et fruits un peu plus grands.

 

Crataegus-monogyna-rhipidophylla-Modane-16-6-2013.JPG

Un gaillet : Galium glaucum, feuilles glauques comme son nom l’indique, présent mais rare en Haute-Savoie.

 

Galium glaucum (2)

Un coquelicot : Papaver argemone, capsule  claviforme hérissée de soies. Encore présent, mais rare en Haute-Savoie.

 

Papaver argemone capsule hérissée de soies Modane 16-6201

Un Buplèvre (famille des Apiacées/Ombellifères) : Bupleurum rotundifolium, disparu de Haute-Savoie, dernière mention en 1878 à Saint-Ferréol, tout près de Faverges ! Encore bien présent en Savoie entre Montvernier et St-André, trouvé récemment en Tarentaise.

Bupleurum-rotundifolium-Brides--3-.jpg

Il y a aussi une Arabette, Arabis nova, un Fumeterre, Fumaria vaillantii , une Knautie,  Knautia purpurea = K. timeroyi et Caucalis platycarpos, Turritis glabra, Rorripa sylvestris….

 

Knautia-purpurea-.jpg

  A 9 h, la trentaine de participants se regroupe dans les voitures et prend la direction d’Aussois, puis la chenille processionnaire emprunte une piste en direction du Plan des Arponts.

Nous continuons la montée à pied en herborisant dans la forêt des Arponts sous la houlette de Thierry et de Maurice.


 La Bruyère des neiges, Erica herbacea (= E. carnea), est presque banale ici, mais c’est une plante rare en France, elle n’est présente que dans 3 départements : en Savoie (de Modane à Lanslebourg, plus quelques stations en Tarentaise), dans les Alpes-Maritimes et « chez nous » en Haute-Savoie (une station au-dessus de Faverges en montant à la Dent de Cons entre 1300 et 1650 m et une autre au-dessus de Saint-Pierre-en-Faucigny, à Prêlaz).

 

Callophrys rubi Erica carnea = herbacea Aussois

Ce petit papillon vert, c’est l’Argus vert ou Thécla de la ronce, Callophrys rubi. N’est-il pas beau avec ses yeux noirs cerclés de blanc et ses antennes annelées noir/blanc ?

 

Le Bugle de Genève, Ajuga genevensis, est d’un bleu plus vif que le Bugle rampant qui envahit nos pelouses ! Nous verrons aussi le Bugle pyramidal…

 

Ajuga genevensis Cevin (3)

 

Les fourmis des bois ont construit d’impressionnantes fourmilières, de grands dômes constitués d’aiguilles de conifères et de brindilles.  Avez-vous déjà fait cette expérience ? Vous  mettez vos mains au-dessus d’une fourmilière. Les fourmis se sentent attaquées, elles ripostent en levant leur abdomen et en projetant des jets d’acide « formique ». Sentez vos mains, ça débouche les narines ! Posez sur le dôme des fleurs bleues, de Pulmonaire par exemple : avec l’acide, elles deviennent roses !

 

fourmis (2)

 

Monique, Sabrina et Claudie

 

(à suivre)

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 18:01

On l’appelle « Galle du châtaignier », « Chalcide du châtaignier » ou « Cynips du châtaignier ».

Nous avons découvert cette galle spectaculaire en Savoie, à Cevins  le 14 mai, puis à Conflans-Farette au-dessus d’Albertville le 29 mai.

 

Chataignier-galle-Cevins--2-.jpg

 

Elle est probablement déjà installée en Haute-Savoie, si vous la repérez, dites-le nous !

 

Dryocosmus-kuriphilus-Cynips-Chataignier-galles--Cevins--3-.jpg

 

Un petit hyménoptère noir est à l’origine des dégâts. Il est originaire de Chine où il parasite les espèces locales de châtaignier.

Cet insecte ravageur a été introduit  en 1940 au Japon et en Corée. En 1974 il envahissait le SE des USA.

En 2002 on le signalait pour la première fois en Europe, en Italie, dans la région de Cueno (Piémont), région bien connue pour sa production de châtaignes : chaque année une « fête de la châtaigne » y est organisée en octobre.

La vallée de la Roya (Alpes-Maritimes) est atteinte en 2006, le ravageur progresse…

 

Cette petite mouche noire se reproduit par parthénogenèse : pas besoin de mâle, une femelle vierge produit des descendants femelles. Une seule femelle suffit donc pour installer une population.

Elle pond en juin-juillet dans les bourgeons. Les jeunes larves passent l’hiver bien à l’abri dans ces bourgeons, on ne remarque rien…

Au printemps  des galles bien visibles apparaissent, vertes, roses, rouges…Elles peuvent êtres situées sur tous les organes verts de l’arbre, sur les nervures ou le pétiole des feuilles, sur les rameaux, sur les inflorescences...

 

Dryocosmus-kuriphilus-Cynips-Chataignier-galles--Cevins--2-.jpg

 

Elles abritent de petites larves blanches qui grossissent tranquillement à l’abri des prédateurs, puis se nymphosent.

Pour sortir, les adultes (toujours des femelles) forent un trou en juin-juillet. Elles  ne perdent pas de temps à chercher des mâles : elles s’empressent de pondre dans les bourgeons…

 

Les galles peuvent rester accrochées pendant plusieurs mois. Pendant l’hiver, on peut donc voir des feuilles et des galles sèches sur les rameaux atteints par le cynips les années précédentes.

 

Il faudrait couper et brûler les rameaux infestés, mais cette méthode  n’est possible qu’en tout début d’infestation !

Pour les régions productrices de châtaignes, c’est un fléau.

 

L’arbre à pain qui représentait jadis une source de nourriture très importantes pour les hommes et aussi pour les porcs dans les Cévennes, l’Ardèche, dans le centre de la Corse etc… connait  bien des misères, la maladie de l’encre, le chancre et maintenant ce Cynips venu de Chine !

 

Tristan-chataignier---2-.jpg

 

                                       Un Tristan (Aphantopus hyperantus) butinant  les fleurs mâles du châtaignier

 

Chataignier--2-.jpg

                                                                                     Les bogues

 

                                                                                   Monique

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 07:25

Millau a longtemps été la capitale de la ganterie. Aujourd’hui elle reste connue pour ses activités de mégisserie, mais aussi pour son viaduc. Sait-on qu’une célébrité mondiale a vécu à quelques kilomètres de là ?

 

Hippolyte Coste est né en 1858 près de Balaguier-sur-Rance dans l’Aveyron. Très jeune il est attiré par les beautés de la nature et en particulier par la botanique. En même temps que ses études au grand séminaire de Rodez, il court herboriser dans la campagne voisine pour constituer un important herbier et accumuler des connaissances.

 

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Nommé prêtre, il sera affecté dans plusieurs localités avant de l’être en 1894 à Saint-Paul-des-Fonds, au pied du Larzac. Il exercera sa double activité de prêtre et de botaniste partout où il séjournera. Il finira ses jours à Saint-Paul en 1924. A l’époque quand on avait besoin du curé, il suffisait de repérer la soutane noire dans les champs des Causses. Il sera surnommé ‘’le Curé des Fleurs’’.

 

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Au fil des mois, des années, il va ainsi observer, collecter, collectionner… des milliers d’informations sur la flore. L’abbé Coste s’est intéressé à tous les groupes de plantes, dans plusieurs régions (Midi, Pyrénées, Cévennes…) et en particulier pour les Causses aux anémones, violettes, thyms, roses, germandrées… De nombreux savants botanistes reconnus se joindront à lui pour compléter, préciser ses recherches, comme par exemple Carbonnel, de Lassale, Simon, Fourès… et surtout J. Soulié avec qui il lie une amitié solide de 30 ans. Son œuvre majeure qui reste une référence encore aujourd’hui est la ‘’Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes’’, plus connue en tant que ‘’Flore de Coste’’ qui lui valut une renommée internationale. Les trois volumes de cette œuvre rédigés en cinq ans (1901-1906) proposent des descriptifs précis et des illustrations remarquables, souvent reprises en France comme à l’étranger. Cette flore a été réactualisée plusieurs fois et a servi de base à l’élaboration d’autres ouvrages.

 

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L’énorme herbier de Coste, complété des récoltes de J. Soulié, ainsi que sa bibliothèque ont été légués à la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron (SLSAA) dont il était membre.

 

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Au rez-de-chaussée de l’ancien presbytère de Saint-Paul-des-Fonds, un petit musée a été aménagé, consacré à la vie et à l’œuvre du chanoine Hippolyte Coste. Outre un diaporama, diverses photos et fac-similés de documents, on peut voir dans une vitrine une de ses planches d’herbier originales. Dans la petite cour du presbytère aménagé en jardin public, un buste de l’abbé a été érigé par la SLSAA. Il repose dans le cimetière voisin, accolé à l’église.

 

 

Voici un lieu qu’il est indispensable de connaitre lorsque l’on visite la région.

 

Pierre Melin

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 14:47

C’est la plus grande de nos grives (28cm). Elle fait partie de la famille des Turdidés (turdus = grive) comme la Grive musicienne, la Grive litorne, la Grive mauvis, le Merle noir et le Merle à plastron, le Monticole (ou Merle) de roche ainsi que d’autres oiseaux plus petits comme les rouges-gorges, les rouges-queues, les traquets, les rossignols et les agrobates.

Elle est présente dans notre région toute l’année.

 

Grive-draine---Copie.JPG

La tête, le dos et le dessus de la queue sont gris.

Les taches noires sont rondes et disposées de manière anarchique, chez la Grive musicienne, elles sont alignées ou disposées en V.

 

Grive-draine--3----Copie.JPG

 

La Grive draine est insectivore mais elle se nourrit de fruits (cerises, pommes) et de baies (sureau, sorbier, alisier, aubépine… et aussi les raisins)

Elle mange tout particulièrement les boules de gui (viscivorus, du latin viscum (le gui) et voro (dévorer), cf aussi ses noms allemand et anglais de « grive de gui » : Misteldrossel et Mistle thrush)

 

Viscum-album-11.06.JPG.JPG

 

Gui-boules.JPG

 

Elle contribue tout comme la Fauvette à tête noire, à la dissémination du gui. En effet, les graines, non digérées, sont expulsées avec les fientes et germent là où elles tombent, souvent sur les branches de l’arbre. 

 

Gui-graines-sur-piquet.JPG

 

Le chant est mélodieux et fluté. Il rappelle celui du merle mais le ton est plus triste. La Grive draine a l’habitude de chanter  par mauvais temps, même sous une pluie battante.

Le cri de contact est un « dr-r-r-r » roulé et sec, caractéristique, et peut-être à l’origine du mot « draine » qui serait une onomatopée.

 

A la fin de l’été, les grives se réunissent en petites bandes et s’associent parfois avec les Grives litornes et quelques Grives mauvis. Elles passent une grande partie de leur temps à découvert, se déplacent sur le sol à la recherche de nourriture, se tenant bien droites, tête relevée et queue pointée vers le bas.

Le vol est onduleux et laisse apercevoir le dessous des ailes d’un blanc éclatant.

 

C’est un migrateur partiel. Certaines de nos grives migrent vers le sud de l’Europe pour y passer l’hiver, tandis que d’autres arrivant du nord et de l’est de l’Europe, séjournent dans notre région.

 

                                                                                                                           Claudie

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 08:30

 

Association mycologique et botanique d’Annecy


Dernier diaporama de la saison, lundi 13 mai 2013, à 20 h 30, quai des Clarisses, salle des Clarisses (la Manufacture, parking Sainte-Claire).

« Les araignées » Françoise Drouard

 

Micrommata-virescens-femelle-Courchevel--2-.JPG


                                                                     Micrommata virescens

 

 

 

LE MONDE DES ARAIGNÉES

 

Un monde à découvrir,

avec de la beauté,

de la cruauté,

de la diversité,

des performances,

du sexe,

… toute une vie !

 

Argiope bruennichi St Jo proie                                                                         Argiope bruennichi

 



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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 14:08

Dans «Un livre de famille protestant » (Genève, 1891),  John Peter va à pied à Neydens  depuis Saint-Julien par Ternier. Ce chemin, je l’ai souvent parcouru  avec mon grand-père : nous allions jusqu’à Neydens rendre visite à mes grands-parents paternels. Ce n’est plus possible depuis la construction de l’autoroute.

 

John Peter  note quelques fleurs et lorsqu’il se trouve près du ruisseau de la Creuse il parle de la tulipe : «  mai voit croître en abondance la Tulipa sylvestris,  à la fleur jaune. De Genève au Mont de Sion, on la trouve seulement là et dans les replis d’un vallon, près du pont de Sierne à côté de Villette ». Je crois que cette dernière station, située dans le canton de Genève, a été abîmée par les labours.

 

Tulipa-sylvestris.jpg

 La Tulipe sylvestre est une plante rare en Haute-Savoie. Elle est connue depuis longtemps dans  les communes de Neydens et Archamps.  Elle a été mentionnée à Vacheresse et près du delta de la Dranse par Briquet et à Naves-Parmelan par Chevalier (catalogue de Perrier de la Bâthie), mais elle n’y est plus. En 2010 Roger Fillion a découvert  2 nouvelles stations dans la commune de Bassy.

 

Les feuilles (2 à 4) sont allongées, étroites,  d’un vert bleuté, un peu pliées en gouttière, la pointe est « cucullée », c-à-d repliée en capuchon.

Tulipa-sylvestris-Archamps-feuilles--2-.jpg

 

Tulipa-sylvestris-Archamps-feuilles--1-.jpg

Les fleurs jaunes sont  penchées lorsqu’elles sont  en boutons, elles se redressent au moment de la floraison (mi-avril). Les pétales et les sépales sont semblables, on les appelle « tépales ». Les 3 tépales extérieurs lavés de vert ou de rouge-brun se replient en arrière lorsque la fleur est bien épanouie, les 3 tépales intérieurs, jaunes, ciliés, se tiennent dressés, leur face externe est munie de trois nervures vertes.

 

Tulipa-sylvestris--4--copie-1.jpg

 

Tulipa-sylvestris--7-.jpg

Au centre, une colonne massive terminée par une sorte d’écusson, le stigmate, réceptionne  le pollen produit par les 6 étamines, 3 longues et 3 courtes. Dès la chute des tépales, la colonne va gonfler et deviendra fruit, capsule à trois cloisons abritant les graines.

La Tulipe  peut coloniser de grandes surfaces car elle se multiplie surtout par stolons (bulbes stolonifères, reproduction par multiplication végétative).  

 

C’était une plante des terrains cultivés qui était abondante autrefois. Pour fleurir, les bulbes ont besoin d’être remontés à la surface lors des labours traditionnels.

De nos jours, les tulipes se sont réfugiées dans les haies, les talus. Les bulbes s’enfoncent, il y a peu de plants qui produisent des fleurs.

 

La Tulipe sylvestre est une plante protégée. La commune de Neydens, fière de sa fleur,  l’a fait figurer avec la croix de Savoie sur son blason et sur les plaques qui indiquent les noms des rues.

 

Tulipe de Neydens Chemin d'Huffin (2)

 

Tulipe de Neydens Chemin d'Huffin (1)

                                                                                                                                Monique


 

                                                          

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 22:19

C’est une Orchidée robuste qui n’est pas rare dans le Midi, mais elle est précoce, elle fleurit très tôt, dès la fin de l’hiver, à un moment où les touristes ne sont pas encore arrivés !

 

Himmantoglossum-roberianum.jpg

 Elle progresse de façon spectaculaire vers le nord, elle remonte le couloir rhodanien jusqu’au département du Rhône. En 1996, elle a été découverte en Savoie, à Myans, mais la station a été détruite…Le 22 avril 2006, notre ami savoyard Arthur Lequay, bon pied, bon œil malgré son âge très avancé, a découvert 2 beaux pieds au bord du lac du Bourget.

Un pied a été trouvé tout près de chez nous, à Genève…

Alors pourquoi pas en Haute-Savoie ?

 

Son nom français : l’Orchis géant ou Orchis à longues bractées

 

Dans le passé, on l’a appelé Orchis longibracteata, Orchis robertiana, Aceras longibracteata, Barlia longibracteata

Son nom latin actuel : Himantoglossum robertianium. Nous le connaissons mieux sous le nom utilisé encore il y a quelques années : Barlia robertiana

 

Himantoglosum-robertianum2-RFillion--2-.jpg

 Le botaniste Loiseleur Delonchamps a dédié cette belle orchidée au Docteur Gaspard Nicolas Robert (1776-1857) qui l’a découverte en 1805 à Toulon et qui  lui en a fait parvenir un pied.  Loiseleur… un nom qu’on retrouve dans Loiseleuria procumbens, l’azalée couchée des landines de nos montagnes, ainsi que dans Draba loiseleurii, une drave endémique de Corse.

Jean-Baptiste Barla (1817-1896), est un mycologue et botaniste de Nice. Son ami le botaniste italien Filippo Parlatore a créé le genre Barlia en 1858. Un autre Barlia est endémique de l’île de Tenerife, Barlia metlesicsiana. En 1868, Barla a fait paraître une « Iconographie des Orchidées de Nice et des Alpes Mariritimes » qu’il dédia à son «  savant ami » Parlatore pour le remercier …

 

Mais il faut oublier « Barlia » et dire « Himantoglossum », « langue en lanière », ce qui convient parfaitement à l’orchis bouc (labelle très long et étroit)…mais pas du tout à notre Orchis géant !

 

Les analyses phylogénétiques ont montré que les genres Barlia et Himantoglossum sont très proches et qu’ils forment un groupe monophylétique. « Le genre Himantoglossum étant plus ancien, les espèces du groupe adopteront ce nom de genre. » (F. Greulich, P. Prunier, bulletin FMBDS n°202, juin 2011) 

 

Roger-et-Barlia-robertiana-Gresine-12-04-13--1-.JPG

                           Photos prises le 12 avril par Roger Fillion en Savoie

 

                                                                             Monique

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