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8 août 2009 6 08 /08 /août /2009 06:00
 

 

16 personnes au départ,  avec l’espoir de découvrir enfin la Linnée Boréale.(photo d'Alain)


Nous faisons un premier arrêt sur la route de Villemartin, au dessus de Bozel. Près des poubelles, dans les graviers, nous admirons le Chenopode en baguette (Blitum virgatum) Ses gros fruits rouge vif ressemblent à des mûres.


Nous reprenons la route jusqu’au parking de la prise d’eau de Champagny (1440m). Après avoir traversé le Doron , nous pénétrons dans la forêt. La pente est raide, il faut escalader de gros blocs moussus. Enfin voici quelques pieds de Linnée boréale. Deux fleurs fluettes blanches et roses, des petites feuilles vernissées. Je prends plusieurs photos…mais toutes sont floues !


Puis nous suivons le chemin bordé de mousses et de fougères. Pour certaines, la détermination pose problème…La Binz, référence habituelle, n’est pas très claire. Il faudrait consulter d’autres flores .C’est alors qu’Alain sort un ordinateur de son sac à dos ! Philippe pourra ainsi interroger différentes bases de données. Plus besoin de transporter de nombreux livres !


Comme d’habitude, le pique-nique est très agréable. Au moment du départ,  Roland découvre une belle poignée de chanterelles, à l’endroit même où nous avions étalé nos affaires !


Nous reprenons les voitures jusqu’au parking du Laisonnay.

Sur le chemin montant en direction du col du Palet, nous observons une belle ombellifère : le Pleurosperme d’Autriche (Pleurospermum austriacum) dont les grandes feuilles luisantes, très découpées, sont facilement reconnaissables.


Nous admirons la grosse chenille très colorée du  Sphinx de l’Euphorbe, puis celle du Sphinx de la Garance  et enfin, le très beau Paon- du- jour !

Une superbe journée pleine de découvertes. Un grand merci à Philippe, Roland, Monique, Françoise et Claudie qui, avec patience et persévérance nous font partager leur passion pour les plantes, les insectes, les araignées et les champignons !

Texte et photos de Janine

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7 août 2009 5 07 /08 /août /2009 07:05

 

 

Nous avons photographié cette sauge le 21 juillet en Haute-Maurienne, au-dessus d'Avrieux, le long de la route départementale D 215 qui va au Bourget, pas très loin de la chapelle et de la cascade St Benoît. Tout près, le fort de L'Esseillon et le fort Marie-Christine…

Nous sommes dans les anciennes cultures, plus ou moins en terrasses, du village du Bourget. Aujourd'hui, seuls quelques  champs sont encore labourés. On y trouve une flore des milieux steppiques et des messicoles.

 

Cette sauge n'a d'Ethiopie que le nom, elle est originaire des steppes de l'Europe de l'est.

On peut rencontrer  cette plante rare dans les régions montagneuses du S-E de la France (Massif Central, Provence, Alpes).  En Savoie elle est protégée, on la trouve en Maurienne, sur les pelouses sèches d'Aussois et des environs (plante xérophile et plutôt thermophile).

 

Plante velue-laineuse (on l’appelle aussi « sauge laineuse »), haute de 30 à 100 cm, aux feuilles ovales, irrégulièrement dentées-crénelées. Les fleurs blanches forment une inflorescence très rameuse. Le calice velu se termine par des dents épineuses, les groupes de fleurs sont entourés de bractées lavées de violet. 

 

L'Herniaire glabre (Herniaria glabra), la Crépide blanchâtre (Crepis albida), la Centaurée du Valais (Centaurea valesiaca), le Seseli annuel à feuilles de cumin (Seseli annuum ssp carvifolium), l'Odontitès jaune (Odontites luteus) l’accompagnaient, mais toutes ces plantes étaient déjà bien sèches !

 

La sauge d’Ethiopie possède un certain pouvoir antiseptique, elle a une action sur le système nerveux, diverses autres propriétés ont été étudiées (analgésique, antipyrétiques, anti-inflammatoire), mais la sauge officinale  a un intérêt médicinal supérieur (d’après des renseignements donnés par Patrick R. de Marseille).

 

  Claudie


Autres photos

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 13:16

 

 

Je voulais monter au fort de Replaton, car j' avais gardé un bon souvenir d'une sortie guidée par Denis J., lors d'une session botanique FMBDS. En effet, c'est un endroit très ensoleillé, chaud et sec, particulièrement riche en insectes de toutes sortes.

 

Mais fin juillet, les plantes sont un peu sèches ! Je photographie tout de même les capitules hémisphériques bleus d' Echinops sphaerocephalus. Des Réduvies irascibles (Reduva iracundus), noires et rouges y attendent le moment propice pour user de leur seringue ! Des Mauves alcées (Malva alcea), des Stipes plumeuses (Stipa pennata s.l.), une Apiacée très fine (Ptychotis saxifraga =heterophylla )...

Le criquet italien à ailes roses (Calliptamus italicus), l'Oedipode germanique (Oedipoda germanica) aux ailes rouges...

J'aperçois également la Fausse Zygène du pissenlit (Syntomis phegea), la Grande Coronide (Satyrus ferula)...

 

Les baguenaudiers (Colutea arborescens) sont pour la plupart en fruits : de grosses gousses renflées. Je cherche en vain le papillon associé à cet arbuste, l'Azuré du baguenaudier, lorsque j'observe deux Azurés bizarres qui volètent autour d'un baguenaudier dont les fleurs sont encore en boutons.  Je les ai déjà vus dans mon petit guide de Walley et Lewington, que j' ai toujours sur moi. Je vérifie : il s'agit bien de l'Azuré porte-queue.

 Lampides-boeticus-Modane.jpg

L'Azuré porte-queue, Lampides boeticus Linné 1767

 

Dessus du mâle bleu-violet finement bordé de brun, femelle brun sombre, suffusé de violet à la base des ailes. Mais les deux papillons que j'observe à loisir, ne montrent malheureusement pas le dessus de leurs ailes... Par contre, j'observe le revers gris-brun veiné de blanc, avec une bande submarginale blanche sous les ailes postérieures. Sur l'aile postérieure, deux ocelles noirs près de la longue « queue ».  Ce revers est identique pour les deux sexes.

Il me semble qu'ils cherchent à pondre, mais je ne vois aucun oeuf et de plus, leur abdomen n'est pas recourbé... Pourtant, l'un d'eux que j'ai réussi à photographier, pond sur une gousse, à peine formée.


Lampides-boeticus-Modane--ponte.jpg

C'est un papillon rare en Savoie, il n’a pas de statut de protection. Il a été observé en différents points du département mais probablement en migration ; il est considéré comme autochtone sur le pourtour du lac du Bourget.

Espèce subcosmopolite (Europe méridionale, Afrique, Asie du Sud, Australie). C'est un grand migrateur. En 1958, année migratoire record il fut abondant en Suisse et eut deux générations.


  Femelle (à la forme de son abdomen) en train de pondre sur une gousse. Dans la littérature les femelles déposent leurs œufs sur l’extérieur des calices de fleurs pas encore épanouies. Normalement les œufs hivernent mais on a aussi observé des chenilles et des chrysalides en train d’hiverner.

 

   ...Je suis toute contente de cette découverte ! Et en redescendant j'aperçois  l'Azuré du baguenaudier  posé sur un capitule bleu d'Echinops  !

Iolana-iolas-A-du-baguenaudier-Modane---Copie.jpg                          L'Azuré du baguenaudier, Iolana iolas Ochsenheimer 1816  

C'est le plus grand Azuré de France et d'Europe. Le revers est semblable dans les deux sexes, brun clair, légèrement suffusé de bleu à la base, les taches des ailes antérieures sont parallèles au bord, les taches marginales sont très pâles, à peine visibles.

Ce papillon est associé au baguenaudier : les oeufs sont déposés un à un sur le calice des fleurs de Colutea arborescens. En juin-juillet, la chenille mange les graines vertes.

Espèce rare en Savoie, sans statut de protection. L'arbuste et son azuré sont localement menacés par l'urbanisation et l'évolution agricole (vignobles).

  Merci Jeannette pour tous les renseignements que tu me donnes !

Claudie


suite des photos sur flickr

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30 juillet 2009 4 30 /07 /juillet /2009 07:27

 

Lac des Evettes, Petite Ciamarella et Albaron


Les Evettes

Haute-Maurienne

20.7.09

 

     Nous sommes montés par le sentier de la Gorge de la Reculaz, qui est moins fréquenté. Juste après le parking, nous rencontrons l'Astragale à fleurs pendantes (Astragalus penduliflorus), le Buplèvre étoilé (Bupleurum stellatum), le Laser de Haller (Laserpitium halleri), la Raiponce ovoïde (Phyteuma ovatum) et la Crépide à feuilles de conyze (Crepis conyzifolia). Puis nous observons différents saules : le Saule bleuâtre (Salix caesia), le Saule  helvétique (Salix helvetica), le Saule noirçissant (Salix myrsinifolia), le Saule glauque soyeux (Salix glaucosericea).

  

    Le sentier traverse des aulnes verts avec une végétation de mégaphorbiée : l'Hugueninie à feuilles de tanaisie (Hugueninia tanacetifolia), la Gentiane ponctuée (Gentiana punctata), l'Achillée à grandes feuilles (Achillea macrophylla), le Rumex à feuilles d'arum (Rumex arifolius)... Nous admirons les Pusatilles alpines (Pulsatilla alpina) en pleine floraison. Nous reconnaissons le Callianthème à feuilles de coriandre (Callianthemum coriandrifolium).  Sous les rochers, à l'ombre, des belles touffes de Violettes à deux fleurs (Viola biflora).

     Quelques câbles nous permettent de monter rapidement au-dessus de la gorge. Nous distinguons les Primevères du Piémont (Primula pedemontana) :  corolle pourpre rose, gorge blanche, feuilles bordées de glandes rougeâtres. La corolle des Primevères visqueuses (Primula latifolia) est violette, la gorge est concolore, les feuilles atténuées en coin, dentées dans la partie supérieure, les glandes sont incolores.

 

     La vue sur le Mont Seti et le glacier du Grand Méan est impressionnante. Nous débouchons sur le cirque glaciaire des Evettes dominé par de très beaux sommets : Grande et petite Ciamarella, Albaron....  Le paysage est magnifique ! La Valériane celtique (Valeriana celtica) est abondante mais difficile à photographier !



    
Au-dessous du refuge : le Séneçon à une fleur (Senecio uniflorus), le Trèfle des Alpes (Trifolium alpinum), l'Azalée couchée (Loiseleuria procumbens), l'Antennaire des Carpathes (Antennaria carpatica), la Lloydie tardive (Lloydia serotina), la Pédiculaire rose (Pedicularis rosea ssp. allioni) aux feuilles très découpées comme une fougère, la Potentille à grandes fleurs (Potentilla grandiflora), la Véronique buissonnante (Veronica fruticans), l'Androsace à feuilles obtuses (Androsace obtusifolia)...

     Nous comparons les Gentianes de Schleicher (Gentiana schleicheri) dont les feuilles sont relevées en spatules de ski et les Gentianes à feuilles courtes (Gentiana brachyphylla) aux feuilles rondes et molles.

    Nous admirons de belles touffes de Pensées à éperon (Viola calcarata) et le Vélar  (Erysimum jugicola = pumilum), plante nourricière du Veiné -de -vert (Pieris callidice), une piéride présente dans les Alpes et les Pyrénées.

    Sous un rocher, à l'abri du vent qui est glacial, des Séneçons doronic (Senecio doronicus) sont  visités par des Damiers de l'alchémille (Hypodryas cynthia) : une espèce essentiellement alpine, qui vole dans les pentes clairesemées jusqu'à 3000 m. Les Pipits spioncelles et les Traquets motteux alarment, car nous passons à proximité de leurs nids !

 

     Au Plan des Evettes, la Linaire alpine (Linaria alpina) forme des touffes très colorées. Nous photographions la chenille noire à taches jaunes de Parnassius phoebus, le Petit Apollon que l'on rencontre au bord des torrents. Dans la mousse, une Brassicacée blanche, Arabis subcoriacea, et plus loin, la Grassette alpine (Pinguicula alpina) aux fleurs blanches maculées de jaune.

Dans une combe à neige, un lichen Solorina crocea : la face inférieure du thalle est orangée et les apothécies sont brunes.

   

 

   Nous redescendons par le sentier habituel, avec une belle vue sur la vallée de Bonneval et les sommets dominant le col de l'Iseran. En fin de journée, le petit hameau de l'Ecot est éclairé par le soleil couchant, ses maisons couvertes de lauzes s'intègrent parfaitement avec les flancs rocheux de la montagne.



Claudie et Jean Marc

 

 Séneçon de haller

 

 

 

 


 

 Suite des photos sur flickr le site de Groupe Nature

 

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 20:48

 

 "Nous sommes montés au Lac Blanc (2600m) depuis le barrage du Mont Cenis."

Notre gro
upe à Lanslevillard

  



Le lac
du Mt cenis et le dôme de Ronce





 


 Le Lac Blanc et les Dents d'Ambin






Mont-Cenis : quelques plantes intéressantes observées en montant au Lac Blanc

 

 

La Saponaire jaune (Saponaria lutea L.)

 

Plante gazonnante de 5 à 10 cm, à nombreuses rosettes stériles, fleurs en têtes serrées, jaune clair.

Protection Nationale. Connue en France uniquement en Savoie au Mont-Cenis (communes de Bramans et Lanslebourg).



 

La Valériane celtique (Valeriana celtica L.)

 

Plante de 20 cm, les fleurs sont petites, disposées en épi interrompu, jaunâtres, rougeâtres à l'extérieur.

Le Nard celtique est utilisé depuis plus de 2000 ans en médecine populaire. Il fut extrêmement apprécié par les parfumeurs.

Protection Nationale. Cà et là en Maurienne, Bonneval, Bessans, Lanslebourg, une station en Tarentaise à Val-d’Isère.

(Plante absente de Haute-Savoie)


 

Le Callianthème à feuilles de coriandre (Callianthemum coriandrifolium Rchb.)

 

Renonculacée aux fleurs blanches à 6-12 pétales.

Plante discrète, peu fréquente mais relativement abondante en Haute-Maurienne.

(Plante absente de Haute-Savoie)



 

L'Anémone du Mont Baldo (Anemone baldensis L.)

 

Les fleurs sont solitaires, blanches (3cm).



Le fruit est caractéristique : il ressemble à une fraise... mais pas rouge !

Assez répandue dans le secteur du Mont-Cenis.

(Plante connue de Haute-Savoie, mais peu fréquente)



 

La Raiponce à feuilles de globulaire (Phyteuma globulariifolium Sternb. & Hoppessp pedemontanum (R.Schultz) Bech)

 

Cette plante ne dépasse pas 6 cm. Les feuilles de la base sont ovales et forment une rosette. L'inflorescence  globuleuse ne comporte que 5-6 fleurs bleues.

Pelouses rocailleuses sur silice.

(Plante absente de Haute-Savoie)



 

L'Eritriche nain (Eritrichium nanum (L.)Schrad. ex Gaudin)

 

C'est le « Roi des Alpes », merveilleuse miniature ! Il forme de petits coussins hérissés de poils soyeux. Les fleurs bleu azur ressemblent au myosotis. Il faut beaucoup marcher pour pouvoir l'admirer : il pousse dans les fentes des rochers siliceux de 2500 à 3300 m !

(En Haute-Savoie au Buet ??? à retrouver !)



 

La Gentiane de Schleicher (Gentiana schleicheri (Vacc.) Kunz)

 

C'est une petite gentiane aux fleurs bleu azur. Les feuilles sont petites, relevées en pointe comme des spatules de ski !

(Plante absente de Haute-Savoie)




Quelques pédiculaires rencontrées pendant ces deux jours

 

 

La Pédiculaire du Mont-Cenis (Pedicularis cenisia Gaudin)

 

Les fleurs sont roses avec un casque plus foncé muni d'un bec long et pourpre. Le calice est très laineux avec une dent plus courte que les autres dents incisées.

(Très, très rare en Haute-Savoie, Brévent)

 

La Pédiculaire à bec et en épi (Pedicularis rostratospicata Crantz)

 

Les fleurs nombreuses forment un épi très allongé. Elles sont rose vif avec un casque foncé, recourbé, muni d'un long bec. Le calice est velu avec des dents allongées et pointues.

(Très rare en Haute-Savoie, secteur du col du Bonhomme)

 

La Pédiculaire rose d'Allioni (Pedicularis rosea Wulfen ssp. allionii (Rchb. f.) Arcang.)

 

Les feuilles aux lobes étroits font penser à une fougère. Les fleurs en grappe dense et courte, sont rose vif avec un casque plus foncé, courbé et sans bec.

Cette plante est peu fréquente.

(Plante absente de Haute-Savoie)

 

La Pédiculaire arquée (Pedicularis gyroflexa Vill.)

 

Calice très velu avec des lobes allongés, dentés. Fleurs en grappes courtes, rose vif avec un bec réduit (2mm). Feuilles grandes, pratiquement toutes à la base.

Rare en Tarentaise.

(Présence à confirmer en Haute-Savoie)

 

La Pédiculaire de Kerner (Pedicularis kerneri Dalla Torre)

 

Petite plante aux fleurs peu nombreuses (2-6), roses avec un casque recourbé, à bec long et tronqué. Calice glabre avec des dents recourbé.

De 2200 m à 2900m.

(En Haute-Savoie dans le secteur granitique)

 

La Pédiculaire verticillée (Pedicularis verticillata L.)

 

C'est la plus répandue de toutes. Les feuilles sont verticillées par 3-4. Les fleurs sont pourpres avec un casque sans bec.

(En Haute-Savoie, fréquente dans les Préalpes calcaires)

 

La Pédiculaire chevelue (Pedicularis comosa L.)

 

Une Pédiculaire aux fleurs jaunes, en grappe allongée et serrée. Les grandes bractées ne se trouvent qu'à la base.

(En Haute-Savoie sur calcaire)

 

 

Claudie

  Les photos des Pédiculaires sur le site flickr

 

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 07:56

 16 juillet 2009

 

Gentiana pneumonanthe L.

Gentiane des marais, pulmonaire des marais

 

Pourquoi « pneumonanthe » ? Jadis cette plante était utilisée dans certaines régions pour traiter des maladies des poumons (du grec pneumon poumon et anthe fleur), cf le nom français « pulmonaire ».

 

Des tiges de 10 à 60 cm portent des feuilles étroites, opposées et plusieurs fleurs d’un beau bleu azur. J’ai compté 11 fleurs épanouies ou en boutons sur une tige de 60 cm. Dans le « pré à orchidées » de l’autre côté de la piste cyclable les tiges étaient plus chétives…

 

En France, cette gentiane a une répartition inégale.

Elle est très rare en Savoie (mais ne bénéficie d’aucun statut de protection) : une seule station, le marais de Saint-Maurice-de-Rotherens (bulletin de la SMB de la région chambérienne n°7 2002).

En Haute-Savoie elle est protégée.

La gentiane est signalée en 1859 au « marais  Cospire » ( ?) à Sevrier, en 1906 « dans le marais entre la gare et la route » (aujourd’hui c’est un parking)  !!! Les stations de Sciez et de Peillonex ont disparu récemment...

Actuellement elle est présente dans 2 stations, au marais de l’Enfer à Saint-Jorioz et dans la Réserve du Bout du Lac à Doussard (où nous avons compté seulement une quinzaine de pieds le 22 juillet).

Elle est moins rare dans d’autres régions, le Massif Central par exemple.

 

La gentiane des marais est la plante-hôte exclusive d’un petit papillon très rare, l’Azuré des Mouillères, Maculinea alcon, au cycle de vie surprenant !

Les chenilles sont d’abord végétariennes, elles se nourrissent  de la plante-hôte, dévorant l’intérieur des fleurs, les ovaires fécondés… Puis, au bout de quelque temps, elles se laissent tomber au sol. Des fourmis rouges du genre Myrmica (M. ruginodis, M. scabrinodis et M. rubra) les emportent dans leurs fourmilières… et là elles deviennent carnivores ! Pendant plusieurs mois elles vont sans vergogne se nourrir des œufs et des larves des fourmis qui les hébergent ! En échange elles exsudent un liquide sucré dont les fourmis sont friandes (ah ces fourmis gourmandes qui sacrifient leur descendance pour se régaler de miellat !!!) L’été suivant les papillons éclosent, s’accouplent et pondent sur la plante-hôte…

 

Jusqu’à présent l’Azuré des Mouillères n’a pas été trouvé en Haute-Savoie.

Claudie et moi nous avons cherché en vain le papillon et ses petits œufs blancs sur les inflorescences de la gentiane…Pour les œufs, il semble que ce soit trop tôt, il faudrait  les chercher dans quelques semaines (mais le marais va être fauché et la plupart des pieds de gentiane vont disparaître !)…

 

                                      Monique

 

 

 

 

 

Le Marais de l’Enfer à Saint-Jorioz, photo de Claudie




Gentiane pneumonanthe, photo de Claudie






Gentiane croisette, Gentiana cruciata, avec les oeufs d’une sous-espèce de l’Azuré des Mouillères Maculinea alcon ssp. rebeli  (près de la cascade de Confolans, col d'Ornon, Isère) et en plus une sauterelle, Leptophyes punctatissima, photo de Claudie, le 14-08-08 

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24 juillet 2009 5 24 /07 /juillet /2009 06:38

 

 

Je suis allée herboriser avec l’association botanique de Moûtiers
 « Nature en Tarentaise »
.

Nous étions 6 de Faverges : Chantal et José, Marie Reine, Claudie et Jean Marc,  moi et 6 de Moûtiers : Philippe, Jean Paul, Christian, Monique, Christiane et Germaine, la présidente.


 

1. Samedi : au col de la Madeleine, au dessus de Lanslevillard,  nous avons rencontré la chenille de la Grande Queue fourchue (Cerura Vinula). Elle était sur notre chemin pour faire plaisir à Claudie (cf l’article sur notre blog).



 

Voici une liste des plantes que j’ai pu noter : bien entendu il y  en avait beaucoup d’autres !!

 

Achillea millefolium

Allium sphaerocephalum (ail à tête ronde)

Arctostaphyllos uva-ursi (raisin d’ours)

Artemisia vulgaris (armoise)

Aster alpinus

Astragalus onobrychis

Berberis vulgaris

Bupleurum ranunculoides

Campanula cochleariifolia 

Campanula rotundifolia

Centaurea scabiosa (à feuilles découpées)

Dianthus carthusianorum

Dianthus sylvestris

Echium vulgare (vipérine)

Epilobium angustifolium

Euphorbia  verrucosa 

Gentiana lutea

Helianthenum nummularium

Hepatica nobilis

Juniperus communis

Larix decidua (beaucoup de Mélèzes dans le coin)

Laserpitium siler

Leontodon hispidus 

Lilium martagon

Ononis cristata -  Ononis du Mont Cenis, famille des Fabacées

Cette toute petite bugrane pousse au ras du sol dans les pelouses subalpines et les éboulis. Ses fleurs sont très élégantes, l’étendard est rose clair rayé de foncé, les ailes blanches. L’ensemble de la plante est couvert de poils glanduleux.

Pinus uncinata (pin à crochets)

Poa alpina

Poa annua

Potentilla pusilla

Prunella grandiflora

Prunus padus (à grappes dressées)

Rhamnus pumilus

Rhinanthus alectorolophus

Salix appendiculata

Salix laggeri

Sambucus nigra

Sambucus racemosa (sureau à grappes)

Saxifraga paniculata

Scutellaria alpina

Sedum album

Sedum anacampseros

Sedum montanum

Sempervivum arachnoideum

Sempervivum montanum

Teucrium montanum

Urtica dioica

Verbascum lychnitis (tige très anguleuse)

Veronica spicata

 

Nous avons soupé et dormi au gîte "le Manujo" à Lanslevillard.

Nous avons passé une agréable soirée. J’ai partagé ma chambre avec Marie-Reine.

 

2. Dimanche : du lac du Mont Cenis, nous sommes montés jusqu'au Lac Blanc (2600m) pour aller à la rencontre de l’Eritriche nain, Eritrichium nanum (L.)

Espèce alpine dont les fleurs ressemblent à un myosotis. Les feuilles sont par contre disposées en rosettes et forment un coussinet. Cette Borraginacée peut se rencontrer jusqu’à 3600 mètres !

 

Ajuga pyramidalis

Campanula scheuchzeri

Dryas octopetala

Gentiana nivalis

Gentiana brachyphylla

Gentiana schleicheri (feuilles de la base relevées en spatules de ski)

Gentiana punctata

Geranium sylvaticum

Gymnadenia rhellicani
Leontopodium alpinum

Onobrychis montana

Oxytropis helvetica

Pedicularis cenisia : pédiculaire du Mont Cenis

Cette fleur se développe dans des milieux  plutôt secs sur des pelouses et  dans la  rocaille où l'on retrouve ces petits  casques  roses. Le nom de la Pédiculaire  vient du  latin pediculus, qui signifie " pou ",  on  l'utilisait pour faire des décoctions  pour lutter contre les poux du bétail  notamment.

Petrocallis pyrenaica

Rhododendron ferrugineum

Sempervivum arachnoideum

Senecio doronicum

Silene acaulis

Viola calcarata

 

Nous avons vu énormément de fleurs : le Mont-Cenis est un petit paradis pour les botanistes. C’est un massif des Alpes du Nord à la frontière entre la France (département de la Savoie) et l'Italie. Je ne connais aucun botaniste qui n’a pas fait son tour dans le coin !!!

 

Sabrina

Devant le gîte à Lanslevillard













En face du lac blanc


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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 09:26

Famille des Primulacées

 

Avec ses longues hampes de fleurs roses  elle nous fait penser aux primevères asiatiques des jardins alpins…


Si vous ne la connaissez pas encore, je vous conseille d’aller à Val-d’Isère, au Pont Saint Charles. Vous pourrez la photographier en compagnie d’une autre rareté, la pédiculaire tronquée de couleur pourpre (Pedicularis recutita).

La Cortuse  aime les endroits frais et humides, le bord des ruisseaux, les aulnaies vertes, biotopes que nous avons en Haute-Savoie…

Mais en France, elle est en extrême limite occidentale d’aire de répartition : on  la trouve uniquement en Savoie, et elle y est très localisée (Val-d’Isère, Tignes, Sainte-Foy, Villaroger, Termignon où elle a été transplantée).  

Des stations où la plante était abondante ont été noyées par les eaux des barrages du Mont- Cenis  et de Tignes…

Elle bénéficie  maintenant d’une protection nationale.


Le botaniste et médecin siennois Matthioli (1500-1577- Le genre Mattthiola porte son nom) a dédié cette plante à son ami Cortuso, directeur du jardin botanique de Padoue (le jardin universitaire le plus ancien du monde ; un catalogue imprimé en 1591 répertorie 1168 plantes).

Linné adopta ce nom en 1762. 


j'ai photographié la Cortuse dans le Val d’Aoste où elle est considérée comme rare et localisée. Elle est présente dans les vallées de Champorcher, Cogne, Valsavarenche et Rhêmes (entre 1630 et 2200 m).

 

    Monique

 

 

 

La Cortuse avec la violette à 2 fleurs et la fougère  Cystopteris fragilis



Champorcher (Italie), 2 juillet 2009. MM

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 07:15

 

 Val d’Aoste (Italie), 29 juin 2009

 

Les botanistes de la SBF (Société Botanique de France) sont à Pont d’Aël, 890 m. Ils ont traversé l’impressionnant pont aqueduc romain qui domine la gorge où écume le Grand Eyvia. Toute la matinée ils ont herborisé le long du sentier à flanc de coteau, dans des milieux steppiques. Ils sont ravis, la liste est longue, 300 espèces de plantes... Mais  le soleil tape, c’est l’heure du pique-nique, on retourne au village…

C’est là qu’Alain découvre dans l’herbe 2 bêtes bizarres….

…Mais… c’est la Saga pedo, cette drôle de sauterelle sans ailes dont j’avais entendu parler et que je rêvais de rencontrer !!!

 

La Magicienne dentelée, la Langouste de Provence,  Saga pedo Pallas 1771

 

Ordre des Orthoptères (criquets, sauterelles et grillons), famille des Tettigoniidae (sauterelles), sous-famille des Saginae.

 

C’est la plus grande sauterelle d’Europe, 10 cm de long, 17 cm avec les antennes.

Nos 2 individus n’étaient pas encore adultes quoique déjà d’une belle taille, nous n’avons pas pensé à les mesurer. Les premiers adultes apparaîtraient au mois d’août…

 

On appelle la Saga la « magicienne » : quand elle prend son attitude d’intimidation, elle se dresse et agite ses pattes avant comme si elle exécutait un numéro de prestidigitation. Et « dentelée » parce que les pattes sont ornées de petites dents.

 

La Saga est aptère (elle n’a pas d’ailes).

Comme chez les phasmes, il n’y a  que des femelles, pas de mâles. Elles pondent des œufs fertiles sans fécondation (reproduction par parthénogénèse, démontrée par le Professeur Robert Matthey de Lausanne dans les années 1940).

 

Dans la journée la Saga est difficile à observer car elle se tient immobile dans la végétation, on dit qu’il est plus facile de l’observer la nuit…Mais sortir la nuit ne lui réussit pas : des restes de Saga ont été retrouvés dans des pelotes de réjection de hiboux  petits-ducs et grands-ducs !

Elle chasse à l’affût, capture avec ses longues pattes armées de dents des sauterelles et des grillons et les dévore avec ses puissantes mandibules. C’est un redoutable prédateur.

  

La Saga aime les milieux chauds et ensoleillés. Près de chez nous elle est connue (mais très rare) aux Follatères dans le Valais (Suisse). Elle a une large répartition mondiale. D’autres espèces de Saga vivent dans la région des Balkans.

 

Très rare, la Saga est protégée à l’échelle européenne (inscrite à l’annexe II de la Convention de Berne et à l’annexe IV de la Directive Habitats).

 

Dans ces milieux arides il y a beaucoup d’autres insectes, 96 espèces de papillons diurnes y ont été recensés dont une espèce endémique décrite récemment, le Sablé piémontais,  Polyammatus humedasae Toso et Balletto 1976.

Sur les conseils de Charly nous avons cherché les cocons d’un petit papillon de nuit, Cynaeda gigantea, dans les touffes d’Onosma pseudoarenaria.  En Savoie nous avons une espèce voisine, Cynaeda dentalis, la chenille vit sur la Vipérine, Echium vulgare (merci Philippe F. pour le renseignement).

 

 

 

      Monique

 

 

 

 

 

Le village de Pondel (Pont d’Aël) à l’entrée de la vallée de Cogne, MM



Le village et le pont-aqueduc romain qui domine la gorge où écume le Grand Eyvia, MM



 La Magicienne dentelée sur la casquette de Charly, MM



 

 

photos d’Alain

 

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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 08:18

 Le 2 juillet.

Une grande animation règne  dans le bassin près de la ferme. De nombreuses grenouilles minuscules, certaines beiges, d’autres noires sortent de l’eau et se hissent sur de petites  brindilles  ou grimpent le long des parois verticales. Il reste dans l’eau de nombreux têtards de tailles  différentes,  et d’autres animaux à quatre pattes, au corps noir taché de jaune ! Ce sont de petites salamandres !

J’en ai souvent vu dans la forêt ou, malheureusement,  écrasées sur la route, mais jamais dans l’eau ! Les adultes sont terrestres et plutôt nocturnes, mais les larves des salamandres sont aquatiques : elles ont des branchies externes bien visibles qui leur  permettent de respirer dans l’eau et une large membrane sur la queue pour nager.

Je fais la même observation quelques jours plus tard, dans une flaque d’eau sur le chemin du tour de Nantbellet : de nombreuses larves, certaines sont déjà tout à fait semblables aux adultes.

Les larves grandissent dans l’eau. Mais après la métamorphose elles doivent rapidement quitter l’eau car elles ont perdu leurs branchies,  leurs poumons se sont développés. Les salamandres vont alors mener une vie terrestre et ne retourneront près de l’eau qu’après la fécondation pour expulser les larves.

Le 16 juillet, un nouvel occupant se prélasse dans le bassin : c’est une couleuvre à collier !
Qui va- t- elle mettre à son menu ?

  Janine

 

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