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9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 17:13

Voici le vulcain rouge

Qui vole comme un oiseau ;

Son aile noire et splendide

Porte un grand ruban ponceau.

Gérard de Nerval

Vous avez certainement déjà rencontré cette Vanesse très colorée, commune en France.

Dessus coloré, revers des ailes postérieures brun foncé orné de marbrures chatoyantes.
Dessus coloré, revers des ailes postérieures brun foncé orné de marbrures chatoyantes.

Dessus coloré, revers des ailes postérieures brun foncé orné de marbrures chatoyantes.

En automne, le Vulcain est attiré par les fruits mûrs, les fleurs du Lierre, la sève coulant des blessures des arbres.

Un grand migrateur, le Vulcain, l’Amiral, Vanessa atalanta
Un grand migrateur, le Vulcain, l’Amiral, Vanessa atalanta

Le Vulcain est un papillon migrateur. On l’appelle d’ailleurs « Amiral », Vanessa « atalanta » (dans la mythologie, Atalanta est une chasseresse qui courait vite.)

Le Vulcain aime butiner le Buddleia. - Sur l'aile postérieure, on peut voir le chiffre 18 ou 180.
Le Vulcain aime butiner le Buddleia. - Sur l'aile postérieure, on peut voir le chiffre 18 ou 180.

Le Vulcain aime butiner le Buddleia. - Sur l'aile postérieure, on peut voir le chiffre 18 ou 180.

Les 1ers migrants arrivent dès la fin avril, suivis de forts contingents en mai et en juin. L’espèce donne d’ordinaire deux générations, la seconde souvent très prolifique.

En automne, les adultes de cette dernière vague d’émergences regagnent souvent les contrées plus méridionales.

Un grand migrateur, le Vulcain, l’Amiral, Vanessa atalanta

« Ces déplacements dilués dans le temps et entrepris souvent par des individus isolés, ne se remarquent guère. Mais parfois des flux importants sont observés. » Tristan Lafranchis

Il semble que ce soit le cas cet automne.

Voici quelques observations relevées sur le site <haute-savoie.lpo.fr>

29 septembre 2016

Talloires, chalets de l’Aulp : environ 100 Vulcains, passage continu de migrateurs à 1 ou 2 m au-dessus du sol, sur tout l’épaulement entre 1400 à 1800 m.- P. Lafontaine

Verchaix, chapelle de Jacquicourt : 170 Vulcains en 1 heure –C. Médan

30 septembre 2016

Verchaix, Véruy : 50 Vulcains en 10 minutes – C. Médan

La Chapelle-d’Abondance, col de Resse : 408 Vulcains en 1 heure, de 12h30 à 13h 30, sur un front de 30 mètres – auteur non diffusé

Brizon : 50 Vulcains entre le plateau et la Pointe d’Andey – M-A. Bianco

3 octobre 2016

Samoëns, la Berte : 80 Vulcains – M-A.Bianco

7 octobre 2016

Annecy-le-Vieux, Lachat : 50 Vulcains en 15 mn, passage quasi continu entre 12 h45 et 13 h – C.Eminet

Dans le Midi, le sud de l’Europe, les Vulcains restent actifs toute l’année.

Plus au nord - en Grande Bretagne par exemple- avec le réchauffement climatique, les observations hivernales sont de plus en plus fréquentes.

Des chercheurs de l’Université de Berne étudient le comportement migratoire du Vulcain : direction de vol, distances parcourues, vitesse de vol).

Cette année, du 29 au 30 septembre, 7000 Vulcains ont été marqués (taches colorées au feutre sur l’aile) alors qu’ils franchissaient deux cols des Alpes Suisses, en route vers leurs sites d’hivernage dans la région méditerranéenne.

Alors si vous rencontrez un Vulcain marqué, photographiez le et envoyez votre observation à <haute-savoie.lpo.fr>

Marquage au feutre

Marquage au feutre

Lors de vos randonnées, soyez attentifs : vous verrez probablement des Vulcains en migration, reconnaissables à leur vol rectiligne en direction du sud, se succédant à quelques mètres de distance !

Claudie

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 22:19

A Château Ville Vieille, sur le sentier des Astragales, nous avons photographié un très joli papillon de nuit : Cerura vinula, la Grande Queue fourchue, la Grande Harpie (famille des Notodontidae).

Le sentier des Astragales – Queyras (3)
Le sentier des Astragales – Queyras (3)

De grande taille -70 mm d’envergure - ailes antérieures gris blanchâtre ornées de lignes noires fines et en zigzag, abdomen gris clair marqué d’étroites bandes transversales noires. Antennes pectinées, c’est un mâle.

Le sentier des Astragales – Queyras (3)
Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Ce papillon doit son nom « Grande Queue fourchue » à l’aspect de sa chenille (cf blog 16-07-2009 : « Une chenille surprenante qui ne manque pas d’idées pour éloigner les importuns »)

En effet, elle a un comportement défensif assez élaboré, entre autres elle fait saillir à l’arrière de son corps, de longs filaments rouges qu’elle agite comme des fouets.

( Photo : Bessans, Savoie )

( Photo : Bessans, Savoie )

Sur un Groseillier à maquereaux, Ribes uva-crispa, la chenille du Petit Paon de nuit, Saturnia pavonia.

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Le Fadet des garrigues, Coenonympha dorus, un Fadet méridional

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

La Thècle de l’amarel, Satyrium acaciae - la plante-hôte n’est pas l’Acacia mais le Prunellier, Prunus spinosus. « Amarel » désignait autrefois Prunus mahaleb.

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Le Cuivré mauvin, Lycaena alciphron

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Un accouplement de Moyen Argus, Plebejus idas

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

La Zygène des bois, Zygaena lonicerae ssp alpiumgigas

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

L’Acidalie double-ceinture, Idaea aureolaria

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Le Clairon des abeilles, Trichodes apiarius – la larve se développe dans les nids d’abeilles.

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Le Larin du chardon, Larinus planus- la femelle de ce charançon pond dans les capitules des chardons et des centaurées.

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Sur un Astragale queue de renard (Astragalus alopecurus), un Lepture rouge sang (femelle),

Anoplodera sanguinolenta.

Le sentier des Astragales – Queyras (3)

Claudie

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16 juin 2016 4 16 /06 /juin /2016 22:10

Ce petit Sphinx est diurne et on le voit très souvent butiner le nectar, en vol stationnaire au-dessus des fleurs. Admirez la belle photo réalisée par notre ami Claude G. !

Trompe 3 cm, 75 battements/sec, 40 km/h - Photo : Claude G.

Trompe 3 cm, 75 battements/sec, 40 km/h - Photo : Claude G.

La femelle pond ses œufs isolément près des fleurs de Gaillet et autres Rubiacées (« Sphinx du caille-lait »), et occasionnellement sur les Valérianacées.

Œuf pondu sur Galium verum, marais de la Réserve du Bout-du-Lac, Doussard, 6 juin 2016

Œuf pondu sur Galium verum, marais de la Réserve du Bout-du-Lac, Doussard, 6 juin 2016

Sur un autre gaillet, nous avons photographié le même jour, une jeune chenille (13 mm).

Jeune chenille, marais de la Réserve du Bout-du-Lac, Doussard, 6 juin 2016

Jeune chenille, marais de la Réserve du Bout-du-Lac, Doussard, 6 juin 2016

La chenille adulte (45 mm) est verte, ponctuée de blanc, parcourue par deux bandes longitudinales, l’une blanche, l’autre jaune. La « corne » est bleue avec le bout jaune.

Bulgarie, 5 juillet 2014
Bulgarie, 5 juillet 2014

Bulgarie, 5 juillet 2014

 St Cézaire (06), 28 mai 2009

St Cézaire (06), 28 mai 2009

J’avais prélevé une chenille, sous le refuge de Rosairy, le 27 juillet 2006.

Chenille sur galium boreale - Rosairy, massif de la Tournette, Haute-Savoie - 27 juillet

Chenille sur galium boreale - Rosairy, massif de la Tournette, Haute-Savoie - 27 juillet

Le surlendemain, elle s’est chrysalidée et le papillon est né le 7 septembre.

Chrysalide et papillon - 7 septembre

Chrysalide et papillon - 7 septembre

Le Moro-Sphinx est un papillon migrateur qui vient du Maghreb et du sud de l’Europe. Il migre vers le nord où il produit une génération estivale. Certains effectuent une migration de retour vers le sud, d’autres tentent d’hiverner – avec succès par suite du réchauffement climatique, mais mortalité lors des hivers froids ! –

Nous l’avons photographié au marais de Ste Hélène-du-Lac (73), assez tard en saison, le 24 septembre 2015.

Marais de Ste Hélène-du-Lac, Savoie - 24 septembre 2015

Marais de Ste Hélène-du-Lac, Savoie - 24 septembre 2015

Et pour tout savoir sur ce papillon, lisez le numéro 86 de la Hulotte !

Claudie

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 09:14

~~ C’est toujours une grande joie de découvrir la chenille de ce papillon de nuit !

Celle-ci est vert clair (mais elle peut être jaune citron, jaune clair ou même beige rosâtre), elle possède une pilosité dense et longue, des brosses de poils soyeux blancs sur quatre segments et un pinceau rougeâtre, étroit et allongé, à l’extrémité.

 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-
 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-

~~Inquiétée, elle se recourbe – attitude qui lui vaut le nom de « Pudibonde » - : elle dévoile alors des zones d’un noir de velours somptueux.

 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-
Un autre individu photographié par notre amie Renée

Un autre individu photographié par notre amie Renée

Une chenille qui était jaune citron, vient de muer : à droite, sa « vieille peau ».(obs. Monique M)

Une chenille qui était jaune citron, vient de muer : à droite, sa « vieille peau ».(obs. Monique M)

~~Recherchez cette magnifique chenille d’août à septembre, sur les rameaux et les troncs de divers arbres, Saule, Charme, Hêtre, Noisetier, Pommier ... !

Notre chenille, nous l’avons trouvée le 30 septembre 2014 sur un rameau de noisetier à Lathuile et l’avons ramenée à la maison pour l’élever.

Elle s’est chrysalidée le 14 octobre dans un cocon lâche tissé avec ses propres poils, à l’intérieur d’une feuille de noisetier dont les bords ont été relevés par des fils de soie.

le cocon

le cocon

~~Le papillon est né au printemps suivant, le 26 avril : il est gris, orné de lignes sinueuses sombres.

 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-
 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-

~~Antennes bipectinées plumeuses : c’est un mâle !

La femelle a des antennes filiformes, elle est bien plus grosse et son abdomen est volumineux.

Au repos, les pattes antérieures allongées, pourvues d’épais manchons de longs poils, sont tendues en avant, d’où le nom de « Patte étendue ».

 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-
 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-

~~Avec ses grands yeux noirs, le papillon ressemble un peu à un Gremlin !

 La Pudibonde, la Patte-étendue, Calliteara pudibunda  (Linné 1758)-

~~Le papillon ne se nourrit pas, comme c’est le cas pour tous les Lymantriides. Il ne vit pas longtemps, il recherche un partenaire, se reproduit et meurt.

Les oeufs seront déposés en plaques (300 œufs) sur les rameaux ou le tronc de nombreux arbres et arbustes.

La chrysalide hiverne, le papillon naitra au printemps. C’est une espèce répandue dans les forêts de feuillus, les parcs, les jardins.

Claudie

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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 14:41

~~En 1999, lorsque j’ai acquis une maison dans la Drôme, près de Valence, il y avait 4 grands buis de 4 à 5 m de haut. Quelques années plus tard, j’ai planté encore au bord d’une allée quelques pieds de buis donnés par une amie. Ces buis ont poussé sans problème particulier. En 2013, j’ai constaté que toutes les branches du bas jusqu’50 cm environ perdaient leurs feuilles, surtout sur les buis les plus anciens. Mais je n’y ai plus prêté attention. En juillet 2014, à la suite des nombreux articles parus sur internet ou dans la presse, j’ai appris que ces dégâts étaient causés par la Pyrale du buis, Cydalima perspectalis – famille des Crambidae - Ce ravageur du buis est un petit papillon de nuit originaire d’Extrême-Orient. Il a été importé en Europe suite au commerce international…du buis ! Il est arrivé en Suisse et en Allemagne en 2007, en France en 2008 (premiers cas notés en Alsace). Le pourtour méditerranéen a suivi assez rapidement ainsi que tout l’est du Massif central, la côte atlantique et la région parisienne. L’espèce est présente maintenant sur au moins 60 départements français dont la Haute-Savoie et la Savoie. En Europe, il a gagné la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Autriche… et la liste des pays colonisés ne cesse d’augmenter.

En haut : photo Internet - En bas : photo prise à Lathuile (74) 1-9-2015
En haut : photo Internet - En bas : photo prise à Lathuile (74) 1-9-2015

En haut : photo Internet - En bas : photo prise à Lathuile (74) 1-9-2015

~~Je constatais la progression du dessèchement des branches inférieures jusqu à 1 m environ, mais je ne savais pas voir de traces particulières de cocons, chenilles, papillons. Par contre, cette année, dès le 1er mai, j’ai eu la surprise de découvrir de nombreuses chenilles. J’en ai installé une dizaine dans un terrarium avec des rameaux de buis pour les nourrir : j’avais envie de voir à quoi ressemblerait le papillon… Ces chenilles sont ornées de bandes longitudinales vert jaune et vert sombre, avec une grosse tête d’un noir brillant. Une petite verrue noire et un long poil blanc de chaque côté sur chaque anneau.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis
La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~ Ces chenilles sont très voraces, elles grignotent avec appétit les feuilles de buis pourtant coriaces et atteignent la taille maximale (4 cm) en un mois !

Elles ont tout dévoré, il ne reste que des crottes : vite, il faut aller chercher du buis !

Elles ont tout dévoré, il ne reste que des crottes : vite, il faut aller chercher du buis !

~~Elles tissent une sorte de filet de camouflage, fait de fils de soie et de crottes mêlées, reliant les extrémités rameuses du buis et les feuilles s’y trouvant. Profitant de leur mimétisme, elles peuvent dévorer à leur aise et à l’abri des regards, les parties vertes de l’arbuste.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Petit à petit, les chenilles se nymphosent : la chrysalide verte devient rapidement brune (21 mm).

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Les papillons ont émergé au bout de 2-3 semaines. Le 3 juin, un premier papillon nait : il est brun foncé avec de beaux reflets mordorés.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Les autres naitront les jours suivants. La plupart sont blancs, les ailes légèrement bleutées bordées de gris-brun, envergure 36 à 44 mm.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis
La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Quelques-uns sont plus sombres, comme le premier. Ces papillons nés en juin s’accouplent, se reproduisent : les œufs sont pondus sur la face inférieure des feuilles de buis. Il y aura au moins 3 générations par an. Cette prolifération rapide, l’absence de prédateurs, font qu’il est difficile de se débarrasser de la pyrale ! Pour essayer de sauver mes buis, j’ai brûlé toutes les autres chenilles. J’ai prévu d’utiliser un traitement biologique par pulvérisation proposé par les Ets Truffaut. Pour enrayer la propagation, on peut aussi utiliser un produit biologique à base de Bacillus thuringiensis. Un comble : le Frelon asiatique (Vespa velutina) introduit lui aussi il y a peu en France serait un prédateur avéré de la Pyrale du buis ! Mais à grande échelle, plutôt que de s’évertuer à lutter contre les nouvelles venues, il serait préférable d’essayer de maintenir des écosystèmes riches et diversifiés, ce qui limiterait les effets de leur introduction.

Michèle P. d’Annecy

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 11:03

~~ Le 7 juillet, attiré par la lumière, un petit papillon de nuit pénètre dans la maison et volète autour d’une lampe. Je le capture aussitôt et quelle n’est pas ma surprise, il n’est pas de couleur terne comme la plupart des Hétérocères ! C’est un magnifique papillon rose orangé, décoré de fines lignes noires sinueuses et d’une rangée de points noirs. Je l’avais repéré dans mes livres et j’avais hâte de le découvrir !

La Rosette, Miltochrista miniata

~~C’est Miltochrista miniata, la Rosette. Ce petit papillon, 20-27 mm d’envergure, vole de juillet à septembre en une génération. Il fait partie des Ecailles (Arctiidae).

La chenille se nourrit de lichens (surtout Parmelia) sur les arbres. Elle hiverne sous l’écorce. La Rosette fréquente les milieux boisés, les prairies marécageuses, les bocages.

La Rosette, Miltochrista miniata

~~Mon amie Yvette l’a photographiée dans le Berry : elle butinait les Solidages dans son jardin.

Photo : Yvette M.

Photo : Yvette M.

~~Ce papillon est répandu, pas toujours commun, et j’étais contente de le rencontrer !

Claudie

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 21:09

Au printemps 2013, lors d’une balade à Farette au-dessus de Conflans (Albertville, Savoie), nous photographions ces jeunes chenilles sur un cerisier Sainte-Lucie (Prunus mahaleb) en fleurs.

Ces chenilles sont jaune orangé avec sept bandes longitudinales noires, interrompues à chaque segment par un anneau jaune. Une pilosité assez longue, blanche, fine et duveteuse, une tête noire avec un dessin jaune en Y renversé sur la face (au dernier stade).

Ce sont les chenilles de la Bucéphale, Phalera bucephala, un papillon de nuit (famille des Notodontidae).

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Les chenilles, grégaires dans leur jeune âge, ont l’habitude de se disposer parallèlement en rangs serrés durant les prises de nourriture. Mais elles se dispersent à l’avant-dernier ou au dernier stade : avant de se nymphoser, elles s’éloignent alors bien souvent de l’arbre nourricier.

Juste à côté, sur le rameau, une ponte déjà éclose nous intrigue : des petits œufs ronds, blancs avec un point sommital noir : cela ressemble beaucoup à la ponte de la Bucéphale, mais les œufs sont déposés autour du rameau (ponte en bague), alors que les œufs de la bucéphale sont déposés généralement sur la face inférieure des feuilles …

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Pendant l’été, le 16 juillet 2013, nous trouvons une chenille de la même espèce, mais plus grosse, 6 cm de long, à Ste Hélène du Lac, en train de se nourrir sur une feuille d’Aulne. La chenille peut se rencontrer sur de nombreux arbres et arbustes à feuilles caduques (bouleau, noisetier, chêne, hêtre, tremble…).

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

J’emporte cette belle chenille pour en faire l’élevage. Placée dans un terrarium au fond duquel je dépose une couche de terre, la chenille mange encore quelques jours puis disparaît, s’enfonce dans la terre pour se nymphoser. Je ne la dérange pas, mais beaucoup plus tard, le 6 octobre, je dégage avec précaution la terre et je la photographie. J’ai lu – malheureusement trop tard – que la chrysalide passe par les couleurs de l’arc-en- ciel les premiers jours : verte et jaune, verte et orange, verte et rouge… avant d’être toute brune.

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Après la séance photo, je la recouvre de terre et place le terrarium à l’extérieur, mais à l’abri des intempéries : la chrysalide y passera tout l’hiver et le printemps.

Le 7 juin 2014 j’ai la surprise de voir un beau papillon dans le terrarium ! Un papillon de nuit d’aspect très curieux : par ses couleurs, son graphisme, sa forme (ailes enroulées autour du corps), le papillon ressemble à une écorce de bouleau ou même à un petit bout de rameau : camouflage efficace qui le fait passer inaperçu !

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)
 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Ailes antérieures gris pâle satiné avec des bandes transversales sombres et une grande tache apicale arrondie, jaune clair d’où le petit nom « Porte-écu jaune », « Lunule ».

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Ce papillon n’étale pas souvent ses ailes.

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Vue de face, la tête de ce papillon est étrange, massive et comme tournée vers le bas : tête de taureau ?? C’est ce que signifie son petit nom « Bucéphale »… C’était aussi le nom du fidèle destrier d’Alexandre le Grand.

 La Bucéphale, la Lunule, le Porte-écu jaune, Phalera bucephala (Linné 1758)

Le papillon vole de juin à août. Après l’accouplement, la femelle déposera ses œufs sous les feuilles de l’arbre-hôte, puis mourra ainsi que le mâle.

J’ai donc relâché le papillon en espérant qu’il trouve un partenaire pour perpétuer l’espèce.

Claudie

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6 février 2015 5 06 /02 /février /2015 09:51

Lors d’une sortie à Glaize, au-dessus de Faverges, le 17 septembre, nous trouvons une chenille de Robert-le-Diable sur un Saule marsault. Nous la ramenons pour l’élever.

 

NY-Polygonia-C-album-chenille-Glaize-Salix---4-.JPG

 

C’est une belle chenille noire et fauve avec des « épines » et une tache dorsale blanche.

Elle se tient souvent arquée : par sa couleur et sa forme, elle ressemble à une fiente d’oiseau !

 

NY-Polygonia-C-album-chenille-Glaize-Salix---6-.JPG

 

Le Robert-le-Diable fait partie des Vanesses, sa chenille est « épineuse ».

J’installe cette chenille dans un terrarium et la nourris avec des rameaux de Saule. Tout va très vite !

Le 21 septembre, ellese suspend, tête en bas, à une feuille et le lendemain, elle est transformée en chrysalide.

 

Polygonia-C-album-chrysalide-Marlens-elevage.JPG

 

La chrysalide et ses 6 taches à éclat métallique

 

Polygonia-C-album-chrysalide-Marlens-elevage--8----Copie.JPG

 

Le papillon est né le 9 octobre !

Un beau papillon aux ailes découpées, échancrées, orange tachées de noir.

 

NY-Polygonia-C-album-Robert-le-diable-emergence-9-octobre-.jpg

 

Mais les ailes fermées, le Robert-le-Diable ressemble à une feuille morte, camouflage parfait pour éviter d’être au menu d’un prédateur.

 

NY-Polygonia-C-album-Robert-le-diable-emergence-9-copie-1.JPG

En y regardant de plus près, on voit une minuscule tache blanche en forme de « C », ce qui explique son nom latin, Polygonia « c-album » et son nom vulgaire « C blanc », « Gamma ».

 

NY-Polygonia-C-album-Robert-le-diable-emergence-9-octobre-.JPG

 

Le Robert-le-Diable passera l’hiver sur une branche, un tronc d’arbre, parfaitement dissimulé.

Il se reproduira au printemps. La femelle pondra ses œufs isolément sur le Saule, l’Ortie, le Noisetier…

 

Dès le mois de mars, le Robert-le-Diable se nourrit sur les chatons de Saules, puis il suce la sève qui s’écoule sur les troncs d’Erables ou d’Aulnes. En été, il butine le nectar sur les Cirses, l’Eupatoire. En automne, il se délecte du jus des fruits blets tombés au sol.  

  

                                                                                                            Claudie

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 16:40

    Le 1er septembre, au Plateau de Beauregard, nous trouvons une dizaine de chenilles de Morio sur un Saule marsault (Salix caprea). Elles ont dévoré les feuilles, ne laissant que les nervures.

 

NY Nymphalis antiopa Morio chenilles Salix caprea -copie-1

Elles sont noires, pourvues d’une pilosité blanche, avec des épines noires et des taches orange sur le dos. Elles mesurent près de 55 mm et vont bientôt se nymphoser.

Ces chenilles vivent en communauté, ce qui favorise le parasitisme, toujours très important chez cette espèce.

Pourtant, j’ai bien envie de les élever. J’en prélève cinq qui se chrysalident dès le 5 septembre.

 

NY-Nymphalis-antiopa-Morio-chenille-suspendue.JPG

  Les chenilles tissent un coussinet soyeux et s’y suspendent tête en bas, par leur crémaster, organe situé à l’extrémité de l’abdomen.

Certaines chenilles se sont  fixées à un rameau, d’autres au couvercle du terrarium.

 

NY-Nymphalis-antiopa-Morio-elevage-.JPG

  Quelques heures plus tard, elles sont devenues chrysalides.

 

NY Nymphalis antiopa Morio élevage (5)

  Les cinq papillons sont nés dès le 20 septembre, soit 3 semaines plus tard. Malheureusement, je n’ai pas vu l’émergence…

 

Avec une envergure de 75 mm, le Morio est la plus grande Vanesse française et européenne.

C’est un beau papillon, qu’on ne peut pas confondre : brun violacé velouté avec une bordure jaune et une rangée de taches bleues. Le revers terne lui permet de se confondre avec le support et d’échapper aux prédateurs.

 

NY-Nymphalis-antiopa-Morio-elevage-Marlens---7-.jpg

 

NY-Nymphalis-antiopa-Morio-emergence-20-9-2014----Copie.JPG

 

 On l’appelle aussi « Manteau royal »

Après la séance photo, les papillons ont été relâchés.

 

Le Morio hiverneà l’état adulte comme certains autres Nymphalidés (Petite Tortue, Grande Tortue, Robert-le-Diable, Paon du jour) et le Citron. Il se réfugie dans un arbre creux, une grange, une remise…

En mars, il réapparaît et se dépêche de se reproduire. La femelle pondra ses œufs en manchon autour d’un rameau de Saule, de Bouleau.

Le Morio butine très peu les fleurs, sauf au printemps les chatons des Saules. Il est attiré par les fruits fermentés et les écoulements de sève sur les troncs d’arbres.

 

                                                       Claudie

 

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 15:46

Au Sénégal en décembre 2013, le premier jour, lors d’un arrêt pour observer les oiseaux pas très loin de Dakar,  nous sommes étonnés de voir voler une multitude de petits papillons blancs. Ils volètent partout et beaucoup se font tuer par les voitures. Un individu mort en bon état est recueilli sur la route, ce qui facilitera la détermination.

 

PI-Belenois-aurota-mort-1e-jour--2-.JPG

 

Cela me rappelle un article lu sur Internet lorsque je préparais ce voyage : « La neige au Sénégal ! des nuages de papillons blancs envahissent le littoral et décorent le paysage…» J’avais vu une petite vidéo et je rêvais de voir cela.

Mais quel est ce papillon qui occasionne un tel phénomène ?

 

Au retour, après des recherches, nous apprenons qu’il s’agit de Belenois aurota, the Brown-Veined White, the Pioner White. Il n’a pas de nom français.

C’est un papillon blanc à nervures sombres. La forme de la saison sèche que nous avons rencontrée est pâle, la forme de la saison des pluies est plus jaune.

 

Nous trouvons de nombreuses chrysalides vides sur Boscia senegalensis –famille des Capparacées, plante nourricière des chenilles en Afrique - : les papillons viennent donc d’émerger.

 

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Ils butinent Hyptis suaveolens, une plante à odeur de menthe, mais se posent très peu et sont difficiles à photographier.

 

PI-Belenois-aurota-sur-Hyptis-suaveolens-jour-1-Cl---2----C.jpg

 Nos papillons sont en migration ! Ils effectuent des migrations spectaculaires en Afrique tropicale (migrations NE en été et en automne).

 

Cf internet- 15 décembre 2009 : « La neige au Sénégal- Le mois dernier nous avons assisté à la première  neige au Sénégal. Ce phénomène se passe entre l'hivernage (mois d'été) pour nous et l'hiver période sans pluie (actuellement).....où la température est  de 32°. Des nuages de papillons blancs envahissent le littoral et décorent le paysage… »

 

PI-Belenois-aurota-sur-Hyptis-suaveolens-et-1-Colo-copie-1.jpg

 … « 11 février 2012, des milliers de papillons survolent Nairobi, Kenya. »

Et aussi en Afrique du sud : « clouds of butterflies descend on Joburg (Johannesburg) »……

Ces migrations ont lieu chaque année, mais elles ne sont pas toujours aussi spectaculaires. Mais pourquoi ces migrations ? Pour la recherche de nourriture ?

 

Lors de notre voyage, nous avons vu ce papillon pour la première fois posé sur un filao, dans le jardin de l’hôtel Calao à Dakar.

 

PI-Belenois-aurota-dans-filao-Dakar-JM.JPG

Puis lors d’un arrêt au Technopôle, situé dans la bande des Niayes (zones humides formées par des dépressions interdunaires). Il faisait très chaud : 37 °5

Mais c’est entre Dakar et Kébémer qu’ils étaient le plus nombreux !

 

 

Belenois aurota est présent en Afrique, au sud du Sahara, mais aussi en Asie (Inde, Pakistan…).

   

 

                                                              Claudie

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Published by groupe nature - dans PAPILLONS
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