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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 18:02

Au Sénégal, le baobab fleurit à la saison des pluies, surtout en juin et juillet. Nous avons eu la chance de voir une fleur (mais une seule !) hors saison, le 8 décembre, dans le jardin de l’hôtel à Dakar.

Les fleurs de baobab sont pollinisées par de grosses chauves-souris frugivores, des roussettes : Eidolon helvum, la Roussette paillée africaine ou Roussette des palmiers.  (voir le film sur internet)

 

6-Adansonia-digitata-baobab-fleur.jpg

         Les fleurs pendent au bout d’un long pédoncule, à l’écart des branches qui pourraient gêner les roussettes. Elles ne s’ouvrent qu’à la tombée de la nuit. La corolle a 5 pétales blancs  (les chauves-souris ne voient pas les couleurs !), un gros pompon d’étamines (environ 2000) soudées en une colonne centrale et au milieu un long style qui se recourbe vers le haut (vous le voyez sur la photo ?).

Le parfum des fleurs, un peu aigre, peu agréable pour nous,  attire les chauves-souris. Elles font un peu de vol stationnaire puis elles plantent leurs griffes dans la fleur, elles sucent le nectar et mangent du pollen, la tête en bas. Ce faisant des grains de pollen se collent dans les poils de l’animal, quelques-uns seront déposés sur le style d’une autre fleur…

Seules les roussettes mâles viendraient visiter les fleurs : l’odeur dégagée doit avoir une structure proche de celle des  phéromones des femelles.

 

7--pollinisation-Chauves-souris.JPG

 

      Ce dessin est joli, nous ne savons plus où nous l’avons trouvé…. La fleur est encore fraîche.

 

Sur la photo, la fleur porte les traces des griffes des roussettes, par endroits les pétales sont déchirés : elle a reçu une visite pendant la nuit ! Flétrie, elle va tomber, mais la pollinisation a eu lieu et le fruit va se développer.

 

 

7 Roussettes Eidolon helvum endormies sous feuille de coco


 Hôtel du Djoudj : 4 (ou 5 ?) Roussettes paillées Eidolon helvum dorment pendant la journée, suspendues à une feuille de cocotier ; ailes, oreilles, bout du museau noirs, pelage roux, grands yeux. A la tombée de la nuit, elles quitteront leur dortoir et partiront à la recherche de fruits, de fleurs…

 

8--Adansonia-digitata-Baobab-fruits--Dakar-Cl--1-.jpg

       On appelle le fruit du baobab « pain de singe » car les singes en sont friands. Il est allongé (parfois un peu arrondi), recouvert d’une peau veloutée, il tombe verticalement comme au bout d’un fil à plomb.

 

8-Baobab--JM-Dakar--2-.jpg

 J’ai ramené dans ma valise un fruit du Sénégal. Impossible de le couper tellement il est dur, j’ai dû demander à Denis de m’aider !

 

9-baobab-1-pain-de-singe----1-.jpg

 

A l’intérieur, déception, des bestioles s’y sont mises…. Là-bas, on a vu des fruits écrasés, c’était plus fibreux… Il y a de nombreuses graines.

 

9-baobab-1-pain-de-singe----2-.jpg

 

Avec la pulpe, on fait une poudre qui sert à faire le jus de baobab, une boisson rafraîchissante pleine de vitamine C. On trouve maintenant des yaourts, des confitures, des bonbons, des chocolats à base de pulpe de baobab. Au Japon le « Pepsi baobab » est à la mode. L’huile extraite des graines est utilisée en médecine traditionnelle et en cosmétique…  

(pour les nombreuses utilisations du baobab, voir le site de l’association Inecoba, Institut pour l’étude et la conservation du baobab)

 

10-baobabs-Saloum-MM----1-.jpg

 

Monique (à suivre)

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19 janvier 2014 7 19 /01 /janvier /2014 10:40

Quand on arrive au Sénégal, on remarque tout de suite cet arbre géant, emblème du pays.

 

Famille des Bombacacées (selon la classification traditionnelle), famille des mauves, des Malvacées (APG III, classification phylogénétique).

 

Le botaniste français Michel Adanson (1727-1806) a remarqué cet arbre durant le séjour qu’il fit au Sénégal (1748-1754) au service de la Compagnie des Indes. Il le baptisa de son nom arabe baobab (de l’arabe bu hibab, fruit à nombreuses graines) : « un arbre dont la grandeur prodigieuse attira mon attention. C’était un calebassier appelé pain de singe… », « ce géant malvenu… », l’arbre  « le plus singulier par sa monstrueuse grosseur ». En 1761, il publia un « mémoire illustré sur le baobab ».

 

1-Baobab-en-feuilles13-12-JM.jpg

 En  1753 Linné nomme cet arbre en utilisant son système de nomenclature binominale : Adansonia digitata. Il honore le découvreur Michel Adanson en lui donnant  le nom de genre Adansonia. Pour le nom d’espèce, il choisit l’épithète digitata, car les feuilles sont composées et les folioles ressemblent aux doigts d’une main.

 

2-baobab-feuilles-digitees-pres-de-Toubacouta--2-.jpg

 On connait 8 (voire 9) espèces de baobabs :

une seule en Afrique A. digitata (+ une espèce décrite récemment, A. kilima, difficile à distinguer de A. digitata, mais diploïde et elle pousse en altitude, entre 650 et 1500 m)

une espèce endémique d’Australie, A. gregorii  

6 espèces à Madagascar :  A. grandidieri, le Baobab de Grandidier, le plus grand, le plus célèbre, il forme la célèbre « allée des baobabs » près de Morondava, A.perrieri, le Baobab de Perrier et A. suarezensis, le Baobab de Suarez, les plus rares (région d’Antsiranana), A. madagascariensis, le Baobab de Madagascar, malgré son nom il n’est pas endémique, quelques individus poussent à Mayotte. Pour les 2 dernières espèces, nos amies d’Ugine, Noëlle L. et Solange M., ont fait des photos lors de leur voyage à Madagascar en octobre 2010 :

 

Adansonia rubrostipa, le Baobab fony, l’arbre bouteille : gros tronc renflé en bouteille, écorce lisse rouge (rubrostipa « à tige rouge »), forêts sèches de l’ouest. Les Malgaches utilisent l’écorce pour faire des cordages, les feuilles comme anti-inflammatoire et contre la diarrhée.

 

3-Adansonia-rubrostipa-baobab-fony-baobab-bouteille-Madagas.jpg

 

 Les fruits sont ronds, avec les graines les Malgaches font de l’huile et du savon.

 

4-Adansonia-rubrostipa-baobab-fony-baobab-bouteille-Madagas.jpg

 Et la 6e espèce, Adansonia za, le Baobab za, il est plus élancé.

 

5-Adansonia-za-Madagascar-oct-2010-Noelle-et-Solange--2-.jpg

 

 

Monique

(à suivre)

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:11

Le Tamarin (Tamarind en anglais), est le fruit d’un arbre tropical, le Tamarinier,  Tamarindus indica, décrit par Linné en 1753,  de la  famille des Fabacées, sous-famille des Caesalpinioidées.

Le genre Tamarindus ne comporte qu’une seule espèce.

 

Tamarindus indica dessin - Copie

 Le tamarinier est  originaire de Madagascar, il pousse naturellement en Afrique de l’est, mais il est cultivé depuis très longtemps en Inde (d’où son nom Tamarindus indica) et dans d’autres pays asiatiques. Il est aujourd’hui planté dans tous les pays tropicaux où on apprécie son ombre et ses fruits.

 

Dans les pays arabes, on appelait le fruit Tamur Hindi, datte indienne, d’où son nom « Tamarin ».

 

Tamarin-Grandfrais-nov-2013--1-.JPG

 Le tamarin est  une gousse marron clair à  l’aspect bosselé- elle se resserre après chaque graine.

On casse très facilement la gousse avec les doigts, plus facilement  qu’une gousse de cacahuètes.

 

Tamarin-Tamarindus-indica-Caesalpiniacees-St-Germain-Semin.JPG

A l’intérieur, on trouve plusieurs graines entourées d’une pulpe pâteuse parcourue de filaments fibreux.

Cette pulpe est appréciée, à la fois douce et acidulée. Elle a  des propriétés laxatives douces.

Les graines sont très dures et brillantes.

 

Tamarin-graines-2013--1-.JPG

 La cuisine orientale utilise beaucoup la pulpe du fruit (et aussi les fleurs et les jeunes feuilles) pour faire des currys, des chutneys, des sauces…

C’est l’un des ingrédients de la Worcestershire sauce (avec vinaigre, anchois, mélasse, ail, échalote, diverses épices).

 

Tamarin-Grandfrais-nov-2013--3-.JPG

Pour obtenir du jus de tamarin, on  fait cuire la pulpe dans un peu d’eau et du sucre.

En Egypte, j’ai acheté (il y a longtemps) une boule de pulpe de tamarin séchée : on en casse un morceau pour faire une infusion.

 

Merci à Antoine d’Oyonnax qui nous a fait goûter le tamarin lors de la sortie mycologique organisée par Roger en Semine (cf blog, 9 novembre).

 

Dans quelques jours nous partons au Sénégal : nous pourrons peut-être photographier l’arbre…

 

Monique

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17 juillet 2013 3 17 /07 /juillet /2013 14:41

 

Cette région du sud Massif Central attire depuis longtemps les passionnés de flore, sans parler des savants botanistes qui l’ont visitée ou habitée (cf. article sur l’abbé des Fleurs H. Coste). J’ai passé trois jours en mai 2013 dans cette région dans le cadre d’un stage botanique, accompagné de plusieurs personnes de l'Association Mycologique et Botanique de l'Hérault et des Hauts Cantons dont Guy Chauvet Président, Pascal Arnaud et Christian Bernard, ce dernier faisant autorité au niveau national pour ses connaissances botaniques et de sa région. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la flore des Causses et un des initiateurs du Musée Coste de St-Paul-des-Fonds. Les sols y sont essentiellement calcaires, marneux ou dolomitiques, les influences climatiques méditerranéennes, océaniques ou continentales, la topographie s’étage entre 600 et plus de 1200m d’altitude en trois ensembles (Avant-Causses, Causses de Rodez et Causses majeurs), séparés parfois par des gorges profondes. La végétation y est donc forcément très diversifiée (plus de 2000 espèces). Malgré le retard de la végétation dû à la météo en ce début de mois de mai 2013, j’ai été surpris de découvrir en quantité impressionnante les plantes suivantes :

 

-       sur coteaux secs et pelouses rocailleuses : Iris lutescens ou iris jaunâtre, atteignant péniblement 20cm de hauteur, de couleur bleu-violet ou jaunâtre. Cet iris est proche de son cousin (Iris chamaeris ou iris nain). Tous deux sont très présents dans le sud du Massif Central et dans les régions méditerranéennes. Narcissus assoanus ou Narcisse d’Asso ou encore narcisse à feuilles de jonc présente une couronne de couleur jaune de 2cm de diamètre, odorante. Comme l’iris, il dépasse rarement les 20cm et fréquente les mêmes régions. Ranunculus gramineus ou renoncule graminoïde avec ses étonnantes feuilles linéaires très effilées. Cette renoncule est plus courante sur le territoire national, mais elle est protégée notamment en région Centre. Beaucoup plus rare, Lathyrus pannonicus ou gesse blanchâtre qui bénéficie d’une protection régionale.

 

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 -       sous une chênaie claire en pente, proche de l’impressionnant cirque de Navacelles : Aristolochia pistolochia ou aristoloche pistoloche, plante couverte de poils durs, aux curieuses fleurs brunâtres, à petites feuilles triangulaires en cœur. Cette plante est répandue autour de la Méditerranée, jusqu’aux Alpes du sud et Massif Central. Et aussi Paeonia officinalis ou pivoine officinale aux pétales purpurins et aux nombreuses étamines, rare et protégée nationale. Moins rare et plus discrète, d’un jaune éclatant, Tulipa sylvestris subsp. australis ou tulipe des forêts.


-       sur le Causse près de Soulagets, avec les carlines à feuilles d’acanthe et les asphodèles blancs : nombreux tapis de Armeria girardii,  ou armérie faux-jonc, aux fleurs roses, endémique des Causses assez rare mais localement abondante.

 

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-       sur pelouses sèches dans le secteur du Rouquet, avec affleurements dolomitiques : Pulsatilla rubra var. serotina et Pulsatilla vulgaris var. costeana, deux pulsatiles endémiques des Causses qui se différencient par la taille et la couleur de la fleur, Linum leonii ou lin de Léon et Arenaria aggregata ou sabline agglomérée.

 

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 -       dans un paysage semblable près du Pas d’Estrech : Thymus dolomiticus ou thym des dolomies, beaux tapis de Linum campanulatum ou lin à fleurs de campanule, Daphne cneorum ou daphné camélée très odorante et déjà vue Tulipa sylvestris subsp. Australis

 -       au sud du plateau du Guillomard, à la Bastide des Fonds : Fritillaria nigra ou fritillaire des Pyrénées car localisée dans les régions du sud (Pyrénées, Languedoc, sud des Causses), ici très abondante.

 

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La liste complète des plantes vues ne peut être reproduite ici. Et il y a surtout toutes celles que je n’ai pas vues à cause des retards dus à la météo ou tout simplement parce que d’autres merveilles apparaissent plus tard. Je pourrais citer Adonis vernalis ou Adonis de printemps, Ophrys aveyronensis ou Ophrys de l’Aveyron, ou encore Ophrys aymoninii ou Ophrys mouche des Causses…  En tout état de cause, cette région est à visiter et revisiter à toutes les époques de l’année.

 

Pierre Melin

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 07:25

Millau a longtemps été la capitale de la ganterie. Aujourd’hui elle reste connue pour ses activités de mégisserie, mais aussi pour son viaduc. Sait-on qu’une célébrité mondiale a vécu à quelques kilomètres de là ?

 

Hippolyte Coste est né en 1858 près de Balaguier-sur-Rance dans l’Aveyron. Très jeune il est attiré par les beautés de la nature et en particulier par la botanique. En même temps que ses études au grand séminaire de Rodez, il court herboriser dans la campagne voisine pour constituer un important herbier et accumuler des connaissances.

 

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Nommé prêtre, il sera affecté dans plusieurs localités avant de l’être en 1894 à Saint-Paul-des-Fonds, au pied du Larzac. Il exercera sa double activité de prêtre et de botaniste partout où il séjournera. Il finira ses jours à Saint-Paul en 1924. A l’époque quand on avait besoin du curé, il suffisait de repérer la soutane noire dans les champs des Causses. Il sera surnommé ‘’le Curé des Fleurs’’.

 

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Au fil des mois, des années, il va ainsi observer, collecter, collectionner… des milliers d’informations sur la flore. L’abbé Coste s’est intéressé à tous les groupes de plantes, dans plusieurs régions (Midi, Pyrénées, Cévennes…) et en particulier pour les Causses aux anémones, violettes, thyms, roses, germandrées… De nombreux savants botanistes reconnus se joindront à lui pour compléter, préciser ses recherches, comme par exemple Carbonnel, de Lassale, Simon, Fourès… et surtout J. Soulié avec qui il lie une amitié solide de 30 ans. Son œuvre majeure qui reste une référence encore aujourd’hui est la ‘’Flore descriptive et illustrée de la France, de la Corse et des contrées limitrophes’’, plus connue en tant que ‘’Flore de Coste’’ qui lui valut une renommée internationale. Les trois volumes de cette œuvre rédigés en cinq ans (1901-1906) proposent des descriptifs précis et des illustrations remarquables, souvent reprises en France comme à l’étranger. Cette flore a été réactualisée plusieurs fois et a servi de base à l’élaboration d’autres ouvrages.

 

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L’énorme herbier de Coste, complété des récoltes de J. Soulié, ainsi que sa bibliothèque ont été légués à la Société des Lettres, Sciences et Arts de l’Aveyron (SLSAA) dont il était membre.

 

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Au rez-de-chaussée de l’ancien presbytère de Saint-Paul-des-Fonds, un petit musée a été aménagé, consacré à la vie et à l’œuvre du chanoine Hippolyte Coste. Outre un diaporama, diverses photos et fac-similés de documents, on peut voir dans une vitrine une de ses planches d’herbier originales. Dans la petite cour du presbytère aménagé en jardin public, un buste de l’abbé a été érigé par la SLSAA. Il repose dans le cimetière voisin, accolé à l’église.

 

 

Voici un lieu qu’il est indispensable de connaitre lorsque l’on visite la région.

 

Pierre Melin

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 14:08

Dans «Un livre de famille protestant » (Genève, 1891),  John Peter va à pied à Neydens  depuis Saint-Julien par Ternier. Ce chemin, je l’ai souvent parcouru  avec mon grand-père : nous allions jusqu’à Neydens rendre visite à mes grands-parents paternels. Ce n’est plus possible depuis la construction de l’autoroute.

 

John Peter  note quelques fleurs et lorsqu’il se trouve près du ruisseau de la Creuse il parle de la tulipe : «  mai voit croître en abondance la Tulipa sylvestris,  à la fleur jaune. De Genève au Mont de Sion, on la trouve seulement là et dans les replis d’un vallon, près du pont de Sierne à côté de Villette ». Je crois que cette dernière station, située dans le canton de Genève, a été abîmée par les labours.

 

Tulipa-sylvestris.jpg

 La Tulipe sylvestre est une plante rare en Haute-Savoie. Elle est connue depuis longtemps dans  les communes de Neydens et Archamps.  Elle a été mentionnée à Vacheresse et près du delta de la Dranse par Briquet et à Naves-Parmelan par Chevalier (catalogue de Perrier de la Bâthie), mais elle n’y est plus. En 2010 Roger Fillion a découvert  2 nouvelles stations dans la commune de Bassy.

 

Les feuilles (2 à 4) sont allongées, étroites,  d’un vert bleuté, un peu pliées en gouttière, la pointe est « cucullée », c-à-d repliée en capuchon.

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Tulipa-sylvestris-Archamps-feuilles--1-.jpg

Les fleurs jaunes sont  penchées lorsqu’elles sont  en boutons, elles se redressent au moment de la floraison (mi-avril). Les pétales et les sépales sont semblables, on les appelle « tépales ». Les 3 tépales extérieurs lavés de vert ou de rouge-brun se replient en arrière lorsque la fleur est bien épanouie, les 3 tépales intérieurs, jaunes, ciliés, se tiennent dressés, leur face externe est munie de trois nervures vertes.

 

Tulipa-sylvestris--4--copie-1.jpg

 

Tulipa-sylvestris--7-.jpg

Au centre, une colonne massive terminée par une sorte d’écusson, le stigmate, réceptionne  le pollen produit par les 6 étamines, 3 longues et 3 courtes. Dès la chute des tépales, la colonne va gonfler et deviendra fruit, capsule à trois cloisons abritant les graines.

La Tulipe  peut coloniser de grandes surfaces car elle se multiplie surtout par stolons (bulbes stolonifères, reproduction par multiplication végétative).  

 

C’était une plante des terrains cultivés qui était abondante autrefois. Pour fleurir, les bulbes ont besoin d’être remontés à la surface lors des labours traditionnels.

De nos jours, les tulipes se sont réfugiées dans les haies, les talus. Les bulbes s’enfoncent, il y a peu de plants qui produisent des fleurs.

 

La Tulipe sylvestre est une plante protégée. La commune de Neydens, fière de sa fleur,  l’a fait figurer avec la croix de Savoie sur son blason et sur les plaques qui indiquent les noms des rues.

 

Tulipe de Neydens Chemin d'Huffin (2)

 

Tulipe de Neydens Chemin d'Huffin (1)

                                                                                                                                Monique


 

                                                          

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 22:19

C’est une Orchidée robuste qui n’est pas rare dans le Midi, mais elle est précoce, elle fleurit très tôt, dès la fin de l’hiver, à un moment où les touristes ne sont pas encore arrivés !

 

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 Elle progresse de façon spectaculaire vers le nord, elle remonte le couloir rhodanien jusqu’au département du Rhône. En 1996, elle a été découverte en Savoie, à Myans, mais la station a été détruite…Le 22 avril 2006, notre ami savoyard Arthur Lequay, bon pied, bon œil malgré son âge très avancé, a découvert 2 beaux pieds au bord du lac du Bourget.

Un pied a été trouvé tout près de chez nous, à Genève…

Alors pourquoi pas en Haute-Savoie ?

 

Son nom français : l’Orchis géant ou Orchis à longues bractées

 

Dans le passé, on l’a appelé Orchis longibracteata, Orchis robertiana, Aceras longibracteata, Barlia longibracteata

Son nom latin actuel : Himantoglossum robertianium. Nous le connaissons mieux sous le nom utilisé encore il y a quelques années : Barlia robertiana

 

Himantoglosum-robertianum2-RFillion--2-.jpg

 Le botaniste Loiseleur Delonchamps a dédié cette belle orchidée au Docteur Gaspard Nicolas Robert (1776-1857) qui l’a découverte en 1805 à Toulon et qui  lui en a fait parvenir un pied.  Loiseleur… un nom qu’on retrouve dans Loiseleuria procumbens, l’azalée couchée des landines de nos montagnes, ainsi que dans Draba loiseleurii, une drave endémique de Corse.

Jean-Baptiste Barla (1817-1896), est un mycologue et botaniste de Nice. Son ami le botaniste italien Filippo Parlatore a créé le genre Barlia en 1858. Un autre Barlia est endémique de l’île de Tenerife, Barlia metlesicsiana. En 1868, Barla a fait paraître une « Iconographie des Orchidées de Nice et des Alpes Mariritimes » qu’il dédia à son «  savant ami » Parlatore pour le remercier …

 

Mais il faut oublier « Barlia » et dire « Himantoglossum », « langue en lanière », ce qui convient parfaitement à l’orchis bouc (labelle très long et étroit)…mais pas du tout à notre Orchis géant !

 

Les analyses phylogénétiques ont montré que les genres Barlia et Himantoglossum sont très proches et qu’ils forment un groupe monophylétique. « Le genre Himantoglossum étant plus ancien, les espèces du groupe adopteront ce nom de genre. » (F. Greulich, P. Prunier, bulletin FMBDS n°202, juin 2011) 

 

Roger-et-Barlia-robertiana-Gresine-12-04-13--1-.JPG

                           Photos prises le 12 avril par Roger Fillion en Savoie

 

                                                                             Monique

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 18:28

Non, ce ne sont pas des petits mots d’amour, ce sont 2 noms (entre beaucoup d’autres) pour un légume fruit exotique…

Chouchou à la Réunion, ou Chayote, aux Antilles Christophine (parce que Christophe Colomb l’aurait introduit aux Antilles),  Mirliton à Haïti… ce légume fruit a de nombreux noms. En latin, un seul nom valable partout, Sechium edule (N.J.Jacquin)Swartz- Famille des Cucurbitacées.

 

Chayottes-Grand-Frais-2013.JPG

 

C’est une plante grimpante de la famille des courges et des courgettes, originaire d’Amérique centrale. Le nom « chayote » (ou chayotte) vient de son nom aztèque.


Sechium-edule-christophine-tonnelle-Beaugendre.JPG

 

Cultivée dans tous les pays chauds, elle produit beaucoup, les tiges dépassent 15 m en une saison ! Elle peut même devenir envahissante, à la Réunion c’est par endroits une peste végétale. En France, on peut essayer de la cultiver en pot à l’intérieur (planter le fruit entier), puis la mettre en pleine terre, mais elle ne donnera des fruits qu’en fin de saison, dans le meilleur des cas ! Il lui faudrait 6 mois de chaleur- ce qui n’arrive pas chaque année en Savoie !

 

Comme chez les courges et courgettes les fleurs mâles et les fleurs femelles sont séparées, mais sur la même plante. Le fruit contient une seule graine plate qui commence à germer à l’intérieur du fruit (graine « vivipare »)…Ce que je n’ai pas vu dans le fruit que j’ai acheté en février à « Grand Frais » !


chayotte-interieur.JPG

 

Le fruit peut être consommé de toutes sortes de façons, un peu comme les courgettes. Cuit  à la vapeur, puis farci et cuit au four, c’est délicieux ! On peut même l’utiliser pour faire des gâteaux.

 

christophines-Guadeloupe.JPG

 A la Réunion où la plante a été introduite en 1840,  on gratte les tiges pour obtenir de fines lamelles qu’on appelle « paille de chouchou ». Ces fibres servent à faire des chapeaux, c’est une spécialité du cirque de Salazie. La matière première des fameux « chapeaux de paille d’Italie » très en vogue en Europe au début du XXe siècle venait de la Réunion.

 

 

                                                        Monique

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4 janvier 2013 5 04 /01 /janvier /2013 20:41

 

La Posidonie tire son nom du dieu grec de la mer, Poséidon.

 

C’est une plante sous-marine présente uniquement en Méditerranée, de 0 à 40 m de profondeur. Ce n’est pas une algue, mais une plante à fleurs (Angiospermes) appartenant à la famille des Posidoniacées.

Les feuilles sont allongées en ruban (20- 60 cm de long, 1 cm de large) La souche épaisse est entourée de fibres rousses qui sont les débris des anciennes feuilles. La floraison est rare, le fruit charnu qui ressemble à une  olive, contient une seule graine.

Les Posidonies forment de vastes prairies marines, des « herbiers » qui produisent de grandes quantités d’oxygène et abritent de nombreuses espèces animales (crabes, hippocampes, oursins, seiches, poissons, étoiles de mer…) et végétales. Leurs racines stabilisent les sédiments marins.

Posidonia-oceanica-CO1--1-.jpg

 

Panneau-posidonies-Co-5--1-.jpg

 

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Panneau-posidonies-Co-5--3-.jpg

 

En automne, les feuilles tombent, elles sont transportées par les vagues le long des côtes et s’accumulent sur les plages. Ces dépôts appelés « banquettes » ne sont pas des déchets. Au contraire ils sont très utiles et protègent le littoral de l’érosion provoquée par les vagues.

Posidonies-banquettes-Sardaigne-San-Antioco.jpg

                                                          Sardaigne

 

Les fibres des feuilles difficilement dégradables, sont hachées menues par les vagues puis roulées par les courants. Elles s’échouent sur la plage sous forme de boules feutrées, les « pelotes de posidonies » (aegagropiles).

 

 

 

Posidonies 2-4 (2)

 

Cette plante est sensible aux pollutions, elle est aussi victime des nettoyages opérés sur les plages et subit des arrachages naturels pendant les tempêtes.

Elle est protégée sur les côtes méditerranéennes françaises depuis 1988.

Dans les eaux plus froides de l’Atlantique, les Posidonies sont remplacées par les Zostères.

 

                                                                                                        Claudie

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23 décembre 2012 7 23 /12 /décembre /2012 18:24

Notre Arum maculatum  (Gouet, pied-de-veau) fait partie de la même famille.

 

 C’est une plante aquatique tropicale. La rosette de feuilles  flotte sur l’eau car les feuilles sont couvertes de poils très fins « hydrophobes ». Ces poils qui « ont peur de l’eau » ne se mouillent pas et contiennent beaucoup d’air.

Sous la rosette, il y a de nombreuses racines.

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Pistia-stratioites-sept-2012-racines-2-.jpg

 

Les fleurs sont très petites, nous n’en avons pas vu sur les rosettes que nous avons observées lors d’une réunion du mardi soir. Sur un petit spadice caché dans un involucre il y a une seule  fleur femelle et une fleur mâle (parfois deux…), et après la fécondation, un fruit contenant des graines qui peuvent donner de nouvelles plantes. 

Mais cette plante a surtout une très forte multiplication végétative : quand il fait chaud, chaque rosette donne rapidement naissance à 2 petites rosettes nouvelles qui se détachent et donnent naissance à de nouvelles rosettes. Si bien que cette plante peut rapidement  couvrir de vastes surfaces et devenir envahissante !

 

 

Nous avons trouvé cette plante en Savoie, pas loin de Montmélian, sur le canal à côté du lac de Sainte Hélène.

 

canal-Ste-Helene.jpg

 

La laitue d’eau n’est pas venue ici par ses propres moyens à cause du réchauffement climatique !  Des jardineries en vendent pour décorer les aquariums et les pièces d’eau en été. Quelqu’un l’a introduite sur le canal ….

Heureusement elle ne supportera pas les températures négatives de notre hiver savoyard, elle va disparaître. Mais si l’hiver était plus doux, elle pourrait se multiplier et poser des problèmes.

 

Pistia stratiotes rapporté du lac de  Ste Hélène,  photographié après la première chute de neige.

 

Pistia-stratiotes-12-10-28-neige-a-Lathuile.jpg

 

Pistia stratiotes 29-10-12 après neige (2)

 

Il ne faut pas introduire n’importe quoi  dans la nature !

 

                                                                       Monique

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Published by groupe nature - dans PLANTES
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