17 Avril 2018
Cet Ascomycète printanier pousse en avril en petits groupes sous les cèdres.
D’abord sphérique et complètement enfoui dans la terre, il s’ouvre plus ou moins en étoile quand il apparait à la surface. A l’intérieur de la coupe, l’hyménium est formé d’asques qui contiennent les spores. L’extérieur de la coupe est recouvert d’un feutrage brun.
Pour trouver ce champignon, ce n’est pas difficile. Il suffit de repérer des cèdres.
A Sevrier, non loin de la grosse boule de granit en face de la mairie, il y a deux cèdres qui hébergent des pézizes. Le cèdre qu’on aperçoit en haut à droite, après la poste, en a également.
Ces pézizes ont été rasées par la tondeuse !
On cherche au pied des arbres, et souvent on trouve. Mais il y a des déceptions. On repère de très beaux cèdres, on s’attend à voir une ribambelle de pézizes … pas une seule ! Trop tôt ? Trop tard ? Pourquoi l’arbre ne fait-il pas de mycorhizes avec cette pézize ?? J’ai vu des cèdres qui poussent en ville presque dans le béton : pas de pézizes, rien que des crottes de chien, mais là ce n’est pas étonnant.
Le botaniste et mycologue britannique Mordecai Cubitt Cooke a nommé ce champignon Peziza sumneriana. En 1895, George Edward Massee, premier président de la British Mycological Society, le place dans le genre Sepultaria. En 1976, le mycologue espagnol M. de la Torre le rebaptise : Geopora sumneriana. Va-t-on en rester là ou bien faut-il s’attendre à un nouveau changement de nom ?
Geopora : de geo, la terre et pora ? - sumneriana, il semble que Cooke n’a pas pu dédier ce champignon au biologiste américain Francis Bertody Sumner (1874-1945), les dates ne concordent pas … Sepultaria : tombe souterraine, enfoui, enterré, en effet le champignon se développe dans le sol, à son premier stade, il a une vie souterraine et même lorsqu’il sort de terre il reste à moitié enterré.
Pourquoi chercher ce champignon ?
Toxique cru (parfois mortel), cuit, il est « sans intérêt » : il faut d’abord le nettoyer consciencieusement, ce qui est long et fastidieux : en enlevant la terre qui se mêle aux poils du feutrage on casse le champignon qui est fragile.
Souvent l’intérieur n’est pas beaucoup plus propre que l’extérieur !
Une fois propre, il est indispensable de le faire cuire longtemps pour enlever la toxicité. En fin de cuisson, il ne reste presque plus rien au fond de la casserole !
Non, ce n’est pas pour le manger, mais juste pour le plaisir de le trouver et de le photographier !
Monique