5 Mars 2009
Un grand MERCI à Roland Moënne-Loccoz pour sa projection très intéressante sur le volcanisme, l’Etna, les îles Eoliennes (3 mars) !
« Je suis bien conscient que ce n’est pas en 1 h ½ que l’on peut expliquer l’essentiel du volcanisme et en même temps l’illustrer afin que cela ne soit pas trop imbuvable. J’ai donc cru bon de donner les bases indispensables pour en expliquer la diversité des formes et des produits… » Roland
D'après la légende, Empédocle (philosophe, ingénieur et médecin grec du Ve siècle av. J.-C), désespéré de son incompréhension, se suicida en se jetant dans le cratère de l’Etna en abandonnant sur le bord une de ses chaussures, preuve de sa mort…
Si vous n’avez pas compris toutes les explications de Roland, ne suivez pas l’exemple d’Empédocle, attendez plutôt son compte-rendu qui paraîtra dans le bulletin 2010 !
En attendant voici quelques extraits du CR « la Sicile au printemps, 18-25 avril 2003) de la Société Linnéenne de Lyon :
Nous prenons l'hydroglisseur à Milazzo, port d'embarquement pour les îles Eoliennes (Vulcano, Lipari, Panarea et Stromboli et, plus éloignées, Filicudi, Alicudi et Salina), demeure du dieu du Vent, Eole, qui aurait remis à Ulysse une outre dans laquelle il avait enfermé les vents pour que celui-ci puisse rentrer rapidement à Ithaque…mais les compagnons d'Ulysse ouvrirent par curiosité l'outre, déchaînant la tempête qui les entraîna loin de leur destination…
La ville de Milazzo (32 000 h) est dominée par une citadelle fortifiée. C'est dans une grotte du Cap de Milazzo qu'Ulysse aurait rencontré le cyclope Polyphème… En 1/2 h nous arrivons à Porto Levante.
Régis Thomas nous donne des explication sur les îles Eoliennes et Vulcano :
« En fait, sur les quatre types de dynamisme volcanique, les îles éoliennes en ont donné deux : le type strombolien, au cône parfait, caractérisé par l’émission de projectiles et de coulées de lave et le style vulcanien, explosif, avec constitution d’un cône de cendres. Les deux autres dynamismes étant le type hawaïen avec des coulées de lave et le type péléen générant des nuées ardentes et présentant des aiguilles de lave acide. Ces volcans deviennent très explosifs dès qu’il y a présence d’eau. Par ailleurs dans le cadre de la tectonique des plaques, on rencontre trois situations : un volcanisme d’ouverture (ou divergence) des plaques (au niveau des dorsales océaniques, le plus fréquent, environ 65% des cas) avec d’abondantes effusions, un volcanisme à la rencontre (convergence) des plaques (zones de subduction, 15 à 20% des cas) fréquemment explosif, et un volcanisme intra plaque, peu fréquent et peu symptomatique (océaniques comme les volcans basaltiques des îles Hawaii ou continentaux comme le Massif Central). Dans un contexte géodynamique donné, c’est souvent une série de roches qui est émise. La série complète comprend schématiquement des roches basiques (basaltes…), des roches intermédiaires (andésites…) et des roches acides (rhyolites…). Les basaltes toléitiques (de Tulée) sont dominants dans le cas des divergences de plaques, la série calco-alcaline (andésite et rhyolite) dans le cas de convergence »
Vulcano : Ile de 21 km2. La mythologie grecque situe sur cette île les forges d'Héphaïstos (Vulcain pour les Romains), forgeron et dieu du Feu, qui avait pour ouvriers les Cyclopes.
Née de la fusion de 4 volcans, cette île est dominée par le plus grand et le plus actif d'entre eux, le Vulcano della Fossa, 391 m. Le Vulcanello (123 m) est apparu en 183 av. J.-C. La dernière éruption s'est produite en 1890, mais le volcan produit encore des fumerolles, des jets de vapeur, des boues sulfureuses appréciées pour leurs propriétés thérapeutiques.
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Sur le volcan, très peu de végétation :
Aira caryophyllea L. : petite Poacée annuelle des lieux sableux, épillets à 2 fleurs munies de 2 arêtes, glumes aigues.
Andryala sinuata L. : A. integrifolia, plante blanchâtre, fleurs jaune soufre, involucre et pédoncule velus-glanduleux, sur silice, monte jusque dans la Loire.
Anogramma leptophylla (L.) Link. : en bas, dans un talus à l'ombre. Petite fougère annuelle (c'est la seule parmi les fougères européennes), subcosmopolite, en Europe dans la région méditerranéenne, sur la façade atlantique, vers le nord jusque dans le Valais. Annuelle ou plutôt bisannuelle : le développement s'échelonne sur 2 ans.
Cistus creticus
Cistus salvifolius : jusqu'au sommet ( sur le flanc nord).
Erodium botrys Bert : tout en bas. Détermination Guy GG. 2-3 sillons transversaux à la base du fruit.
Genista thyrrena Valsecchi 1986 : cette espèce n'est pas reconnue par Pignatti qui donne G. ephedroides DC (= Spartium gasparrinii Guss), rochers maritimes et volcaniques, 0-600 m, endémique Sardaigne, Sicile, îles Eoliennes. Mais Liliane a une publication de Mme Valsecchi qui a complètement remanié la classification. Endémique de certaines îles Eoliennes. Ce genêt couvre tous les flancs du volcan, il est fleuri en bas. (Orthographe bizarre !!? On écrit "mer tyrrhénienne" et non thy…!)
Logfia gallica (L.) Cosson & Germ. : il pousse pratiquement jusqu'au sommet du volcan, échantillon vérifié par JMT.
Rumex bucephalophorus
Serapias parviflora
Une sorte de gros frelon, commun dans la montée au cratère : une Scolie, Megacolia sp., un papillon du genre Mélittée...
Cristaux jaunes de soufre, fumerolles, jets de vapeur…odeur d'œuf pourri (SO2)…
La vue est superbe : Vulcanello, Lipari, Salina (île formée de deux cônes volcaniques séparés par une vallée où on cultive la vigne pour faire du vin de malvoisie, les Grecs l'appelaient Dydime, les Jumeaux ; ses câpres sont réputées), le Stromboli, 924 m….
Colette trouve de belles obsidiennes noires et luisantes. Très coupantes, elles servaient dans l'Antiquité à fabriquer des outils tranchants.
Jean-François n'a pas pu aller au sommet du volcan : avec les béquilles, ce n'est pas commode dans la cendre !!
Nous (Jacqueline, GGG et moi) faisons le tour du cratère et descendons par une voie plus directe, nous faisons de grandes enjambées dans la lave comme si c'était de la neige fraîche.
Pique-nique près de la mer, il y a des méduses violettes et la plage n'est pas bien propre ! Sable noir et pierres ponces, exploitées jadis sur l'île de Lipari (carrières de Porticello), entraînées par la mer. La pierre ponce, de texture spongieuse et si légère qu'elle peut flotter sur l'eau, est utilisée en pharmacie, en cosmétologie (pour ses propriétés légèrement abrasives), dans le bâtiment (pour construire des briques antisismiques) et pour blanchir les blues-jeans…
Nous regardons les bains de boue (indications : rhumatismes, dermatologie pour les peaux grasses, l'acné, le psoriasis), mais nous n'y allons pas…
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Les navigateurs de l'Antiquité affirmaient que le détroit de Messine était surveillé par 2 redoutables monstres, Charybde et Scylla.
Scylla, fille d'Hécate, déesse de la Nuit, possédait 12 pieds et 6 têtes et demeurait dans une grotte située sous un rocher de Calabre, dont elle ne sortait que pour chasser des animaux marins. C'est elle qui se déchaîna contre le navire d'Ulysse, pour capturer et dévorer 6 de ses compagnons.
Charybde vivait sur la côte sicilienne sous un autre rocher, 3 fois par jour il avalait et recrachait l'eau de la mer.
La ville de Messine a connu de terribles tremblements de terre (1783, 120 000 morts en 1908) et a beaucoup souffert des bombardements durant la Seconde Guerre Mondiale.
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Régis Thomas nous donne des explications très intéressantes sur l'Etna.
« Montagne des montagnes, celui qui brûle, résidence de Vulcain et des cyclopes, c’est le plus grand volcan d’Europe en activité et il culmine à 3400m. Sa base repose sur du calcaire et de la marne, contrairement à Vulcano qui repose directement sur le fond océanique. Il a formé en alternance des coulées de lave et des projections ce qui le fait classer dans la catégorie des strato-volcans. Sur ce cône, on trouve plus de 250 cratères qui sont autant de mini strombolis, il existe une grande fracture du côté de la mer ionnienne et au sommet, deux grandes calderas. La première éruption date de 300 000 ans et l’édification principale de 100 000 ans. Il présente environ 20 éruptions par siècle. Une éruption consiste en coulées de laves : une fracture s’ouvre, le magma arrive à la surface, du gaz s’échappe, la lave propulsée en hauteur se refroidit et en tombant forme un cône. Alors la coulée proprement dite peut descendre les flancs du volcan à la vitesse de 0,5 à 2 km à l’heure. Malgré de nombreuses études, sa géodynamique n’est pas très bien connue, mais surtout elle est sans doute évolutive. Les premières éruptions étaient de type toléitiques (ouverture océanique), mais il semble que la production devienne plus alcaline, témoin d’une activité intra plaque. C’est donc un volcan difficile à classer ».
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Pour terminer, Roland nous a montré des photos des plantes endémiques de l’Etna :
le genêt…de l’Etna, le bouleau…de l’Etna, l’astragale (Astragalus siculus ssp. aetnensis, très piquante !), le céraiste, la violette, le rumex et la saponaire…
Genista aetnensis (Biv.) DC. : Endémique du versant oriental de l'Etna et de la partie surtout orientale de la Sardaigne, introduit en Corse sur la côte orientale près de Solenzara (cf Monde des Plantes 456, C. Piazza et G. Paradis, 1995). Ici, il n'est pas fleuri et il porte des galles. C'est un grand arbuste (2-6 m).
Le genêt qu’on voit partout, c'est le Genêt d'Espagne (Spartium junceum).