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Le marais de Giez mardi 15 décembre

Beaucoup de monde au diaporama sur le marais de Giez mardi soir !

Un grand merci à Christelle, Maurice et Françoise ( suite à un problème technique, elle nous présentera son diaporama sur les araignées du marais en janvier, en « hors-d’œuvre » du diaporama sur Darwin ).

Voici un texte de Christelle Janin, mission conseil et appui des collectivités à Asters.

 

 

Une vaste roselière.

 

Le marais de Giez est un marais de basse altitude (465 mètres) de 260 ha. Il est composé d'une vaste roselière (70 hectares de marais), de boisements (80 ha, surtout de la ripisylve) et de terres agricoles (110 hectares dont quelques prairies humides).

Il s'agit d'un marais d'hélophytes sur tourbe eutrophe et sur sol à gley. Il résulte du travail des glaciers et des eaux fluviales : surcreusement des roches tendres pendant le quaternaire, formation de barrages morainiques, placages glaciaires, remblaiement post-glaciaire.

 

                                                                                Christelle et Maurice dans le marais, juin 2008

 


Christelle-et-Maurice-P-Giez-19-06-08.jpg

 

Un ensemble à forte valeur patrimoniale.

 

Les zones humides sont les milieux les plus productifs que l'on connaisse. Ce phénomène est dû en particulier à la présence d'une eau peu profonde qui se réchauffe très vite et permet le développement abondant de la matière végétale, point de départ de tout cycle biologique. Ce sont donc des milieux qui offrent une forte biodiversité. Mais le marais de Giez ne présente pas uniquement un intérêt au niveau des espèces qu’il abrite.

De par sa situation géographique, le marais de Giez constitue un secteur stratégique de la cluse d’Annecy. Le développement touristique du département nécessite toujours plus d’espace pour l’urbanisation croissante. Les zones visées en priorité sont les zones humides (exemple du marais d’Epagny qui est maintenant devenu une grande zone commerciale). Sans l’APPB dont il fait l’objet, il serait sans doute la cible de promoteurs immobiliers. De par sa surface élevée, il constitue l’une des dernières grandes zones humides de la région annécienne.

D'autre part, les principaux processus de création de zones humides (libre divagation des eaux) ne fonctionnant pratiquement plus, il est important de protéger celles qu'il nous reste encore si l'on veut conserver le patrimoine biologique qui leur est associé.

Le marais joue un rôle hydraulique important dans la cluse d’Annecy. Les marais ont la faculté de pouvoir stocker une importante quantité d'eau et de la restituer lentement. Ce phénomène d'éponge est dû à l'abondance de la végétation qui freine la circulation d'eau et assure ainsi une protection contre les crues et une limitation des étiages (période de basses eaux). Le tissu végétal dense joue également le rôle de filtre en retenant les matières en suspension, ce qui facilite leur décantation. Au delà de cette action mécanique, les tiges de roseaux assimilent et fixent dans leurs tissus bon nombre de polluants comme les phosphates, les nitrates ou des produits plus toxiques tels que cyanures et hydrocarbures. Le marais contribue ainsi à améliorer la qualité de l’eau.

Il présente un atout paysager. Il s’agit de formations naturelles aux textures et couleurs très diversifiées, entre elles et par rapport au reste du paysage. Cela constitue une zone ouverte dans ce paysage forestier.

Au niveau piscicole, le marais constitue une zone de frai pour les truites qui remontent du lac. Les nombreux Tarraz qui le parcourent sont autant de zones de reproduction pour les poissons et de grossissement des alevins.

Le site abrite également un animal pittoresque qu’il convient de protéger, le castor. Il y a été réintroduit dans les années 70. On peut observer de nombreuses traces de sa vie sur le marais : huttes, toboggans, chantiers, salles à manger. La cohabitation avec les agriculteurs ne se déroule pas toujours sans incident. Les peupliers doivent être protégés et les drains font parfois l’objet de barrages. Mais la population de castor est maintenant bien implantée.

Situé entre le massif des Bauges à l’ouest et le massif des Bornes à l’est, le marais doit être une zone de transit pour la faune locale. La vaste roselière qui le compose constitue une zone refuge pour le gibier (surtout des sangliers) et pour l’avifaune. C’est également un lieu de reproduction pour le Crapaud commun.

Enfin, les quelques parcelles agricoles abandonnées depuis peu par l’agriculture ou fauchées annuellement présentent un grand intérêt botanique. Elles peuvent abriter une flore à haute valeur patrimoniale (orchidées...). C’est d’ailleurs l’objectif premier de la gestion à effectuer sur le marais, restaurer ces milieux pour augmenter l’intérêt du marais.

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