15 Avril 2015
C’est le plus grand de nos grèbes (envergure 75-90 cm), on le reconnaît facilement avec sa huppe noirâtre et double (cristatus : qui a une crête, une aigrette, une huppe).
Le Grèbe huppé n’est pas à l’aise en vol, encore moins à terre.
Il est adapté à la vie aquatique avec un corps allongé en fuseau : il passe l’essentiel de son temps sur l’eau, à nager ou à plonger. Il peut plonger jusqu’à 20 m, mais le plus souvent il descend de 2 à 6 m. Il se nourrit de petits poissons, larves d’insectes, petits crustacés, mollusques.
Pour faciliter la propulsion, les pattes sont situées loin en arrière, « comme les hélices à la poupe d’un navire » P.Géroudet,
Le Grèbe fait partie des Podicipédidés –du latin Pes, Pedi =pied et Podex, Podici = derrière, à l’arrière.
Au bord du lac, à Annecy-le-Vieux, un panneau présente cet oiseau au fil des saisons.
En hiver, novembre-décembre, les Grèbes huppés sont nombreux sur le lac d’Annecy : c’est la période des rassemblements hivernaux. De nombreux grèbes des régions nordiques
passent l’hiver dans notre région : on dit que le Grèbe est un migrateur partiel.
En hiver, le plumage internuptial est terne.
Au printemps dès février, il est métamorphosé, on le reconnaît à peine ! Il est alors très élégant dans son plumage nuptial. « La tête anguleuse du Grèbe huppé se transforme en une fleur étrange : la huppe s’est allongée de deux cornes et une collerette de plumes rousses et noires encadre les joues blanches » Paul Géroudet
Les couples se forment.
Ces grèbes sommeillent, la tête entre les ailes, le bec enfoui dans le duvet du cou.
La parade nuptiale est spectaculaire. « Mâle et femelle se font face, tendent le cou, étalent en éventail leur collerette, redressent leur huppe et secouent la tête de gauche et de droite ». « Mâle et femelle se rapprochent l’un de l’autre en prenant d’abord l’attitude de menace, cou tendu et collerette effleurant l’eau…; mais au lieu de finir par une attaque, la provocation s’atténue et tous deux paradent face à face. Ce jeu, coupé de simulacres de toilette, peut se prolonger ou conduire à d’autres phases » P.Géroudet
Photos prises cette année, le 3 mars, à Annecy-le-Vieux.
On ne peut distinguer le mâle de la femelle.
Malheureusement, les deux partenaires se sont séparés et nous n’avons pas vu la « danse du pingouin » : celle-ci est rarement observée et marque sans doute une intensité exceptionnelle de la parade. Les deux partenaires plongent, émergent ensemble et face à face, dressés à la verticale sur leur arrière-train, se présentent des algues, comme des offrandes.
Le Grèbe huppé est peu farouche, on peut le photographier assez facilement, par exemple à Annecy au Petit Port, depuis les pontons.
Claudie