19 Janvier 2026
Fin mai 2025, nous avons profité de quelques jours passés à Port-Camargue pour déambuler autour de plusieurs étangs camarguais ou le long du bord de mer.
Très peu d’oiseaux, mais il est vrai que dans la journée, avec les fortes chaleurs, ils doivent plutôt rester à l’ombre des tamaris, salicornes arbustives et autres chardons-Marie, très présents dans cet arrière-pays d’étangs.
Salicorne arbustive
Chardon-Marie (Silybum marianum)
Mais quand même pas mal de flamants roses, des aigrettes, échasses, ibis falcinelle, 4 tadornes de Belon en vol, cigognes et cigogneaux dans un nid, hérons, choucas des tours et bien sûr goélands, mouettes, sternes…
Flamant rose
Aigrette garzette
Echasse blanche
Ibis falcinelle
Héron cendré
Choucas des tours
Sur le bord de mer nous avons pu voir quelques plantes spécifiques de ces milieux :
L’Oyat (Ammophila arenaria), Poacée qui croit dans les terrains sablonneux et aide à leur stabilisation grâce à son système racinaire très profond.
L’Anthémis maritime (Anthemis maritima), Astéracée à souche ligneuse, très répandue sur le littoral méditerranéen français.
L’Immortelle des sables (Helichrysum stoechas), autre Astéracée qui dégage une odeur puissante et peut se conserver longtemps séchée.
La Queue de lièvre (Lagurus ovatus), Poacée aux nombreux noms selon la région. Elle se teinte facilement et se prête bien à la confection de bouquets décoratifs.
L’Obione faux-pourpier (Halimione portulacoides), Amaranthacée bien présente sur nos côtes de Méditerranée et d’Atlantique, plante comestible, consommée fraiche en salade ou séchée en condiments.
La Giroflée des dunes (Matthiola sinuata), Brassicacée à souche ligneuse poussant dans les sables de la côte méditerranéenne.
Le long des promenades aménagées pour les piétons et proches du bord de mer, on rencontre fréquemment :
L’Anacycle radié (Anacyclus radiatus), magnifique Astéracée jaune des lieux sablonneux ou incultes peu éloignés de la mer.
L’Arctothèque (Arctotheca calendula), autre Astéracée jaune naturalisée dans le Midi de la France, utilisée parfois dans les jardins comme plante tapissante.
L’Urosperme de Daléchamps (Urospermum dalechampii), Astéracée à gros capitule jaune beaucoup plus pâle, présente dans une large bande de bord de mer, des Alpes-Maritimes aux Pyrénées-Orientales.
Sur les sentiers autour de l’étang de Scamandre (Réserve Naturelle Régionale), puis celui de la Marette (label Grand site de France), nous avons vu aussi :
Le Jonc à tépales pointus (Juncus acutus), Joncacée pouvant dépasser 1m de hauteur, aux fleurs roussâtres dépassées par une bractée extrêmement piquante.
L’Alysson maritime (Lobularia maritima), Brassicacée fréquente dans les sables et rochers des bords de mer.
Le Mélilot à petites fleurs (Trigonella smallii ex Melilotus indicus), Fabacée très commune. Sur une feuille, un Pyrgomorphe à tête conique et gros yeux, petit criquet de 1 cm, aux antennes courtes et épaisses, élargies à la base.
En visite à Montpellier, nous ne pouvions manquer la visite du Jardin des Plantes fondé en 1593 par Henri IV (plus ancien jardin botanique de France). Il s’agit donc d’un jardin historique, protégé au titre des Sites et Monuments Historiques. C’est avant tout un jardin voué à la recherche et à l’enseignement, rattaché à la Faculté de médecine.
Il se distingue d’un jardin classique par ses collections (cistes, plantes médicinales, succulentes, naturalisées…), son arboretum, son école de systématique, son Index séminole (catalogue de semences, publié tous les 2 ans), s’inscrivant dans un réseau de 500 institutions botaniques en France et dans 80 pays étrangers.
Trois plantes remarquables ont attiré notre attention :
L’Erythrine crête-de-coq (Erythrina crista-galli), de la famille des Fabacées, est un arbuste originaire d’Amérique du sud, au feuillage épineux
La Vipérine de Madère (Echium candidans), Boraginacée endémique de cette île, pouvant atteindre 1.5m de hauteur, cultivée comme plante ornementale.
Le Rince-bouteille (Callistemon sp.), Myrtacée originaire d’Australie. Son nom peu flatteur n’altère en rien la beauté de ses fleurs aux étamines rouges. Cet arbre est très utilisé comme arbre ornemental.
C’est un jardin étonnant regroupant près de 2700 espèces de plantes à découvrir dans le Jardin anglais, les Rocailles, la Montagne de Richer, le Bassin aux Nelumbo…
Mais ne vous attendez pas à découvrir des plantations parfaitement alignées au cordeau, des pelouses tondues au ciseau ou des allées bien bordées. Il s’agit d’un jardin aux vocations affirmées : historique, botanique, universitaire.
Pierre et Cathy