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Queyras, fin juin 2026, du côté du Viso (1)

Queyras, Queyra, on ne prononce pas le s, le mot viendrait de cair, rocher, radical qu’on retrouve dans cairn, Roc de Chère… Le Parc National Régional du Queyras créé en 1977 abrite plus de 1500 espèces de plantes et de nombreuses espèces animales.

Abriès-Ristolas, la haute vallée du Guil, le petit belvédère du Viso et plus haut

Pour cette randonnée nous partons du parking de la Roche écroulée.

 

Le Mont Viso, en italien « la montagne qui est vue, le mont visible »,  le point culminant des Alpes Cottiennes 3841 m.

Le Guil, une rivière de 51 km de longueur, prend sa source près du mont Viso, traverse la vallée du Queyras, a donné son nom à la ville de Guillestre et se jette dans la Durance à Eygliers.

Photo de Catherine Garraud, 29-07-2017, la Salamandre de Lanza a capturé un criquet.

La Salamandre de Lanza est endémique du massif du Mont Viso. Décrite récemment en 1988, elle est proche de la Salamandre noire rencontrée en Suisse en juin 2021, dans le vallon du Nant à Bex (cf article du 30-07-2021) Nous n’avons pas eu la chance de la rencontrer.

Voici quelques-unes des plantes photographiées pendant cette balade.

 

La Renouée des Alpes a changé plusieurs fois de nom, Polygonum alpinum, Aconogonum alpinum, Koenigia alpina…Elle est absente de Haute-Savoie. En Savoie, il y a une petite station à Bessans. Au Mont Cenis la station a été détruite par le barrage. Europe et Asie, Alpes internes du sud, sur silice.

L’Ancolie des Alpes, Aquilegia alpina, est rare en Haute-Savoie, Protection Nationale.

La Campanule en épi, Campanula spicata, est une plante monocarpique : elle meurt après la floraison. Espèce des pelouses steppiques, Alpes internes, absente de Haute-Savoie (une récolte ancienne, localité imprécise, non retrouvée…).

Cette Centaurée n’a pas encore de nom … Ce n’est pas vraiment la sous-espèce alpestris de la Centaurée scabieuse, les capitules sont énormes ! Ce serait une Centaurée d’Europe centrale …

Le Cirse des montagnes, Cirsium alsophilum, forme des colonies denses. Il est rare en France : Hautes-Alpes, Alpes de Haute-Provence, Alpes-Maritimes.

La Centaurée de Trionfetti, Cyanus triumfetti, ressemble à notre Centaurée des montagnes, mais la marge noire des bractées est plus large, les franges sont plus longues et les feuilles sont grisâtres. Alpes internes du sud, rare en Savoie. Plante dédiée à un botaniste italien, Giovanni Battista Trionfettii.

La Dauphinelle douteuse, Delphinium dubium, a de longues grappes de fleurs bleu foncé. Alpes du sud, limite nord en Savoie (Bessans, Val-d’Isère).

La Gentiane jaune, Gentiana lutea, est commune chez nous, mais ici les fleurs sont souvent ponctuées de noir.

La Porcelle à une tête, Hypochaeris uniflora : sa tige robuste est renflée sous le capitule, nombreux poils crépus sur les bractées. Alpes et Carpates, en France en limite occidentale, Alpes internes du sud, espèce très rare en Savoie, à Bonneval.

La Minuartie de Clementi, Minuartia rupestris subsp. clementei, est rare en France, elle pousse sur des rochers schisteux dans le Queyras. Elle a été dédiée à Giuseppe C. Clementi (1812-1873), botaniste italien, professeur à Turin.

La Primevère marginée, Primula marginata, est endémique des Alpes du S-O. Avec ses feuilles dentées et ses fleurs violettes, elle est facile à reconnaître. Protection Nationale.  

On traverse le torrent (le Guil) et on remonte pour rejoindre le grand chemin forestier en rive droite. Un panneau indique : Pied des Lauzières, 1930 m. Nous allons en direction du Grand Belvédère pour voir 2 plantes rares…

Nous trouvons facilement la Grassette d’Arvet-Touvet, Pinguicula arvetii, fleurs violettes panachées de blanc, macules non clairement délimitées. Alpes internes du Sud, des Hautes-Alpes aux Alpes Maritimes. Elle a été découverte récemment, le 5 juillet 2023, en Savoie dans le vallon de la Lombarde à Bessans par Joël Blanchemain et Thierry Delahaye (bulletin FMBDS n° 257, 2025, p 56-62, disponible sur internet).  Casimir Arvet-Touvet (1841-1913), botaniste dauphinois spécialiste des Epervières, a repéré dans le Queyras cette Grassette, il l’a nommée Pinguicula variegata, la Grassette panachée. Mais le nom avait déjà été utilisé pour une Grassette de Sibérie. P.A. Genty a alors proposé de la dédier à son découvreur …

Mais nous n’avons pas trouvé la 2e plante : Isatis alpina, le Pastel des Alpes, une Brassicacée à nombreuses petites fleurs jaunes.

Voici des photos de Catherine Garraud : la plante en fleurs, juillet 2018 :

Et la plante en fruits, juillet 2023. Les fruits sont de grandes silicules ovales, les feuilles sont glauques.

 

Nous sommes un peu déçus car nous nous attendions à voir cet Isatis ! Mais la balade a été agréable, nous n’avons pas souffert de la chaleur (période de canicule !), nous avons rencontré un grand nombre de plantes différentes de celles que nous rencontrons habituellement chez nous, c’était une belle journée !

                                                                     Monique

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