7 Juillet 2026
Etym. : ammo-phila, qui aime le sable, sabulosa, du sable (en fait, elle recherche des terrains meubles, mais elle n’aime pas les endroits trop sableux.)
Le 17 juin, nous passons la journée chez une amie dans son petit chalet en Savoie, au-dessus de Bozel, à Mirabozon (1500 m).
Le matin, lors d’une petite marche dans les environs nous photographions entre autres, de nombreuses orchidées et insectes.
Vue sur l'Aiguille du Fruit 3048 m au-dessus de Courchevel
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Les Sabots de Vénus, Cypripedium calceolus et l’Orchis moucheron, Gymnadenia conopsea avec un Gazé, Aporia crataegi.
Sur un Grand Boucage, Pimpinella major, une Trichie fasciée, Trichius fasciatus et un Lepture rouge sang, Anastrangalia sanguinolenta.
En fin d’après-midi, au moment de partir, nous observons sur la terrasse près des escaliers, une Ammophile des sables, Ammophila sabulosa.
Cet hyménoptère appartient aux Sphécidés : 1,5-3 cm, corps noir, abdomen orange à l’avant, noir à reflets bleu sombre à l’arrière, il est relié au thorax par un long et fin « pétiole ». Les pattes sont noires.
Nous assistons à un beau spectacle : la femelle traîne sous son ventre jusqu’à son nid souterrain une chenille verte de noctuelle, qui servira à nourrir sa larve. En effet, l’ammophile a aménagé dans le sol une galerie plus ou moins verticale terminée par une loge à 4-5 cm de profondeur.
La chenille est beaucoup plus grande qu’elle, elle la maintient entre ses pattes avec ses mandibules. La guêpe fouisseuse a pris soin de la paralyser en lui injectant une série de piqûres dans chaque ganglion nerveux : elle est ainsi plus facile à transporter.
Mais ce n’est pas commode de cheminer avec une telle proie sur un terrain accidenté : les obstacles ne manquent pas, il faut les contourner !
Nous l’observons avec beaucoup d’intérêt. Plusieurs fois elle pose la chenille, s’en éloigne, revient, se remet à califourchon … C’est lourd, c’est fatigant ! Enfin, elle l’introduit dans la galerie verticale, puis elle se place du côté opposé et tire encore pour la faire disparaitre complètement.
Ensuite, l’ammophile prend soin d’obturer l’entrée du nid en faisant rouler avec ses pattes antérieures munies de peignes, des petits graviers …(photo Janine)
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L’accès est clos, l’entrée est camouflée : l’œuf et la larve seront à l’abri des prédateurs. Dans quelque temps la larve va s’alimenter de la chenille paralysée mais encore vivante.
En fait, nous n’avons pas vu l’ammophile pondre son œuf sur la chenille mais elle l’a peut-être fait sitôt sa proie capturée et paralysée (ou bien lorsqu’elle est rentrée dans le nid pour la tirer jusqu’au fond du nid ?)
Et surtout, n’oubliez pas de lire les « Souvenirs entomologiques » de Jean-Henri Fabre (1879), les Ammophiles série 1. C’est vraiment passionnant !
Claudie