27 Mars 2018
En automne, sur les sentiers en montagne, on rencontre souvent la chenille du Bombyx de la ronce. A cette époque, elle parvient à sa taille maximale : 8 cm. Avec l’habitude, on la reconnait facilement : noire, densément recouverte de soies, rousses sur le dos, grisâtres sur les flancs.
Si on essaie de l’attraper, elle s’enroule sur elle-même, ses poils fauves dessinant une belle roue. Autrefois, on la nommait « anneau du diable ». Elle ne mérite pourtant pas ce nom, elle est peu urticante !
La chenille se hâte, à la recherche d’un gîte convenable pour passer l’hiver.
Elle se mettra en diapause et ne se réveillera qu’au printemps. Elle s’exposera au soleil, mais ne s’alimentera pas.
En élevage, l’hivernage est délicat, il faut maintenir une certaine humidité… ce qui favorise les maladies !
J’avais rapporté la chenille trouvée en novembre à St Ferréol, sous l’Arclosan, mais ce fut un échec.
Par contre, un élevage mené au printemps fut réussi.
Lors d’une sortie raquettes, le 4 mars 2013, au-dessus de la Giettaz (Savoie), nous trouvons dans la neige une chenille (cf photo ci-dessus, anneau du diable). Nous la ramenons à la maison.
Le 14 avril, elle se nymphose dans un cocon brun, très mince, composé de soie et de poils larvaires.
Un papillon nait le 23 mai !
C'est un mâle reconnaissable à ses antennes pectinées et à sa livrée plus foncée. Nous le relâchons pour qu’il trouve une partenaire et perpétue l’espèce.
La femelle vole uniquement la nuit, alors que le mâle évolue en plein jour et au crépuscule.
La femelle dépose ses œufs sur les feuilles ou autour de la tige d’une plante hôte, en amas irrégulier, sur la ronce comme son nom l’indique, mais aussi sur bruyère, myrtille, hélianthème, plantain, rosier, prunellier…. On appelle la chenille « la polyphage ».
On trouve très souvent ces pontes
1-Trescléoux (05), bois de la Garenne 6-5-2017 ponte sur Chêne - 2- Trescléoux (05), l’Epine 8-6-2017 ponte sur Pavot de Lecoq
Les oeufs sont assez gros, peu nombreux (environ 200 selon André Lequet), beige clair avec un point apical sombre. Ils éclosent fin juin.
Notre amie Louise a photographié une femelle lors d'une chasse nocturne dans l'Aveyron.
Une femelle (antennes filiformes) pond sur le drap -Chasse nocturne, Aveyron 2017 (Photo : Louise H.)
C’est l’un de nos Bombyx les plus répandus (famille des Lasiocampidés), on le trouve dans des milieux ouverts très divers, secs ou humides.
N’hésitez pas à consulter « les pages entomologiques » d’André Lequet : c’est très complet, agréable à lire et bien illustré !
Claudie et Monique