21 Janvier 2019
Ce 16 janvier, en arrivant à la buanderie, un bruit m’intrigue. Je pense à une souris en train de grignoter, mais en me rapprochant de l’endroit d’où vient le bruit, je découvre à ma grande surprise qu’il s’agit d’un papillon aux couleurs orangées qui s’agite de toutes ses ailes entre le rideau et la vitre ensoleillée. D’où vient-il ? Logeait-il dans un des pots de fleurs rentrés au début de l’hiver ?
A mon approche, il s’immobilise ailes repliées : il est donc difficile de l’examiner.
Le dessous des ailes est sombre mais avec des zones de couleurs différentes.
Il bouge un peu et la lumière du soleil me laisse deviner à travers ses ailes la couleur orangée et les taches noires qui doivent orner le dessus des ailes.
Je vais chercher mon petit bouquin sur les papillons et mon mètre. Je mesure : longueur du papillon 2,5 cm, hauteur des ailes 3 cm.
Je le taquine un peu, espérant qu’il ouvre ses ailes. La patience est de rigueur et je peux enfin l’admirer. Je pense à une Petite Tortue, mais finalement j’opte pour la Grande Tortue : le dessous des ailes antérieures est peu contrasté.
Pour que ce papillon ne meure pas de froid, collé contre la vitre, je le dépose sur un des pots de fleurs. Je lui rends visite chaque jour. Aujourd’hui 18 janvier, je l’ai trouvé posé sur le sol.
La Grande Tortue qui normalement passe l'hiver en léthargie, nous annonce peut-être un printemps précoce !
Colette
La majorité des papillons de jour passent l’hiver à l’état d’œuf, chenille ou chrysalide. Toutefois, les Vanesses, dans leur grande majorité, hibernent à l’état de papillon.
A l’automne, elles recherchent des cachettes sombres et abritées où elles entrent en léthargie pour une période de 4 à 8 mois. Auparavant, elles accumulent d’importantes réserves indispensables à leur long jeûne hivernal. Le Paon du jour et la Petite Tortue constituent leurs réserves grâce au nectar des fleurs. La Grande Tortue, comme le Morio, le Vulcain et le Robert-le-Diable, préfèrent les fruits mûrs et les écoulements de sève.
Ces papillons devront supporter des températures très basses : heureusement, les glycérols et les sucres accumulés dans le tissu cellulaire vont agir comme des antigels.
Immobiles pendant plusieurs mois, les papillons devront se protéger d’éventuels prédateurs : le dessous sombre des ailes des Vanesses leur garantit un bon camouflage dans des lieux de retraite peu ou pas du tout éclairés (arbres creux, tas de bois, remises, granges, bâtiments peu fréquentés).
Par contre, un dérangement, un réchauffement anormal en hiver provoquent un réveil prématuré et donc une dépense énergétique imprévue qui peut être fatale au papillon.
Nous espérons que notre Grande Tortue saura vite se rendormir en attendant des jours meilleurs !
Voir sur le blog l’article sur la distinction Grande Tortue/ Petite Tortue, paru le 5 juin 2018
Claudie