5 Avril 2009
Du 24 juin au 1 er juillet 2006
L’Ubaye prend sa source au col du Longet à 2655 m d’altitude. D’une longueur de 83 Km, elle se jette dans la Durance au lac de Serre Ponçon. Le barrage de terre et de remblai a été mis en service en 1960. Le lac artificiel a une superficie de 28,2 km² (celui d’Annecy mesure 27,6 km²). Son altitude oscille entre 722 et 780 m selon le niveau de l’eau. Outre la production d’électricité, il est utilisé pour l’irrigation, l’alimentation en eau et le tourisme.
A Barcelonnette, un violent orage nous empêche de visiter la ville. Nous passons à St Paul sur Ubaye, puis une route étroite et sinueuse nous amène au pont du Châtelet. Construit en 1880, ce pont est classé monument historique.
Voici le village de Fouillouse à 1900m d’altitude. Nous sommes très bien accueillis au gite des Granges, une ancienne bergerie.
Nous suivons le GR 56. Après avoir traversé le Riou du Vallon, nous voici dans de belles prairies fleuries de séneçon à têtes, d’anémones à fleurs de narcisse, puis de renoncules des Pyrénées. Quelques mélèzes se dressent dans la lande à rhododendrons. Nous arrivons dans le vallon de Plate Lombarde. Deux lacs, un paysage minéral : nous aurions envie de nous attarder dans ce décor, mais le mauvais temps arrive.
Androsace vitaliana, Antennaria dioïca Pied de chat, Pinguicula vulgaris Grassette vulgaire, Dianthus pavonius Oeillet œil de paon, Leontopodium alpinum Edelweiss, Nigritella rubra ssp corneliana Nigritelle rose, Gymnadenia conopsea Orchis moucheron, Traunsteinera globosa Orchis globuleux,Rhododendron ferrugineum Rhododendron ferrugineux
Nous faisons un arrêt près du fort de Plate Lombarde. Ce sont trois casemates de ferraille et de béton, construites entre 1930 et 1940. (Ligne Maginot)
Pedicularis rosea Pédiculaire rose, Ornithogalum umbellatum Dame de onze heures, Clematis alpina Clématite des Alpes
Nous partons de Maljasset. C’est un village perché à 1905m d’altitude, aux maisons de pierre, coiffées de toits de lauze. Nous admirons l’église de Maurin, de style roman, classée monument historique, dont le porche est en marbre. Une carrière de marbre vert, en fait, une roche appelée serpentinite a été exploitée au 19ème siècle.
Nous suivons le vallon de Mary. Sur notre droite, se dressent les pics impressionnants de l’Aiguille Large et de l’Aiguille Pierre-André. Surprise ! A la bergerie supérieure de Mary : un hélicoptère livre le matériel nécessaire pour l’estivage. Nous prenons à droite en direction des lacs de Marinet.
Le décor est magnifique : deux lacs glaciaires aux couleurs surprenantes, de hautes montagnes et plusieurs glaciers rocheux. Sous cette couche de pierrailles se cache un noyau de glace.
Saxifraga oppositifolia Saxifrage à feuilles opposées, Thlaspi rotundifolium Tabouret à feuilles rondes, Pritzelago alpina ssp brevicaulis Pritzelago à tige courte
Nous continuons jusqu’au col de Marinet à 2784 m. Après un passage en Italie, nous voici au col de Mary.
Silene acaulis Silène acaule, Linaria alpina Linaire des Alpes
Nous partons de Fouillouse. Nous traversons une forêt de pins cembro puis de grands alpages aux pentes douces.
Dryas octopetala Dryade à huit pétales, Trifolium alpinum Trèfle des Alpes, Trifolium thalli. Trèfle de thal, Leucanthemopsis alpina Chrysanthème des Alpes, Lotus alpinus Lotier des Alpes, Linaria alpina Linaire des Alpes, Armeria alpina Armérie des Alpes , Botrychium lunaria Botryche lunaire, Berardia subacaulis Bérardie laineuse
Descente par Vallon Grand et, dans la forêt :
Aquilegia alpina Ancolie des Alpes, Pseudorchis albida Orchis blanc
Un sentier bien balisé, bordé d’edelweiss, nous amène au refuge CAF de Chambeyron et au lac Premier. Dans une ambiance haute montagne, nous découvrons le Lac Long, le lac de L’Etoile et le magnifique lac des Neuf Couleurs, encore gelé par endroits.
Après une traversée de névé un peu délicate, nous atteignons le col de la Gypière qui nous offre une vue impressionnante sur le vallon italien de Stroppia. De fortes rafales de vent nous obligent à faire demi-tour avant le sommet de la Fréma.
Petrocallis pyrenaica Petrocallis des Pyrénées, Gentiana orbicularis Gentiane à feuilles orbiculaires, Ranunculus glacialis Renoncule des glaciers, Primula marginata Primevère marginée, Thlaspi rotundifolium Tabouret à feuilles rondes
Pendant la descente, nous retrouvons les pelouses alpines avec :
Pulsatilla vernalis Pulsatille de printemps, déjà fanée, Helianthemum alpestre Hélianthème alpestre,
Alyssum alpestre Alyssum alpestre, Erysimum rhaeticum Vélar helvétique
Cette balade est une longue boucle qui nous permet de découvrir un ancien lac comblé par les alluvions des torrents et les éboulements. Situé au confluent de l’Ubaye et du torrent de Chabrière, c’est maintenant une vaste zone marécageuse, couverte de saules et de linaigrettes.
Nous traversons l’Ubaye, puis le ravin de Chabrière et nous suivons la rivière jusqu’à Maljasset. Le retour dans le mélézin est un enchantement : des tapis de renoncules, géraniums, rhododendrons et myosotis !
Plusieurs arbres subissent l’attaque de la tordeuse grise du mélèze.
Sempervivum arachnoidem Joubarbe aranéeuse, Campanula alpestris Campanule alpestre
Un troupeau de moutons envahit les pâturages au dessus du gite.
Nous passons sur l’autre rive de l’Ubaye, ce qui nous donnera une vue d’ensemble sur les massifs parcourus au cours de la semaine.
La balade commence par un beau lis orangé. Nous grimpons jusqu’à la cabane des Houerts, puis nous arrivons aux lacs : lac vert 2677 m et lac bleu 2645 m
Geum reptens benoite rampante, Daphne cneorum Daphné camélé, Saxifraga exarata Saxifrage silloné, Galium megalospermum Gaillet à grosses graines
En descendant nous retrouvons la bérardie laineuse.
Puis sur ce versant ensoleillé :
Onanis natrix La bugrane jaune, Campanula spicata La campanule en épi, Berberis vulgaris L’épine vinette
Ces randonnées, entre 1900 et 3000 m d’altitude, nous ont permis de belles découvertes dans une ambiance chaleureuse.


Berardia subacaulis Bérardie laineuse (Astéracées)
Etrange, insolite, survivante de temps révolus et sans lien avec la flore alpine qui nous est familière, on la distingue difficilement dans les éboulis calcaires ou schisteux.
Endémique dans les Alpes Occidentales (Dauphiné et Haute-Provence), elle pousse entre 1500 et 3000 m. Ses feuilles arrondies, gris vert, tomenteuses, irrégulièrement recourbées et bombées, sont disposées en rosette autour d’un ou deux capitules jaune-clair, entourés de plusieurs rangées de bractées laineuses.
C’est en 1789 que le botaniste français Dominique Villars lui donne le nom de bérardie, d’après le col de la Bérarde en Dauphiné. Aujourd’hui, rare témoin encore vivant de l’ère tertiaire, elle demeure un passionnant sujet d’étude pour les botanistes.
Janine Blanc