10 Février 2010
Etymologie incertaine : de couleur brune… Les Allemands appellent cet oiseau Braunelle ( braun = brun)…
Il a encore bien neigé. Je chausse mes raquettes et je pars depuis la maison pour faire un tour. J'observe encore la petite troupe de niverolles, puis je monte dans la forêt. En arrivant sur la route qui mène au col de l'Epine, je déchausse et m'apprête à descendre sur une centaine de mètres avant de retrouver le grand pré qui me ramènera à la maison.
C'est alors que j'aperçois un oiseau un peu terne, qui picore sur le bas-côté. Je pense aussitôt à un accenteur. Mais ce n'est pas l'accenteur mouchet que nous voyons d'ailleurs assez rarement. C'est son cousin, l'accenteur alpin qu'on identifie facilement à sa tête grise, son dos rayé, son bec fin, les points blancs qui forment deux rangées sur l'aile fermée, de belles flammes rousses sur les flancs. Il a la taille d'un gros moineau.
Peu farouche, il se laisse observer à quelques mètres et je prends de nombreuses photos.
Il marche à petits pas pressés, picore de-ci de-là, trottine au bord de la neige, fait quelques pas au milieu de la route, s'envole sur quelques mètres, se pose un peu plus loin sur le talus où la neige laisse apparaître quelques touffes d'herbe.
Il se nourrit de graines d'herbes ou de plantes, de petites feuilles, de baies, de graines de céréales dans le crottin...
En France, l'accenteur alpin vit dans tous les grands massifs montagneux (Alpes, Pyrénées, Massif- Central, Jura, Vosges.)
Il fréquente les pelouses rocheuses, les éboulis, les moraines à proximité plus ou moins immédiate des névés et des glaciers, dans l'étage alpin et nival (1800 à 3000 m), mais le plus souvent on le rencontre entre 2300 m et 2700 m d'altitude. Au refuge de Lechaux, face aux Grandes Jorasses, il avait picoré les miettes sur notre table.
Un record d'altitude a été noté aux Dômes de Miage (3610m) le 17 juin 1990 (Atlas des oiseaux nicheurs Rhône-Alpes) et Paul Géroudet signale une observation à 3920 m dans les Grisons !
C'est une espèce paléomontagnarde présente de l'Afrique du nord à la Chine. Elle est absente de la Scandinavie mais présente dans tous les massifs montagneux de la Sierra Nevada (Andalousie, Espagne) et dans le massif des Tatras à l'est des Carpates (Slovaquie et Pologne).
Dès les premières chutes de neige à l'automne, les accenteurs alpins quittent les sites de reproduction et descendent dans les vallées, au pied des montagnes, où ils passent l'hiver dans les rochers, les endroits pierreux qui rappellent le milieu alpin.
Parfois leur transhumance les mène très loin (Mézenc, Vivarais, Saou, Val de Drôme, plaine du Grésivaudan ou de Bièvre, et même rochers du littoral méditerranéen dans la Riviera…)
Cependant quelques-uns arrivent à subsister tout l'hiver en- dessus de 2000 m si les conditions ne sont pas trop dures.
On ne peut qu'admirer ce petit oiseau endurant au froid, au brouillard, à la neige !
Claudie