18 Janvier 2010
Cette année, les craves sont arrivés à Marlens le 3 novembre. Après un mois d'octobre très chaud, changement radical de temps : le 2 novembre, la neige tombe à 1200 m d'altitude, ce qui les contraint à descendre dans les vallées.
Le Crave a un long bec fin et arqué de couleur rouge, ce qui le distingue de son cousin, le Chocard à bec jaune. Ils sont presque de même taille, leurs pattes sont rouges et le plumage est noir.
C'est un oiseau sociable, comme le Chocard mais il forme des colonies moins nombreuses parce que ses effectifs sont plus restreints. Depuis que nous sommes installés à Marlens, nous avons la chance de retrouver chaque hiver ce bel oiseau.
Le 15 janvier, je vais faire un petit tour dans le grand pré en face de chez moi. J'ai encore entendu les craves ces derniers jours, aussi je vais essayer de les photographier...
Ils sont bien là : il y en a 10 posés dans un pré exposé au soleil et en partie déneigé, très occupés à se nourrir. Ils marchent, courent, sautent par dessus les mottes, enfoncent leur long bec comme une pioche, à la recherche d'insectes.
Lorsque je m'approche trop, ils s'envolent en poussant leur cri qui rappelle un peu celui du choucas des tours: un cri souvent doublé, assez élevé, avec une sonorité métallique.
Après avoir tourné, ils vont se poser un peu plus loin. J'irai photographier les traces de leur passage : c'est un vrai champ de bataille ! Des trous partout ! A travers la neige, ils ont exploré le fumier qui avait été épandu à cet endroit.
Depuis le 3 novembre, je les ai entendus très souvent, en novembre et décembre. Le secteur de Marlens semble donc être un lieu d'hivernage pour les craves des Aravis.
Le crave est présent dans les Pyrénées, les Causses et les Alpes, où il se reproduit de la Haute-Savoie aux Alpes- Maritimes. On peut le voir aussi en Bretagne, sur les côtes du Finistère et de Belle-Ile. En Haute-Savoie, sa population n'excède pas 6 à 10 couples. C'est une espèce protégée au niveau national. Il est classé dans les oiseaux nicheurs menacés et à surveiller en Haute-Savoie.
En été, les craves affectionnent les pelouses alpines pour la recherche de nourriture et s'installent en colonies dans les anfractuosités des parois rocheuses pour se reproduire.
Si au cours de vos balades dans le secteur des Aravis, vous observez « les craves de Marlens », soyez gentils, prévenez moi ! Je serais contente de savoir où ces beaux oiseaux passent les beaux jours.
Alors que j'observe les craves, j'ai la chance de voir un vol de niverolles au niveau des premiers lacets du col de l'Epine. Je ne les reconnais pas tout de suite.... mais le vol se rapproche et c'est une merveille ! « Ce vol est d'une rare beauté, aisé et souple, avec des battements rapides, des planées fréquentes… », « on dirait des papillons blancs avec un triangle noir au bout des ailes. » Paul Géroudet
Vite, je prends quelques photos. Combien sont-elles ? Certainement plus de 60, peut-être même 80 ? Elles se posent pas loin de moi sur un chemin encore bien enneigé et surprise... elles sont alors presque invisibles : le plumage est terne, gris, brun terreux avec du blanc et se confond avec le milieu.
Elles trottinent, picorent de ci de là. De temps en temps une ou deux s'envolent, déployant de longues ailes blanches et noires, une queue blanche frappée d'une bande médiane noire, et se reposent quelques mètres plus loin.
J'essaie de m'en approcher sans les effrayer, elles poussent des cris aigus, des appels nasillards.
Je prends encore quelques photos. Mais d'un coup, la petite troupe s'envole me laissant émue… j'ai assisté à un beau spectacle !
La niverolle est proche des moineaux, le bec est court et épais. En été, elle rôde en troupe sur les sommets, au bord des névés, dans les combes à neige...On l'observe aussi souvent sur les cols, près des hôtels, des cabanes d'altitude. Elle niche entre 2000 et 3000 m d'altitude.
En hiver, la plupart des niverolles restent en altitude. Cependant, les intempéries peuvent les contraindre à gagner les vallées, mais généralement pas en dessous de 1000 m d'altitude. L'année dernière, le 23 mars 2009, le jour de Pâques, il neigeait et nous avions observé 3 niverolles sur la route, au col de l'Epine : elles y étaient restées plusieurs jours.
Claudie