2 Novembre 2012
Peu répandu, ce Cortinaire pousse aussi bien en plaine qu’en montagne, le plus souvent sous feuillus (chênes …), parfois sous conifères. Saveur douce, odeur de radis, de pomme de terre…
Photo prise par Pierre R.
Son nom français : Cortinaire couleur de roucou, Cortinaire des montagnes.
On l’aurait appelé « Cortinaire des montagnes » suite à une erreur d’étymologie…
Cortinaire couleur de roucou, Cortinarius orellanus :
Orellanus de Orellana, nom d’un explorateur espagnol qui a nommé le fleuve Amazonie. Un arbuste d’Amérique du sud lui a été dédié, Bixia orellana, le Roucouyer, l’Arbre rouge à lèvre.
C’était une plante sacrée pour les Indiens. Le fruit à épines molles contient des graines qui servent à faire une teinture rouge. Les Indiens l’utilisaient comme peinture corporelle (… les « Peaux Rouges » !).
Aujourd’hui les Guadeloupéens font macérer les graines dans de l’huile « pour remplacer la tomate dans la cuisine ».
On utilise le roucou comme colorant alimentaire (E 160b). Certains fromages comme la mimolette, le cheddar, l’édam lui doivent sa couleur orangée. Le roucou servait à teindre les filets de haddock.
Couleur de roucou : ce cortinaire est rouge vif, roux.
Les exemplaire photographiés (lundi 22 octobre, réunion de détermination à Annecy) ont été trouvés près de Rumilly.
Jadis, on ne connaissait pas la toxicité de ce champignon. Dans les années 1950, il a beaucoup fait parler de lui, des dizaines de personnes ayant été intoxiquées en Pologne. Depuis on connaît mieux le « syndrome orellanien ».
Les premiers symptômes - une dizaine d’heures après l’ingestion- sont bénins. Les symptômes d’atteinte rénale apparaissent plusieurs jours après le repas fatal, entre le 4e et le 14e jour. Les intoxications à « latence » longue sont toujours très graves : on ne pense pas à la possibilité d’une intoxication par des champignons qui sont digérés depuis longtemps et les reins sont déjà très gravement atteints. Il est trop tard pour agir. La mort survient le plus souvent, après de grandes souffrances, ou, dans le meilleur des cas, dialyse à vie, transplantation rénale…
PRUDENCE !
Monique