4 Août 2016
Les pentes de l’adret depuis Château-Queyras (1350 m) jusqu’à Abriès (1540 m) sont très ensoleillées tout au long de l’année et reçoivent très peu de pluie. A Ville-Vieille, le « sentier des Astragales » nous fait parcourir des pelouses sèches steppiques très intéressantes.
La star de ces pelouses, c’est la* magnifique Astragale queue-de-renard qui pousse en abondance tout le long du sentier : Astragalus alopecurus, famille des Fabacées (= Papilionacées). Protection Nationale.
*Il faudrait dire « un » Astragale…. Mais… je n’y arrive pas !
Elle a changé plusieurs fois de nom : on l’a appelée Astragalus alopecuroides, nom que Linné avait appliqué à l’Astragale qui pousse dans la région de Narbonne. Ces deux plantes se ressemblent mais sont différentes. En 1968, Braun-Blanquet attribua à la plante des Alpes le nom d’Astragalus centralpinus. Elle a été appelée aussi A. maximus… Aujourd’hui il faut l’appeler Astragalus alopecurus Pallas 1800, Queue de renard des Alpes, Astragale Vulpin, Astragale queue de renard. Et Astragalus alopecuroides L. 1753 désigne la plante de la région de Narbonne, à inflorescences globuleuses, dents du calice un peu plus grandes que le tube.
Remarquez la couleur rousse de la forêt sur les pentes à l’arrière de Ville-Vieille. C’est un phénomène spectaculaire bien connu qui se produit de façon cyclique tous les 8-10 ans. La pullulation cyclique de la chenille de la Tordeuse grise du mélèze provoque la défoliation des mélèzes, la croissance des arbres est certes un peu ralentie, mais les aiguilles repoussent…
Au premier plan à droite, les Astragales…
C’est une grande plante (jusqu’à 1 m de haut), velue, blanchâtre. Les fleurs jaunes sont groupées en inflorescences ovoïdes.
Les inflorescences en boutons sont velues, toutes couvertes de poils, c’est tout doux !
Les fleurs sont nombreuses, celles du bas s’ouvrent en premier, quand les fleurs du haut s’épanouissent, celles du bas sont fanées.
L’araignée, c’est l’Epeire feuille-de-chêne, Aculeipera ceropegia.
La plante n’attire pas beaucoup les papillons. Nous avons remarqué qu’elle attirait surtout des Hyménoptères.
C’est une Sauterelle (les antennes sont longues) et c’est un mâle ( les cerques à l’extrémité de l’abdomen), Tettigonia sp.
Anoplodera sanguinolenta, un beau Longicorne (Cerambycidae)
En France, l’Astragale queue de renard est rare, elle est présente dans les Hautes-Alpes (Edouard Chas, 1994 : pas très rare, Gapençais, Queyras, Embrunais). Dans les Alpes-de-Haute-Provence la population est peut-être éteinte. En Corse, un seul site, Punta Alta sur la commune de Focicchia : la population est en forte diminution, 60 individus dans les années 1990, une dizaine seulement en 2015.
Elle est présente en Italie (Valtournenche et val de Cogne, à Epinel, juste après le tunnel de Lexert), en Bulgarie (Rhodopes-ouest d’après Conspectus 2012), en Turquie (au N-E d’après G. Pils), en ex-URSS…
C’est Peter Simon Pallas (1741-1811) qui l’a baptisée « A. alopecurus ». Entre 1768 et 1774, ce zoologiste et botaniste allemand a dirigé une expédition en Russie centrale et en Sibérie. C’est certainement durant cette expédition qu’il a collecté cette plante.
Monique