12 Novembre 2017
19 mars 2016
Poindimié, village de la province Nord de Nouvelle Calédonie. Il pleut. Rien d'inhabituel pour cette côte ouverte sur l'océan. Mais ce matin, j'ai rendez-vous avec un pépiniériste un peu spécial. Il habite plus au sud, dans la chaine, là où la pluie est encore moins inhabituelle.
Allez, du courage ! D'ailleurs à Bourail, à mi-chemin, le temps s'améliore. Plus d'hésitation. Mais à l'arrivée au col d'Amieu, la pluie a repris de plus belle et là il faut quitter la route pour s'enfoncer dans la forêt sur un étroit chemin de terre. Un véhicule 4/4 ferait bien l'affaire car il est difficile d'évaluer la profondeur des ornières gorgées d'eau couleur latérite. Ça monte, ça descend, ça glisse…
Voici enfin un bungalow et un ou deux hangars. L'accueil au "Verger d'Amieu" est assuré par quatre chiens fougueux. Dès que je mets pied à terre, ils s'empressent, en toute amitié, de transformer mon bermuda tout propre en serpillière boueuse. Le pépiniériste, prévenu par leurs aboiements, finit par sortir. Passionné et passionnant, il parle de son hobby qui consiste à faire pousser des palmiers et aussi l'Amborella trichopoda ! Cette plante ne se contente pas d'être endémique à la Nouvelle-Calédonie, elle ne pousse qu'aux alentours du col d'Amieu, dans la forêt pluvieuse.
Wikipédia nous dit qu' "elle appartient à la lignée la plus primitive des plantes à fleurs.". Science et Avenir la présente comme "l'ornithorynque des fleurs". "Dernière survivante d'une ancienne lignée dont l'évolution remonte au dernier ancêtre commun de toutes les fleurs".
Les conditions sont telles (brume, averses, hangar en grand désordre, manque de lumière…) que mes photos sont médiocres. La plante n'est, de son côté, pas spécialement photogénique.
Tant pis, l'émotion est quand même au rendez-vous.
L'heure suivante est occupée à rechercher des arbrisseaux d'Amborella, disséminés dans les fourrés d'alentours pour recueillir des graines. Activité plutôt sportive car là aussi la boue est très glissante ! Mais ces quelques graines au creux de ma main font vraiment mon bonheur.
Dominique
Albertville Nature