19 Mai 2019
Le nom de ce papillon est bien mal choisi, le bouleau n’étant cité comme plante-hôte occasionnelle qu’en Allemagne et en Scandinavie.
En fait, la femelle de ce Lycène pond sur les pruniers sauvages (Prunus spinosa, le prunellier -Prunus mahaleb, le prunier de Ste Lucie – Prunus padus, le merisier à grappes) et dans les jardins et les parcs, sur les pruniers cultivés (prunier, abricotier, cerisier).
Fin mars : le printemps est arrivé ! Le prunellier est un des premiers arbustes à fleurir dans notre région (Haute-Savoie). Il se couvre d’une multitude de petites fleurs blanches, les feuilles arrivent un peu plus tard.
Le prunellier porte des épines longues et acérées : on l’appelle d’ailleurs « Epine noire ». La pie grièche, oiseau des pelouses sèches, s’en sert parfois de « lardoir » pour y empaler certaines de ses proies (insectes, petits rongeurs, lézards…) : ça lui permet de les stocker. La pie-grièche utilise aussi les fils barbelés !
Les prunelles riches en tanins, à la saveur astringente, doivent être récoltées après les premières gelées : on peut en faire compotes, confitures, eaux de vie et liqueurs.
Mais revenons à notre papillon ! C’est une espèce localisée et discrète, répandue mais peu abondante, souvent vue isolément.
Difficile à découvrir car ce papillon vit la majeure partie du temps au sommet des buissons et des arbres.
30-9-2009 Frontenex (74) : une femelle, l’abdomen recourbé, dépose ses œufs très haut, sur le rameau d’un prunier.
La Thècle du bouleau vole de mi-juillet à mi-octobre. Elle se nourrit de miellat de puceron et plus rarement de fruits très mûrs. Elle butine occasionnellement les fleurs. Il faut la rechercher dans les haies, les broussailles, les lisières ensoleillées jusqu’à 1600 m.
En été, ce papillon entre vite en diapause estivale pour fuir la grande chaleur. C’est donc en automne qu’on l’observera le plus souvent.
En sortant de chez nous, le 30 novembre 2016, un papillon usé (c’est la fin de la saison !) se pose sur l’anorak de notre petite fille, puis sur le sol.
Dessous orangé orné de deux fines lignes blanches liserées de noir, identique pour les 2 sexes. Dessus brun foncé avec une large tache orange : c’est une femelle !
Si l’adulte n’est pas très facile à voir, il est bien plus simple de repérer les œufs en hiver. Amusez-vous à les chercher !
Ces petits œufs blancs sont fixés isolément ou par petits groupes, à l’aisselle des rameaux et des épines de Prunellier. Chez cette espèce, l’œuf hiverne.
Marlens (74) le 30-10-2016 - Plan Montmin (74) le 28-11-2011– œufs groupés par deux. On peut voir leur ornementation, ils sont alvéolés.
Farette, Albertville (73) le 3-4-2012– un œuf éclos : la chenille sort de l’œuf par un trou rongé au centre du chorion. (attention ! la chenille en haut de la photo n’est pas celle de la Thècle du bouleau.)
La chenille n’est pas facile à voir : active le soir et la nuit, elle passe la journée immobile sous une feuille, le long de la nervure médiane.
Brides (73) le 29-5-2014 – la chenille, comme celles des Lycènes myrmécophiles (= qui vivent avec des fourmis), a une forme particulière caractéristique : on dit que c’est une chenille onisciforme, du nom du Cloporte, Oniscus
(à suivre !)
Claudie