26 Décembre 2020
Le 14 juillet, en Haute-Maurienne, près de Bessans, nous remontons la rive gauche du vallon d’Avérole. Ce vallon abrite quelques jolis hameaux : la Goula (1755 m), les Vincendières (1830 m) et l’Avérole (2050 m).
A 1950 m, un peu au-dessus du torrent, nous traversons une zone alluviale où poussent de nombreux saules : saule noircissant (Salix myrsinifolia), saule fétide (Salix foetida), saule drapé (Salix eleagnos) et saule faux-daphné (Salix daphnoides).
Saule noircissant, Salix myrsinifolia et Saule fétide, Salix foetida (les feuilles sont bordées de glandes).
Le plus présent et le plus grand, c’est le Saule faux daphné (Salix daphnoides) qui se reconnait facilement à ses jeunes rameaux pruineux.
Saule faux daphné, Salix daphnoides : feuilles oblongues-lancéolées, finement dentées-glanduleuses, luisantes en dessus, glauques en dessous, jeunes rameaux pruineux
Des feuilles de Saule faux daphné rapprochées par des fils de soie nous intriguent : de nombreuses chenilles du Bombyx du saule, Leucoma salicis sont en train de se nymphoser dans des cocons lâches.
Chrysalides environ 20 mm, brun noir (d’où pointent des touffes de poils) à forte pilosité gris blanc. Sur certaines qui ne sont pas encore terminées, on reconnait encore les grandes taches blanches de la chenille.
Une ou deux chenilles ne sont pas encore chrysalidées : 40 mm de long, gris bleuâtre, à longue pilosité, avec une large bande dorsale noire rehaussée de grandes taches blanches encadrées par des verrues sétigères rouge vif ; verrues identiques sur les flancs.
Des papillons viennent d’émerger, ils sont d’un blanc satiné : « The White Satin », « Pappelspinner ». Les tarses sont annelés de noir.
Pendant notre pique-nique, deux papillons se sont accouplés sur la manche de notre ami !
La femelle déposera ses œufs sur la plante nourricière par groupes de 50 à 80, recouverts d’une sécrétion blanche et spumeuse qui durcira à l’air. Les jeunes chenilles vivront ensemble sous les feuilles de saule, dont elles rongeront l’épiderme. Après la 1ère mue (à 3-4 mm), elles hiverneront dans un petit abri (hibernarium) tissé parmi les feuilles mortes ou dans une écorce. Au printemps, elles termineront leur développement.
Le Bombyx du saule appartient à la famille des Erebidae - ex Lymantridae. Le 13 juillet au matin, au camping de l’Illaz à Bessans, une quinzaine de Bombyx du saule attirés par la lumière, s’étaient noyés dans l’eau restée au fond d’un lavabo. D’autres étaient posés dans les sanitaires.
L’Avérole est le plus haut hameau de Bessans. Il a conservé son architecture traditionnelle de pierre et de lauzes.
Au retour, sur le versant sud, nous avons fait d’autres rencontres.
... une très belle journée !
Claudie