21 Janvier 2023
A Pralognan, le 3 juillet, en redescendant du Bochor, nous sommes intrigués par un petit papillon de nuit -envergure 22-33 mm - posé sur le dessous d’une plante, brun avec deux lignes de marques blanches parallèles : c’est une Hépiale*, l’Hépiale de la fougère.
Le papillon vole de mai à juillet presque partout en France, dans les bois de feuillus, les allées riches en végétation herbacée. Les chenilles se développent dans les racines de fougères, mais aussi d’autres plantes, Rumex, Primula, Erica…
Son abdomen est relevé, je pense donc que c’est une femelle en posture d’attrait. Mais je me trompe !
Chez cette espèce, c’est le mâle qui attire la femelle et non l’inverse !
Le mâle de l’Hépiale de la fougère possède un dispositif d’attraction original et raffiné : un organe odoriférant situé sur les pattes postérieures !
En effet, la 3ème paire de pattes est spécialement transformée, elle ne sert plus à la locomotion ! Le tarse manque, le tibia est fortement élargi, une cavité y abrite une touffe d’écailles odoriférantes. On comprend mieux le nom vernaculaire donné à ce papillon, « Patte-en-masse » et son nom scientifique « Phymatopus » : « phymato », enflure et « pus », patte, la patte postérieure est épaissie.
Croquis tirés du livre « Les papillons et leurs biotopes » Pro Natura – Ligue suisse pour la protection de la nature.
Phase de repos : le papillon glisse le tibia avec les écailles odoriférantes dans une poche de l’abdomen, de sorte que ces écailles ne sont pas visibles. Pratique, non ?!
Phase d’attraction : les écailles odoriférantes sont déployées en éventail, ces phéromones sentent l’ananas !
Les femelles attirées par les phéromones volent au ras des mâles, se posent à proximité et l’accouplement intervient très rapidement.
J’ai beaucoup regretté, j’aurais dû observer de plus près ce papillon. J’aurais aimé voir et photographier ce dispositif étonnant !
* Les Hépiales : les jardiniers les connaissent bien ! Ils redoutent leurs larves blanchâtres, translucides qu’ils trouvent en retournant la terre du potager.
La Sylvine, Triodia sylvina (photo Marlens 74) et sa chenille (photo Lepi'Net) qui fait des ravages dans les jardins !
Ces chenilles appelées « vers gris » se nourrissent des racines de nombreuses plantes (fraisiers, framboisiers, salades…), elles creusent de larges tunnels dans le collet, ce qui ralentit la croissance et provoque le flétrissement des plants.
Claudie