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Attention ! Intoxications à l’amanite phalloïde !

Le réseau MYCOTOX a été mis en place grâce au Dr Philippe Saviuc, médecin référent de la FMBDS (Fédération mycologique et botanique Dauphiné-Savoie) et de la SMF (Société Mycologique de France), associations reconnues d’utilisé publique.

Ce réseau reposant entièrement sur le bénévolat est composé de son référent, Philippe Saviuc, par ailleurs responsable de la toxicovigilance au CHU de Grenoble (poste supprimé pour des raisons budgétaires en septembre 2012 !!!), et des 47 associations fédérées, en étroites relations avec le Dr Corine Pulce, Centre régional antipoison de Lyon.

Le Dr Corine Pulce constate en ce moment en moyenne 5 appels par jour pour des intoxications par ingestion de champignons. Tel : 04.72.11.69.11

 

 

La FMBDS dont l’objectif numéro un est la prévention des intoxications indique une forte poussée de champignons toxiques et mortels en région Rhône-Alpes (voir son site http://www.fmbds.org/toxiques.html ) :

 

En 2012, on continue à mourir par imprudence,

par ignorance ou par excès de confiance

en « testant » des champignons

 

Les équipes médicales, notamment aux urgences et en réanimation font des prouesses mais ne peuvent rien faire contre l’imprudence des consommateurs.

 

Depuis début octobre 2012 seulement, il est à déplorer en Rhône-Alpes TROIS intoxications par ingestion de champignons sauvages et malgré tous les soins prodigués par des équipes médicales très compétentes, deux personnes ont perdu la vie et la troisième risque des séquelles jusqu’à la fin de ses jours.

   2 personnes (une femme de 75 ans et un homme de 38 ans), sans lien entre eux, ont « testé » des champignons sauvages.

L’hospitalisation pour syndrome phalloïdien (atteinte hépatique et rénale) a abouti à leur décès.

 

   1 autre personne de 75 ans a présenté les signes de ce même syndrome phalloïdien avec troubles digestifs majeurs dont une insuffisance rénale majeure.

L’importance et la gravité des séquelles est difficile à estimer à ce jour.

 

   A noter qu’en novembre 2011, une poussée tardive d’amanites phalloïdes avait attiré l’attention d’un consommateur adulte (dans un cimetière, cela ne s’invente pas !). Il n’avait pas hésité à « tester » leur comestibilité. Il a été sorti d’affaire grâce à une équipe médicale compétente mais nous ne connaissons pas à ce jour les séquelles de cette consommation imprudente en raison du secret médical qui couvre ce dossier.

 

 

Le syndrome phalloïdien :

Incubation longue, d’une durée supérieure à 6 heures après l’ingestion : une intoxication potentiellement mortelle doit être suspectée. Responsable de 90 à 95% des décès liés aux champignons

Symptôme = signe de l’intoxication : ex : nausées, diarrhées, hallucinations, sueurs, modification du rythme du cœur…

Syndrome : regroupement de symptômes

 

Quelques responsables :

Amanites : Amanita phalloides, Amanita virosa, Amanita verna, ...                                       

Lépiotes : Lepiota helveola, L. brunneoincarnata, L. josserandii, ...                                          

Galères : Galerina marginata

 

Amanita-phalloidea.jpg

Amanite-phalloide--3--copie-1.jpg

 

Amanita phalloides limace                                               Amanites phalloïdes  (Amanita phalloides)

Lepiota cristata Cons 10.06.JPG                                                       Lépiote crétée   (Lepiota cristata)

                   Cette petite lépiote est dangereuse comme toutes les petites lépiotes.


Symptomatologie

Incubation silencieuse de plus de 6 h puis successivement :

       Gastro-entérite aiguë (forte diarrhée)

       Rémission trompeuse possible

       Destruction du foie et/ou insuffisance rénale majeure

Décès pouvant survenir entre le 6e et le 10e jour

 

Traitement

Il doit être mis en œuvre rapidement.

En raison des progrès de la réanimation et les possibilités de greffe du foie, le taux de mortalité est passé de 50 % (1965) à 10 %

 

Principes toxiques

Amatoxines : responsables des problèmes hépatiques

 

La présence conjointe d’un anneau et d’une volve doit alerter le ramasseur sur le risque de se trouver en présence d’une amanite phalloïde, d’où l’importance de bien cueillir le pied

En 2011 on a dénombré plus de 1600 intoxications avec 45 graves dont 32 syndromes phalloïdiens  (dont 2 ayant conduit au décès)

 

Le 13 et 14/10/2012, à l’exposition du Club mycologique et botanique de Meyzieu, plusieurs visiteurs ont indiqué « tester » des champignons de manière régulière sans s’inquiéter de savoir si ces espèces présentent un risque. C’est ce comportement qui amène à consommer des espèces mortelles ou toxiques.

Le 14/10 : une personne est venue avec un spécimen de champignon qu’elle a récolté en abondance et « en boutons ». Alors qu’elle en consommait chaque jour depuis 3 jours, elle s’apprêtait à en faire consommer à ses petits enfants. Il se trouve que par le plus grand des hasards il s’agissait seulement dAgaricus xanthoderma (à odeur très forte d’encre) dont les conséquences gastriques sont loin d’être aussi graves que celles dues à l’Amanita phalloïdes ou à certaines lépiotes. Sans trouver d’avis formel auprès de différents pharmaciens, elle a pris conseil auprès d’un de ses voisins qui lui a indiqué une méthode de contrôle pour le moins originale digne du Moyen-Âge: « ajouter de l’ail à sa préparation et, si le champignon ne verdit point, c’est que le champignon est comestible ».

Notre sympathique personne a donc testé la comestibilité de sa récolte en ajoutant de l’ail à sa préparation et ne voyant pas de vert …Qu’en aurait-il été s’il avait été question de très jeunes amanites phalloïdes « en bouton » ou de sa forme blanche ? et si ses petits enfants en avaient consommé ?

 

Règles de consommation

       Exemplaires

      ramassés jeunes

      ramassés en bon état

      correctement déterminés

      bien conservés (au frais)

      bien cuits

      consommés en quantité modérée et jamais à plusieurs repas consécutifs

       Prudence, en particulier pour les enfants, femmes enceintes, personnes âgées etc.

 

Dans tous les cas, la consommation de champignons requiert la plus grande prudence, le risque toxique étant parfois mortel par atteinte des reins, du foie et d’autres organes.

Indépendamment de leur toxicité naturelle, un nombre de champignons dits comestibles peuvent accumuler des métaux lourds (pollution industrielle), des pesticides ou des engrais (pollution agricole) ou encore des radioéléments (pollution radioactive).

 

Enfin, une morale écologique et civique de la cueillette est indispensable : les champignons poussent dans des bois privés ou publics et l’on doit respecter la cueillette et les lois sur la propriété d’autrui notamment.

 

Espérance Bidaud

Présidente FMBDS

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