3 Mars 2013
Le Jaseur appartient à la famille des Bombycillidés (Bombyx : nom grec du ver à soie – cilla : faux mot latin qui signifie « queue »). Cette famille doit son nom à l’apparence soyeuse du plumage des espèces qui la composent. Les Allemands l’appellent « Seidenschwanz » « queue soyeuse ».
La queue se termine par une barre jaune vif. Les plumes des ailes aux extrémités jaunes et rouges semblent trempées dans de la cire, d’où le nom de « Waxwing », « aile de cire » donné par les Anglais.
Bombycilla garrulus : garrulus signifie bavard, jaseur.
Jaseur de Bohême : en fait, notre Jaseur ne niche pas en Bohême, mais il y passe souvent l’hiver.
Le Jaseur est la seule espèce de cette famille présente en Europe. Une autre espèce vit au Canada et aux Etats-Unis : le « Jaseur d’Amérique » ou « Jaseur des cèdres ».
Les apparitions irrégulières, parfois spectaculaires des Jaseurs n’ont pas manqué de frapper l’imagination populaire. Jadis, ces invasions étaient considérées comme des signes de malheur. Appelé « oiseau de peste » aux Pays-Bas et « oiseau de guerre » dans les pays baltes, le Jaseur boréal a donc mauvaise réputation.
Son arrivée massive lors de l’hiver rigoureux de 1914 n’a fait que la conforter. L.Ternier écrivait dans Le Chasseur Français en juillet 1919 : « De nos jours, les paysans croient encore à la légende du jaseur. Ils assurent que les ailes du jaseur, dont quelques plumes sont terminées par une petite partie dénudée semblable à une gouttelette de cire rouge, pleurent des larmes de sang. Cette fois encore, les évènements ont donné raison à la légende. Combien de sang a coulé depuis le dernier passage des jaseurs ? Il serait donc là, le jaseur des vieilles légendes et que les anciens appelaient Avis incendiaria, oiseau portant avec lui le feu du ciel et des enfers… »
Il n’y a pourtant rien à craindre avec les jaseurs ! Ils ne sont pas du tout farouches. Paul Géroudet dit qu’ils sont d’un tempérament bonasse et flegmatique. On peut les approcher assez facilement. D’ailleurs la grande confiance de ces oiseaux en font des victimes faciles pour les tendeurs qui les convoitent pour orner leur volière, ou pour les braconniers.
C’est une espèce protégée.
Cet hiver, nous avons la chance de pouvoir observer ces magnifiques oiseaux dans notre pays, certes en moins grand nombre que pendant l’hiver 2004-2005 où 12 000 à 25 000 jaseurs avaient investi la France (Alpes, Vosges, Alpes du sud, Massif Central et même la Bretagne !)
Nous les avions bien observés à St Jorioz (digue à Caille) et aussi sur le plateau de Plainejoux où ils se nourrissaient de cynorrhodons.
Profitons-en, car il nous faudra attendre quelques années avant de les retrouver !
Claudie
Les photos qui illustrent cet article ont été prises par un ami Roger F.