19 Avril 2012
Ocelles du Petit Paon femelle
Ocelles du Petit Paon mâle
Ocelles des magnifiques plumes de la queue du paon mâle
Mon Petit Paon de nuit est donc né le 29 mars…
Ce papillon ne s’alimente pas, il n’a pas de trompe. Sa durée de vie est donc très limitée : environ une semaine, juste le temps qu’il faut pour se reproduire - s’accoupler et pondre !
Notre femelle reste immobile, elle n’essaie pas de voler, elle attend l’arrivée d’un mâle…
Elle aurait d’ailleurs du mal à s’envoler car son abdomen est très gros, rempli par les œufs à féconder !
Les mâles sont capables de repérer de très loin (plusieurs kilomètres) une femelle prête à l’accouplement. Ils captent les substances odoriférantes émises par les femelles (les phéromones) grâce à leurs antennes très sensibles. Chez le Petit Paon de nuit, les mâles volent en plein jour (c’est pourtant un papillon « de nuit » !).
J.-H. Fabre raconte : « Le jour des Rameaux, dans la matinée, le cocon à nasse me donne une femelle de Petit-Paon, aussitôt séquestrée sous cloche en toile métallique dans mon cabinet. J’ouvre la fenêtre de la pièce pour laisser l’évènement se divulguer dans la campagne ; il faut que les visiteurs, s’il en vient, trouvent accès libre. La captive s’agrippe au treillis et plus ne bouge d’une semaine.
Viendra-t-il, l’élégant inconnu…tant il semble rare dans ma contrée ? …Toute la semaine, chaque fois vers midi, à l’heure de la plus vive illumination, des papillons arrivent, mais en nombre décroissant. Le total se rapproche de la quarantaine…Le Petit-Paon … célèbre ses noces aux éblouissantes clartés du milieu du jour… »
Déception (pour elle et pour moi !) : à Lathuile, aucun mâle ne s’est présenté vers midi le 30 mars. Rien le 31 mars, toujours rien le 1e avril …
Chaque jour nous avons mangé à midi sur la terrasse, notre papillon tout près de nous sur la table… Mais pas une seule visite… N’y a-t-il pas de Petits Paons dans les environs ?
Pourtant nous avons déjà trouvé des chenilles dans la région…
Celle-ci a été photographiée dans la Réserve du Bout du lac tout près de chez moi le 6 juin 2005.
Et celle-ci, qui semble être à un stade plus avancé, c’était à Marlens le 23 mai 2007.
Plus haut en altitude, nous avons trouvé des chenilles dans des tourbières, à Beauregard, aux Creusates, au lac de Sainte-Hélène etc.
ENFIN !!!
Le 1e avril à 17 h, la terrasse est déjà à l’ombre….
Notre papillon est toujours sur la table sur la terrasse…
SURPRISE, un papillon s’approche, il vole à toute allure près de la maison, sur la terrasse, sous la table… Il est de couleur orangée, mais il vole tellement vite et de façon saccadée qu’il est difficile de voir les détails… Mais je suis sûre que c’est un Petit Paon de nuit mâle !
Il s’approche tout près de notre femelle, mais il continue à voler sans l’avoir trouvée…
Le pauvre, il s’épuise !
Il s’éloigne…. Quel dommage ! Pourquoi n’a-t-il pas trouvé la femelle ?
Ouf ! 20 mn plus tard, il revient ! Fébrilement il cherche encore…
Et voilà un 2e mâle qui arrive !
Sur ma mauvaise photo on devine la femelle prise en sandwich entre les deux mâles… Les papillons sont très agités, c’est la foire d’empoigne !
L’un a réussi à s’accoupler, l’autre comprend qu’il est de trop ! Bientôt il s’éloigne laissant en paix le couple… Espérons qu’il va trouver une autre femelle dans les parages !
Le « kama sutra » des petits paons : plusieurs positions sont essayées…
17 h 30- 19 h 30 : l’accouplement dure 2 heures.
Après l’accouplement la femelle n’a pas perdu de temps : à 20 h elle a déjà pondu des œufs, 2 manchons autour d’un rameau de pommier que j’ai placé dans la boîte…
20 h 10, le mâle essaie un 2e accouplement, mais la femelle ne se laisse pas faire…
Le mâle s’agite, puis il se calme…
20 h 30 : la femelle est tombée sur le dos, elle bat des ailes mais n’arrive pas à se remettre à l’endroit.
Je l’aide, elle monte sur le rameau et pond encore quelques œufs (20 h 35).
Maintenant ses ailes sont abimées.
Le mâle semble épuisé, il ne bouge plus.
J.-H. Fabre raconte que sa femelle de petit paon de nuit a attiré une quarantaine de mâles en une semaine… Je n’en ai vu que deux… Il se peut que d’autres mâles soient venus pendant mon absence ! J’ai été présente près de la boîte aux heures du repas de midi, le moment privilégié pour les accouplements d’après J.-H. Fabre.
Mais l’après-midi je n’étais pas là ! Candide, je pensais que les mâles allaient se poser sur la boîte et attendre mon retour pour que j’ouvre le couvercle !
Ce qui m’étonne, c’est que J.-H. Fabre n’a pas parlé de l’accouplement. A-t-il maintenu sa femelle prisonnière ?
La mienne a pondu et maintenant j’attends avec impatience la naissance des petites chenilles…
( à suivre ???)
Monique