8 Octobre 2013
VALMEINIER 1800. Départ pédestre de notre rando annuelle ouverte à tous nos amis. Plus d’une quarantaine de présents ! Beaucoup de succès car Paul nous réserve toujours une sortie qui promet de magnifiques paysages souvent peu connus.
« Sous le soleil », a promis la météo ! En effet, tout semble parfait. La station est occupée par une foule d’estivants.
Nous empruntons le GR du « Tour du Mont Thabor », et après quelques lacets nous quittons les remontées mécaniques heureusement ! Selon les affinités, les capacités, les groupes s’échelonnent en remontant la vallée du ruisseau des Marches en direction du col du même nom, que les premiers atteignent avant midi (2725 mètres).
A l’est, à nos pieds, nous admirons le lac de Bissorte, retenue E.D.F., à 2082 mètres. Pas une ride ! Ses dimensions : longueur 545 mètres, hauteur du barrage : 63 mètres. Construit en 1935.
Tout de suite Claudie, Odette, José,… s’accroupissent pour… herboriser PARDI !!
S’ils pouvaient dénicher la plante rare !... D’autres commentent le paysage : au nord le Crêt de Longefour et au sud la Roche Noire nous encadrent. Nous ne voyons pas le Mont Thabor masqué par les sommets proches.
Certains entreprennent de suivre un sentier à flanc d’éboulis en direction du sud-est. Surprise : au bout, un agréable coin de pelouse nous accueille. Nous dominons toujours le lac mais nous pouvons aussi admirer le fameux Mont Thabor perdu dans des écharpes de brumes.
Ceux qui sont venus jusque là décident d’y manger.
Au retour, dans l’éboulis je m’attarde, pour observer des plantes remarquables qui s’accrochent dans les failles terreuses : discrète linaire alpine aux lèvres mauve protégeant un cœur orangé, renoncule des glaciers dont la corolle blanche vire à la lie de vin en vieillissant et enfin benoîte rampante jaune d’or. Quand les graines de cette dernière mûrissent, elles s’enroulent tout d’abord en un tourniquet parfait avant de s’étaler en boules floconneuses. Tous les stades étaient représentés.
Linaire alpine
Renoncule des glaciers
Benoite rampante (stolons)
Benoite rampante en fruits
Et nous avons aussi admiré le coussinet de l'Androsace alpine.
Au retour, beaucoup se décident à passer par le petit lac de Roche Noire où certains avaient pique-niqué. Il porte bien son nom car il est enchâssé dans des blocs rocheux.
Pour ma part, je décide de prendre les devants et d’attendre tout le monde pour le regroupement. Je m’arrête près d’une minitourbière le long du torrent. Des truitelles fuient et se réfugient sous les touffes des rives creuses. Nous sommes pourtant à 2200 mètres d’altitude ! Des têtards trapus de grenouilles rousses (ils possèdent déjà leurs pattes arrière) se regroupent aux endroits ensoleillés.
J’ai la chance de capturer un lézard vivipare parmi les sphaignes et les saules nains. Je le conserve pour le montrer aux premiers arrivants. C’est une femelle reconnaissable à son ventre blanc-jaunâtre (bronzé chez le mâle). Ce reptile aime les lieux humides et peut vivre jusqu’à 3 000 mètres. Vivipare veut dire que ses jeunes naissent vivants mais en réalité il est ovovivipare car les œufs éclosent dans le ventre de la mère. Ils ne sont pas pondus dans un endroit chaud comme chez notre lézard des murailles (ovipare) : milieu montagnard oblige !!
Peu à peu tout le monde se regroupe. Nous sommes en avance. Discussions, sieste dans l’herbe. Le temps commence à se brouiller ; c’est aussi le moment de descendre.
Nous attendons le car une demi-heure à la station puis nous allons manger à Valmeinier 1500. La pluie nous surprend en plein apéritif. Nous nous régalons tout de même avec le chant des copains de la chorale de Marlens accompagnés, comme de bien entendu, à la guitare, par le dynamique chef Jean-Marc.
A l’an prochain …
ROBERT