14 Mai 2015
J’ai eu la chance de revoir cette pulsatille mi-avril dans le nord Isère. J’ai cherché à en savoir un peu plus.
Les pulsatilles appartiennent à la famille des Renonculacées. On en compte plusieurs dizaines d’espèces et sous-espèces sur le territoire national. Aujourd’hui, elles font partie des Anémones qui regroupent en un genre unique Anemonoides, Hepatica, Homalocarpus et Pulsatilla. Il faudrait donc les appeler Anémones : Anémone rouge- Anemone rubra. Elles font partie des plantes sans calice apparent, même si ce que l’on voit ressemble aux pétales d’une fleur. Il s’agit en fait de sépales ou bractées pétaloïdes ou tépales qui sont au nombre de 6/7.
Cette pulsatille est facilement repérable par sa couleur rouge-brun, couleur qui peut varier légèrement selon les régions et l’exposition. Elle devient quasiment noire à la dessiccation.
Les sépales pétaloïdes sont couverts de poils blancs, les étamines externes sont jaunes et stériles. Les feuilles sont découpées, 2 à 4 fois pennatiséquées (divisées un peu comme une feuille de fougère), glabres à l’état adulte.
Elle préfère les terrains secs et steppiques, sur calcaire. Elle est présente dans le centre de la France, en Rhône-Alpes et dans les Pays de Loire et elle fait l’objet d’une protection dans ces deux dernières régions. Dans le nord Isère, elle a été relevée dans 11 communes seulement (plateau de Crémieu), mais elle est hélas en régression.
La pulsatille rouge, par sa couleur, est très proche de plusieurs autres espèces, comme par exemple la pulsatille des montagnes (montana), des prés (pratensis ou nigricens) ou encore vulgaire (vulgaris).
D’autres espèces ou sous-espèces sont de couleur plus claire ou tirant sur le violet-rose : c’est le cas Pulsatilla rubra var. serotina et Pulsatilla vulgaris var. costeana (ou Pusatille de Coste) ci-dessous, deux endémiques des Causses que nous avions découvertes lors du diaporama en 2013.
Notre département n’offre hélas aucune de ces pulsatilles violacées. On rencontre chez nous, de couleur blanche avec l’envers des tépales souvent rosé ou violacé, la pulsatille des Alpes (alpina) et la pulsatille de printemps (vernalis), cette dernière avec l’envers des tépales très duveteux…
… et de couleur jaune sur terrain acide l’anémone soufrée (apiifolia).
Au sens propre, l’anémone est la "fleur du vent". Mais elle est vite défigurée sous les vents forts, aussi est-elle devenue le symbole de l’amour fragile, de courte durée.
Pierre