13 Novembre 2018
Le 18 octobre, nous avons randonné dans le secteur du Chinaillon - Grand Bornand. Nous sommes partis du plateau de Samance et sommes montés au Roc des Tours (1994 m).
Nous sommes redescendus de ce sommet par un sentier très escarpé.
Descente sous le Roc des Tours - au loin, le massif du Mt Blanc - au télé : Mt Maudit, Mt Blanc du Tacul et Mt Blanc
Nous avons cheminé sur un vaste plateau de lapiaz incliné Sud-Est.
Comment se forme un lapiaz ?
Le calcaire est particulièrement soluble sur les bancs de roche peu inclinés. L’eau de pluie dissout le calcaire et sculpte alors de profondes rigoles en s’infiltrant dans les fissures.
Les fissures, rigoles et cannelures des champs de lapiaz sont particulièrement favorables à l'installation de certaines plantes. Au fil des ans, leur décomposition constituera un sol permettant l'installation d'arbres et arbustes.
Pendant la descente, nous avons photographié quelques plantes :
la Renoncule vénéneuse, Ranunculus thora – une renoncule jaune facile à reconnaitre avec sa grande feuille en forme de rein transformée en dentelle par les premiers froids.
le Raisin d’ours des Alpes, Arctostaphyllos alpina – contrairement au Raisin d’ours, Arctostaphyllos uva-ursi, ses feuilles sont caduques et rouges en ce début d’automne.
Voici des photos prises en bas du plateau du Roc des Tours
En arrivant au-dessus du chalet de la Gaudinière à 1645 m, nous avons rencontré une « sauterelle » : l’Antaxie marbrée, Antaxius pedestris, classée dans les Dectiques et Decticelles.
Lorsque nous l’avons découverte, elle était cachée dans les herbes.
Nous l’avons attrapée, l’avons posée sur un rocher pour la photographier plus facilement.
Corps 15-23 mm, antennes très longues. Sa livrée, grise avec des marbrures plus ou moins foncées, lui permet de se camoufler dans un milieu minéral. C’est une femelle : l’oviscapte est droit et long.
L’Antaxie marbrée ne vole pas, ses élytres sont très réduits, presqu’entièrement cachés sous le pronotum, chez la femelle. Mais elle saute très loin !
Les adultes se montrent d’août à octobre.
En France, cet orthoptère est présent dans le S-E. C’est une espèce répandue, mais assez discrète. On ne la rencontre pas souvent : elle est essentiellement nocturne, mais on peut la voir aussi durant la journée.
Elle vit dans des milieux chauds, généralement parsemés d’arbres et arbustes. Elle aime les lapiaz, les pelouses rocheuses, les éboulis.
Le 15 août 2017, nous l’avions photographiée sur le sentier, au sommet de la Belle Etoile (1841 m), sur la commune de Seythenex.
Un peu déçus de n’avoir observé lors de cette belle randonnée, ni le Gypaète barbu, ni les bouquetins…mais ce sera pour une autre fois !
Claudie