22 Décembre 2018
Nous avons parlé de ce papillon dans un précédent article (16-6-2016).
Ce petit Sphinx possède une très longue trompe, 25 mm, soit environ la longueur de son corps. Il butine les fleurs (lavande, verveine, buddleia, centranthe, belle de nuit, pétunia) aux corolles plus ou moins profondes, en vol stationnaire, à la manière des oiseaux- mouches, on l’appelle d’ailleurs « Sphinx colibri ».
Le 13 novembre, sur le bord de la fenêtre, un Sphinx colibri est curieusement immobile sur une fleur de Dipladenia.
Ces fleurs spectaculaires, originaires des régions tropicales d’Amérique du sud, appartiennent à la famille des Apocynacées (comme la Pervenche, le Laurier rose…).
Je comprends vite ce qui lui est arrivé, je déchire la corolle : la trompe est coincée dans le tube étroit ! Le papillon se débat, mais il réussit à se dégager et reprend vite son envol.
Nous savons que certaines plantes s’avèrent des pièges mortels pour certains papillons et plus spécialement pour le Moro-sphinx. Ainsi, l’Oenothère rose, Oenothera speciosa (Onagracées), une espèce originaire du Mexique, utilisée comme plante d’ornement.
La revue de la FRAPNA Drôme, en 2001, signale que cette plante s'est installée sur les berges artificialisées du Rhône et y piège de nombreux Moro-sphinx. Heureusement, les populations de ce papillon sont, dans nos régions, renforcées chaque année par de nouvelles générations venues d’Afrique. Ainsi, l’espèce ne paraît guère en danger. Mais cette plante serait à déconseiller aux jardiniers, paysagistes et aménageurs, malgré le charme indéniable de ses grandes fleurs rose tendre.
Nous avons aussi entendu parler d’une Apocynacée originaire du Pérou, Araujia sericifera, l’Araujia porte-soie, introduite dans le sud de la France, une menace pour plusieurs insectes pollinisateurs parmi lesquels notre petit Sphinx. C’est pourquoi on lui donne le nom de « liane cruelle », « crual vine ».
Heureusement cette histoire s’est bien terminée, mais souvent le papillon ne peut se dégager et meurt d’épuisement.
Claudie