6 Juin 2019
Ils tiennent leur nom d'un dieu égyptien "Serapis" ou "Sarapis", nom adopté par les Grecs qui l'attribuèrent à une orchidée réputée aphrodisiaque. On compte une vingtaine d'espèces de sérapias dont 8 en France (S. lingua, olbia, strictiflora, neglecta, cordigera, vomeracea, nurrica et parviflora), deux en Rhône-Alpes (S. lingua et vomeracea) surtout concentrées en Ardèche, hélas aucune en Savoie. Tous les sérapias sont interdits de commerce en Europe.
Les Sérapias ne ressemblent pas aux orchidées que l'on voit couramment chez nous. De prime abord, les différentes espèces sont proches : les feuilles sont vertes élancées, la tige vert rougeâtre, les fleurs rouge vineux à violacé dans une composition qui ne rappelle pas forcément les orchidées. Mais à y regarder de plus près, ils en possèdent toutes les caractéristiques : des feuilles à nervures parallèles, une bractée enveloppant plus ou moins la fleur composée de 3 sépales et 3 pétales dont 2 en casque peu ouvert et un formant un labelle ; et bien sûr tous les appareils de reproduction.
Leur détermination se fait à partir de la forme et de la position du labelle et de la forme des callosités situées à la base du labelle ou hypochile. L'autre partie lancéolée, en forme de langue ou de cœur, qui termine le labelle est dénommée épichile.
Je n'avais jamais eu l'occasion de voir des sérapias dans la nature et lors d'un stage botanique dans l'arrière-pays niçois, fin mai-début juin 2019, nous avons pu en observer et déterminer 4 espèces.
Serapias lingua : en dessous d'une diagonale Sud-Bretagne / Isère – Protégé en Bretagne, Région Centre, Limousin, Rhône-Alpes.
Généralement de 10 à 30cm, il peut atteindre 50cm. L'inflorescence en épis est lâche, les fleurs présentent 2 pétales longuement effilés, le labelle lancéolé, parfois légèrement rabattu. La callosité est bien noire, luisante, convexe. Il produit de nombreuses tubercules, d'où une importante multiplication par voie végétative et le développement de véritables colonies d'individus dans certains espaces favorables.
Serapias olbia : dans les Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Corse et Var – Protégé en PACA.
Serapias olbia : dans les Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Corse et Var – Protégé en PACA.
La tige est de 10 à 30cm. Inflorescence en épi court, l'épichile du labelle, fortement rabattu, est pourvu d'une pilosité dense. La callosité est profondément sillonnée en deux crêtes parallèles.
Une autre forme de S. olbia est présente dans le Var avec une inflorescence plus allongée et des fleurs plus petites.
Serapias strictiflora : seulement dans les Alpes-Maritimes, Corse et Var – Pas de protection particulière.
Il peut atteindre 40cm. Inflorescence en épi allongé avec peu de fleurs. L'épichile est rouge pourpre noirâtre, souvent dirigé vers l'avant. La callosité est profondément creusée, munie de crêtes latérales rapprochées ± parallèles.
Comme S. lingua, il développe des tubercules formant des colonies.
Serapias neglecta : seulement dans les Alpes-Maritimes, Corse et Var – Protégé en France.
Sa hauteur se limite à 30cm. L'épi floral est court, large, trapu et dense. Le casque est largement ouvert. L’épichile est habituellement de couleur plus pâle que l'hypochile. Les pollinies sont verdâtres.
Parfois en colonies importantes, sa floraison est précoce.
Les 4 autres sérapias que nous n'avons pas vus :
Serapias cordigera : en-dessous d'une ligne Nord-Bretagne / Pyrénées orientales – Protégé pour partie en Bretagne, Pays de Loire, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, dans les Alpes-Maritimes, Corse et Var.
Serapias vomeracea : en dessous d'une ligne Charente-Maritime / Alpes-de-Haute-Provence - Pas de protection particulière.
Serapias nurrica : seulement en Corse, disparu du Var - Protégé en France.
Serapias parviflora : sur les façades méditerranéenne et atlantique jusque dans les Côtes-d'Armor - Protégé en France.
Il faut noter que les sérapias peuvent facilement s'hybrider entre eux, ce qui complique leur détermination.
(Certaines photos sont issues de sites internet, notamment FLOREALPES)
Pierre