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Galles vues dans les Alpilles

1 Les belles galles rouges du Chêne kermès

Dans la garrigue on rencontre un petit chêne à feuilles persistantes, le Chêne kermès, Quercus coccifera. Le nom « kermès » vient du nom d’une cochenille qui le parasite, Kermes vermilio. De même le nom de genre « cocci-fera » signifie « cochenille, je porte ». Cette cochenille servait autrefois à la fabrication d’une très belle teinture rouge écarlate déjà connue des anciens Grecs.

Fin avril dans les Alpilles, sur le chemin des Opies, des chênes kermès en fleurs. Au premier plan le Ciste blanchâtre, Cistus albidus à fleurs roses et le Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius, à fleurs blanches.

Fin avril dans les Alpilles, sur le chemin des Opies, des chênes kermès en fleurs. Au premier plan le Ciste blanchâtre, Cistus albidus à fleurs roses et le Ciste à feuilles de sauge, Cistus salviifolius, à fleurs blanches.

Les feuilles ressemblent un peu à celles du houx. Petites, coriaces, persistantes, luisantes des deux côtés et munies de dents, elles sont adaptées à la sécheresse.

Les feuilles ressemblent un peu à celles du houx. Petites, coriaces, persistantes, luisantes des deux côtés et munies de dents, elles sont adaptées à la sécheresse.

Les chênes kermès sont en fleurs. Les fleurs mâles sont minuscules mais très nombreuses, de couleur jaunâtre. Pollinisation par le vent.
Les chênes kermès sont en fleurs. Les fleurs mâles sont minuscules mais très nombreuses, de couleur jaunâtre. Pollinisation par le vent.

Les chênes kermès sont en fleurs. Les fleurs mâles sont minuscules mais très nombreuses, de couleur jaunâtre. Pollinisation par le vent.

Les jeunes feuilles sont souvent rougeâtres : c’est dû à la présence d’anthocyanes. Les anthocyanes bloquent une partie du rayonnement solaire, ils protègent des coups de soleil : c’est une adaptation aux fortes intensités lumineuses.  Un autre avantage de cette couleur rouge : les jeunes feuilles tendres sont appétissantes, mais, colorées en rouge, elles sont amères et astringentes, donc indigestes, immangeables, elles seront épargnées par les herbivores !

Les jeunes feuilles sont souvent rougeâtres : c’est dû à la présence d’anthocyanes. Les anthocyanes bloquent une partie du rayonnement solaire, ils protègent des coups de soleil : c’est une adaptation aux fortes intensités lumineuses. Un autre avantage de cette couleur rouge : les jeunes feuilles tendres sont appétissantes, mais, colorées en rouge, elles sont amères et astringentes, donc indigestes, immangeables, elles seront épargnées par les herbivores !

Sur les feuilles du Chêne kermès, on rencontre souvent de très jolies galles rouges, brillantes.

Ces galles sont provoquées par une petite « mouche » de la famille des Cynipidae, un Hyménoptère, Plagiotrochus quercusilicis.

La galle englobe presque complètement le limbe qui se trouve réduit à ses seules épines marginales. Chaque galle contient plusieurs loges.
La galle englobe presque complètement le limbe qui se trouve réduit à ses seules épines marginales. Chaque galle contient plusieurs loges.

La galle englobe presque complètement le limbe qui se trouve réduit à ses seules épines marginales. Chaque galle contient plusieurs loges.

La galle n’est pas localisée seulement sur les feuilles mais elle peut infecter parfois les fleurs mâles : c’est une galle de printemps. On l’a longtemps attribuée à une autre espèce, Plagiotrochus fusifex. Mais des travaux de 1998 ont montré que ce taxon n'est pas distinct de Plagiotrochus quercusilicis malgré la différence de localisation. (Alain Ramel)
La galle n’est pas localisée seulement sur les feuilles mais elle peut infecter parfois les fleurs mâles : c’est une galle de printemps. On l’a longtemps attribuée à une autre espèce, Plagiotrochus fusifex. Mais des travaux de 1998 ont montré que ce taxon n'est pas distinct de Plagiotrochus quercusilicis malgré la différence de localisation. (Alain Ramel)

La galle n’est pas localisée seulement sur les feuilles mais elle peut infecter parfois les fleurs mâles : c’est une galle de printemps. On l’a longtemps attribuée à une autre espèce, Plagiotrochus fusifex. Mais des travaux de 1998 ont montré que ce taxon n'est pas distinct de Plagiotrochus quercusilicis malgré la différence de localisation. (Alain Ramel)

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2 Galles sur Pistachier térébinthe

Nous avons vu aussi des galles sur le Pistachier térébinthe, Pistacia terebinthus. Ce Pistachier a un nombre impair de folioles, il a une foliole terminale (le Pistachier lentisque a un nombre pair de folioles, pas de foliole terminale), il perd ses feuilles en hiver. Le térébinthe est moins méditerranéen que le Lentisque, il remonte jusqu'en Savoie et même en Haute-Savoie (val de Fier, limite nord). Famille des Anacardiacées, comme la noix de cajou.

Fin avril, le Térébinthe a des feuilles, il est en fleurs et de jeunes feuilles apparaissent encore …(ph 2 Dominique S.)
Fin avril, le Térébinthe a des feuilles, il est en fleurs et de jeunes feuilles apparaissent encore …(ph 2 Dominique S.)

Fin avril, le Térébinthe a des feuilles, il est en fleurs et de jeunes feuilles apparaissent encore …(ph 2 Dominique S.)

Ce sont des galles sèches de l’année précédente que nous rencontrons. Le puceron Baizongia pistaciae provoque ces grandes galles pointues en cornes d’abord vertes ou rouges, dépassant parfois 15 cm. En provençal, on appelle le Térébinthe lou Pesouious, le Pouilleux, l’Arbre à poux : à l’intérieur de la galle il y a jusqu’à 15 000 pucerons gris cendré. Plusieurs générations se développent pendant l’été. La galle grandit aussi longtemps que les pucerons n’ont pas émigré.

Ce sont des galles sèches de l’année précédente que nous rencontrons. Le puceron Baizongia pistaciae provoque ces grandes galles pointues en cornes d’abord vertes ou rouges, dépassant parfois 15 cm. En provençal, on appelle le Térébinthe lou Pesouious, le Pouilleux, l’Arbre à poux : à l’intérieur de la galle il y a jusqu’à 15 000 pucerons gris cendré. Plusieurs générations se développent pendant l’été. La galle grandit aussi longtemps que les pucerons n’ont pas émigré.

Photo prise en Turquie début novembre : la galle est encore rouge, mais elle ne va pas tarder à sécher.

Photo prise en Turquie début novembre : la galle est encore rouge, mais elle ne va pas tarder à sécher.

(Photo Dominique S.) En automne l’arbuste perd ses feuilles, les pucerons vont coloniser des racines de graminées et les galles vides deviennent noirâtres, elles subsistent plusieurs mois. Au printemps le cycle recommence …

(Photo Dominique S.) En automne l’arbuste perd ses feuilles, les pucerons vont coloniser des racines de graminées et les galles vides deviennent noirâtres, elles subsistent plusieurs mois. Au printemps le cycle recommence …

L’hôte primaire des pucerons Baizonga pistaciae est le Pistachier lentisque, les hôtes secondaires sont des graminées…

L’hôte primaire des pucerons Baizonga pistaciae est le Pistachier lentisque, les hôtes secondaires sont des graminées…

Une autre galle moins spectaculaire déforme les feuilles : la moitié du limbe d’une foliole de Térébinthe se replie en demi-lune.

La galle renferme des pucerons, je crois qu’il s’agit de Forda formicaria. Ils la quittent en septembre-novembre et eux aussi ils migrent sur les racines de graminées, hôtes secondaires. Ces colonies de pucerons sont toujours fréquentées par les fourmis…

La galle renferme des pucerons, je crois qu’il s’agit de Forda formicaria. Ils la quittent en septembre-novembre et eux aussi ils migrent sur les racines de graminées, hôtes secondaires. Ces colonies de pucerons sont toujours fréquentées par les fourmis…

Pour terminer voici deux autres galles sur Pistachiers.

Forda marginata, à Rhodes le 30 avril 2013. (Photo C. Fortune)

Forda marginata, à Rhodes le 30 avril 2013. (Photo C. Fortune)

Aploneura lentisci, la galle en croissant du lentisque, également à Rhodes, mais sur Pistachier lentisque. (Photo C. Fortune)

Aploneura lentisci, la galle en croissant du lentisque, également à Rhodes, mais sur Pistachier lentisque. (Photo C. Fortune)

Monique

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