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Le Prunier de Briançon

Le Prunier de Briançon
Le Prunier de Briançon

Prunus brigantina Vill. 1779 = Prunus brigantiacaPrunier de Briançon

Il a été décrit par Dominique Villars, le botaniste dauphinois, en 1779.

Histoire des plantes de Dauphiné, 1786-1789 (3 volumes)
Histoire des plantes de Dauphiné, 1786-1789 (3 volumes)

Histoire des plantes de Dauphiné, 1786-1789 (3 volumes)

L’emblème du Briançonnais porte aussi d’autres noms : Marmot(t)ier, Afatoulier, Affatchou, Abrignon, Prunier des Alpes, Abricotier de Briançon…

C’est un arbuste de la famille des Rosacées qui peut atteindre 5 m de haut.

C’est un arbuste de la famille des Rosacées qui peut atteindre 5 m de haut.

Il pousse entre 1000 à 2000 m d’altitude dans des lieux secs. C’est une espèce xérophile, héliophile (qui aime les climats chauds et secs, qui aime le soleil).

Il pousse entre 1000 à 2000 m d’altitude dans des lieux secs. C’est une espèce xérophile, héliophile (qui aime les climats chauds et secs, qui aime le soleil).

 Le Monêtier (Hautes-Alpes)

Le Monêtier (Hautes-Alpes)

Flora Gallica : Alpes du Sud, 700-1800 m, fourrés montagnards et subalpins surtout sur adrets, landes à Juniperus sabina (Genévrier sabine) – Orophyte ouest-alpin.

Ses feuilles sont elliptiques à ovales, avec une base plus ou moins cordiforme, irrégulièrement dentées, nervures pubescentes dessous. Les fleurs sont petites, blanches, groupées par 2 à 5, très courtement pédonculées.

Flore de Coste n° 1086

Flore de Coste n° 1086

Les fruits (des drupes) sont jaunes et de la taille d’une mirabelle. Ils sont appétissants, mais ils sont fermes et âpres, ils sont immangeables crus. 

Le Prunier de Briançon

Le Prunier de Briançon pousse dans les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes et aussi dans le val de Suse en Italie.

J’aime aller fin septembre dans la vallée de la Guisane où il y est très abondant pour faire provision de ses fruits. Je l'ai vu aussi à Névache (vallée de la Clarée) à 1600 m, dans la vallée de la Durance et dans le Haut Verdon sur la route du col d'Allos à 1900 m.

La prune, le noyau, l’amandon

La prune, le noyau, l’amandon

Jadis on fabriquait une huile à partir des amandons (les amandes contenues dans les noyaux) : l’huile de marmote, à ne pas confondre avec l'huile de marmotte (animal) commercialisée en Suisse, en Allemagne, en Autriche et utilisée contre les rhumatismes…  
L’amandon contient 48 % de matière grasse mais il est tellement petit qu’il faut beaucoup de temps et de main d’œuvre pour l’extraire. La composition de l’huile de marmote est proche de celle de l’huile d’amande. Sa faible teneur en acides gras polyinsaturés faisait de cette huile une bonne huile de table utilisable aussi en friture.

Lors des veillées, on cassait les noyaux avec un maillet sur une grande pierre plate garnie d’alvéoles … On récupérait les amandons et on les portait au moulin.  Mais les rendements sont très faibles, le dernier moulin à huile doit fermer à Suse en 1923. A Salbertrand (Italie), on peut en voir un exemplaire rénové.

En 2007, à la Roche-de-Rame (pays des Ecrins), « les passeurs de mémoire » ont perpétué la tradition.

Ils ont récolté 120 kg de prunes, cassé 14 400 noyaux et obtenu 2.4 kg d’amandons. Après pressage, ils n’ont récolté que ¾ de litre d’huile ! Les Anciens avaient du courage !

L’huile est très bonne, elle a une saveur de noisette. On peut l’utiliser en huile de table, huile de massage pour les rhumatismes, l’arthrite, sur les plaies mal cicatrisées, pour les problèmes de peau. On ne l’utilisait pas pour l’éclairage : trop rare, trop chère ! Un litre était échangé contre 2 litres d’huile de noix ou 3 litres d’huile d’olive.

                                       Françoise Benoit (à suivre)

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