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Les Rhagies

Les Rhagies (Rhagium) ont un aspect trapu et des antennes courtes et robustes et pourtant, ce sont des Longicornes (Capricornes) : elles appartiennent à la famille des Cerambycidés. On les rencontre dans les milieux boisés.

Il y a 4 espèces en France, pas faciles à différencier pour les débutants, hormis la Rhagie bifasciée.

Photo Internet - insectes.org galerie

Photo Internet - insectes.org galerie

La Rhagie bifasciée, Rhagium bifasciatum 15-20 mm, commune un peu partout, sur feuillus et résineux,  est facile à reconnaitre avec ses motifs sur les élytres.

Rhagium bifasciatum : St Martin-Vésubie (06) juillet 2010 et Plateau des Glières (74) juillet 2013
Rhagium bifasciatum : St Martin-Vésubie (06) juillet 2010 et Plateau des Glières (74) juillet 2013

Rhagium bifasciatum : St Martin-Vésubie (06) juillet 2010 et Plateau des Glières (74) juillet 2013

La Rhagie sycophante, Rhagium sycophanta. C’est la plus grosse 15-25 mm, on la trouve surtout sur les chênes.

Rhagium sycophanta : col de Marocaz, Cruet (73) juin 2016
Rhagium sycophanta : col de Marocaz, Cruet (73) juin 2016

Rhagium sycophanta : col de Marocaz, Cruet (73) juin 2016

La Rhagie mordante, Rhagium mordax 11-20 mm, la moins commune, on la rencontre surtout dans le Nord et le Centre, sur feuillus et aussi sur conifères.

Rhagium mordax : Grands Crêts, Seythenex (74) mai 2009

Rhagium mordax : Grands Crêts, Seythenex (74) mai 2009

Rhagium mordax : St Ruph, Seythenex (74) mai 2022
Rhagium mordax : St Ruph, Seythenex (74) mai 2022

Rhagium mordax : St Ruph, Seythenex (74) mai 2022

Les Rhagies sont en général peu attirées par les fleurs sauf cette espèce, Rhagium mordax.

Rhagium mordax sur une aubépine, Le Reposoir (74)

Rhagium mordax sur une aubépine, Le Reposoir (74)

Rhagium mordax sur une apiacée, Combe d’Ire, Doussard (74)

Rhagium mordax sur une apiacée, Combe d’Ire, Doussard (74)

La Rhagie inquisitrice, Rhagium inquisitor 9-15 mm. Pourquoi un tel nom ? Personne n’a encore trouvé ce qu’elle cherche, mais nous, nous la recherchons ! C’est la plus commune… et nous ne la connaissons pas encore !

La larve se développe pendant 2 ans sous l’écorce des bois morts des résineux (pin, mélèze, épicéa, cèdre), avec une préférence pour le Pin sylvestre. Grâce à ses mandibules, elle se nourrit de bois en décomposition, c’est une espèce saproxylophage. Avec sa tête très plate, elle se déplace entre le bois et l’écorce, pour se frayer un passage tout en grignotant pour se nourrir.

Avant de se nymphoser, elle construit autour d’elle une loge. Elle arrache des fibres d’aubier et les entrelace : cela fait penser à un minuscule petit nid !

Rhagium inquisitor : petite loge faite de fibres entrelacées. Photo Vesonne, Faverges

Rhagium inquisitor : petite loge faite de fibres entrelacées. Photo Vesonne, Faverges

Son travail accompli, la larve s’immobilise, devient nymphe, puis un insecte parfait émerge et abandonne la logette au printemps.

Dans notre région, la Haute-Savoie, nous observons souvent ces logettes sous l’écorce des pins sylvestres abattus.

Photos : Ponnay, Talloires et Montagne du Villard, Faverges (74)
Photos : Ponnay, Talloires et Montagne du Villard, Faverges (74)

Photos : Ponnay, Talloires et Montagne du Villard, Faverges (74)

Mais ces loges sont anciennes, elles ne sont plus occupées. Nous n’avons encore jamais vu ni la larve ni l’insecte adulte !

On rencontre la Rhagie inquisitrice en montagne et dans les grandes pinèdes du sud, mais avec la multiplication des plantations de résineux, elle est en extension.

Nous aimerions rencontrer cet insecte qui est parait-t-il commun, même en ville !

 

                                               Claudie et Monique

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