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Retour botanique 2024 au Col de Vence (06)

En 2019, j’avais participé à un séjour botanique dans l’arrière-pays niçois, organisé par l’Association Pulsatile. Nous avions alors présenté avec Josette Ducorps qui participait elle-aussi à cette session, un diaporama le 19 décembre 2019.

Cette année, à peu près à la même époque, nous avons passé, Cathy et moi, une petite semaine à Nice, dans le cadre d’un séjour plus touristique. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de consacrer une journée à un des sites qui m’avait marqué : le col de Vence, situé à une quarantaine de kilomètres de Nice.

Hélas, comme en 2019 la météo n’était pas de notre côté, une pluie fine intermittente ne nous a pas lâchés de la journée.

Un peu avant le col, je voulais remonter une piste pastorale qui mène au plateau de Mangia-Pau sur le Plan des Noves (= Terres Neuves) pour revoir entre autres quelques belles orchidées que nous avions vues alors en quelques exemplaires seulement.

Le plateau de Mangia-Pau sur le Plan des Noves

Le plateau de Mangia-Pau sur le Plan des Noves

Le Plan des Noves fait l’objet d’un Parc Naturel Départemental de plus de 900ha, riche de plus de 50 espèces végétales protégées. C’est l’ancien grenier du Pays de Vence (blé, sarrasin, sainfoin…).

Dès le départ sur le bord de la piste, l’ail rose (Allium roseum subsp roseum) de la famille des Amaryllidacées, avec son inflorescence bien fournie de fleurs à pétales roses sans nervures marquées et ses anthères jaune-orangé. Cet ail est bien répandu dans les friches méditerranéennes, ce qui correspond bien au milieu du Plan des Noves.

L’ail rose

L’ail rose

 Bientôt nous rencontrons le beau glaïeul des moissons (Gladiolus italicus) de la famille des Iridacées, avec ses fleurs rose-fuchsia et ses longues anthères fertiles. Il est présent mais en régression dans la moitié sud de la France, dans les cultures ou friches vivaces. Le glaïeul fait partie des plantes messicoles.

Le glaïeul des moissons

Le glaïeul des moissons

Juste à côté, un lin blanc (même s’il apparait bleuté sur la photo, dû vraisemblablement au temps gris), de la famille des Linacées, c’est Linum suffruticosum (= salsoloides), le Lin à feuilles de Salsola.

Le lin à feuilles de Salsola

Le lin à feuilles de Salsola

Juste avant de déboucher sur le plateau lui-même, une belle touffe d’Anthyllis des montagnes (Anthyllis montana) de la famille des Fabacées borde la piste. Ses feuilles sont vert grisâtre, velues, à folioles nombreuses, ses fleurs rose pourpre à odeur agréable de framboise : encore que là, avec le temps gris et pluvieux, elles ne dégageaient pratiquement aucune odeur.

L’anthyllis des montagnes

L’anthyllis des montagnes

A côté, un Chardon laiteux (Galactites tomentosus) de la famille des Astéracées, bien épanoui, avec ses fleurs tubulées roses et ses feuilles finement pennées et tachées de blanc, très épineuses.

Ce chardon est présent dans le sud de la France, dans les lieux incultes et zones de friches du pourtour méditerranéen et remonte la vallée de la Garonne.

Le chardon laiteux

Le chardon laiteux

Les bosquets de Ciste cotonneux (Cistus albidus), de la famille des Cistacées, sont très nombreux sur le plateau, bien repérables par les feuilles très tomenteuses sur les deux faces et les grandes fleurs roses (jusqu’à 6cm).

Ce Ciste est très répandu sur le littoral méditerranéen élargi.

Le ciste cotonneux

Le ciste cotonneux

Avant d’en arriver au véritable objectif de cette journée, nous rencontrons une plante qui se repère de loin avec ses fleurs d’un jaune particulièrement lumineux : le Radis ravenelle (Raphanus raphanistrum) de la famille des Brassicacées qui n’est pas une rareté.

Cette plante fréquente les terrains de cultures, dans toute la France. Peut-être est-ce un reliquat de l’époque où ce plateau était très cultivé.

Le radis ravenelle

Le radis ravenelle

Très vite nous allons voir de nombreuses orchidées. Peu d’espèces différentes, mais en grand nombre. L’Orchis bouffon (Anacamptis morio) avec son gros casque marqué de lignes vertes bien visibles. Comme en 2019, il est bien présent dans les deux couleurs : rose-violacé et blanc.

L’orchis morio blanc
L’orchis morio blanc

L’orchis morio blanc

L’orchis morio rose violacé
L’orchis morio rose violacé

L’orchis morio rose violacé

Celle que je voulais revoir pour ne l’avoir vue qu’en quelques exemplaires peu spectaculaires en 2019 : l’Orchis papillon (Anacamptis papilionacea). Plus gâté cette année, car il y en avait des dizaines et des dizaines, tous plus beaux les uns que les autres, avec son large labelle rose rayé de rouge vineux.

C’est une plante méditerranéenne, en régression.

 

L’orchis papillon
L’orchis papillon

L’orchis papillon

Autre orchidée en beaucoup plus grand nombre qu’en 2019, l’Orchis tridenté (Neotinea tridentata) avec ses fleurs roses, ponctuées de pourpre, en épis court et son labelle trifide.

Il est présent dans un petit quart sud-est de la France, mais surtout en région méditerranéenne.

L’orchis tridenté
L’orchis tridenté

L’orchis tridenté

Autre belle orchidée peu vue en 2019 : l’Ophrys de Bertoloni (Ophrys bertolonii) qui se reconnait avec son labelle large, très sombre, en forme caractéristique de ‘’selle de cheval’’ et ses pétales roses marqués d’une nervure verte.

On trouve cet Ophrys sur le pourtour Est de la côte méditerranéenne, remontant le bassin inférieur du Rhône.

L’ophrys de Bertoloni
L’ophrys de Bertoloni

L’ophrys de Bertoloni

Et puis tout seul, faisant pâle figure au milieu de toutes ces couleurs, un Orchis bouc (Himantoglossum hircinum) avec son labelle linéaire torsadé.

On le rencontre sur tout le territoire français.

L’orchis bouc
L’orchis bouc

L’orchis bouc

La météo ne m’a pas permis de fouiller plus longtemps le secteur. De ce fait, je n’ai pas revu les orchidées vues en 2019, comme l’Ophrys élevé (Ophrys exaltata), l’Ophrys de Provence (Ophrys provincialis), l’Orchis d'Hyères (Orchis olbiensis), l’Ophrys de Sarato (Ophrys saratoï), l’Ophrys décrépi (Ophrys  vetula) ou encore l’Ophrys verdissant (Ophrys virescens).

Juste un peu frustrés, retour à Nice par le Plateau de Caussols et Saint-Vallier-de-Thiey pour voir le Bec de Grue de Rodier (Erodium rodiei) de la famille des Géraniacées, seulement présent dans les Préalpes de Grasse.

L’erodium de Rodier

L’erodium de Rodier

                                                              Pierre et Cathy

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