25 Novembre 2014
Pourquoi « autruche » ?
Ses grandes frondes (ou feuilles…jusqu’à 1 m de long, parfois plus) ressembleraient à des plumes d’autruche…
D’où le nom d’espèce « struthiopteris », du grec « struthion » autruche et « pteris » fougère.
Quant au nom de genre, il honore Carlo Matteucci (1811-1868), un physicien et homme politique italien…
Cette touffe a été photographiée en Pologne, au Centre d’accueil de Turtul, en juillet 2012 (elle était cultivée).
La fougère présente 2 sortes de frondes, au centre des frondes fertiles et tout autour des frondes stériles (comme notre fougère Blechnum spicant).
Inutile de chercher les spores, c’est une fronde « stérile » !

Au centre, on voit que les frondes fertiles commencent à pousser. Elles sont beaucoup plus petites que les frondes du pourtour.

Les grandes frondes stériles au pourtour disparaissent en automne tandis que les frondes fertiles persistent et libèrent les spores au printemps. Ensuite elles disparaissent. Tandis que les frondes stériles poussent, laissant au centre une place pour les futures frondes fertiles, cela forme une sorte de nid….

La multiplication est assurée par les spores. Mais il arrive souvent que les frondes fertiles ne poussent pas. La multiplication sera alors assurée par des sortes de stolons, des racines grêles et traçantes issues du rhizome.
C’est pour cela que notre fougère peut former de vastes populations et qu’elle peut même devenir plus ou moins envahissante si les conditions lui conviennent. Elle aime des sols non acides, très humides, par exemple le long des ruisseaux, dans des ravins encaissés…
En France, c’est une plante très rare qui est protégée (Protection Nationale). Une station naturelle d’environ 300 pieds a été découverte en 1991 dans les Vosges, elle est naturalisée en Lorraine et dans le Bas-Rhin. Elle est parfois cultivée.
Son pays, c’est l’Europe du Nord et l’Europe Centrale.
Nous l’avons vue en juillet 2013 en Roumanie, en Transylvanie.
Au Monastère de Carta, construit au XIIIe siècle par les moines cisterciens, elle poussait dans le cimetière des soldats allemands tués pendant la Première Guerre mondiale.

Au moulin à eau d’Ohaba, elle poussait en abondance dans ce lieu frais et humide.
Notre ami Roger F. l’a photographiée en Italie, près de Sampeyre.

Photos Roger F.
Les jeunes pousses en crosse sont parait-il consommées au Japon (kogomi) et en Amérique du nord (fiddleheads)…
Monique