16 Août 2024
A 50km au nord de Lyon, proche de la confluence de la Saône et de la Chalaronne, nous avons visité un parc paysager de 35ha qui propose un parcours de découverte de la flore et de la faune aquatique. Il offre une vingtaine d’étangs de toutes tailles, bien que ne faisant pas partie proprement dit de la Dombes. C’est un reportage de FR3 Région qui a attiré notre curiosité et à vrai dire nous n’avons pas été déçus.
Ce parc est très bien aménagé, ombragé donc très appréciable en ces temps de canicule, avec de nombreux panneaux d’information. Il présente plusieurs originalités sur la faune et la flore des milieux aquatiques.
Les vedettes de ce parc sont sans conteste les carpes Koï importées du Japon, aux couleurs très variées, ce qui permet d’en distinguer les variétés. A l’origine entièrement noires, élevées et appelées Magoï par les chinois, ce sont les japonais qui ont procédé à divers croisements de mutants colorés afin d’obtenir ces variétés de couleur qui ne cessent d’évoluer. Les carpes les plus courantes sont rouges et blanches (Kohaku), bleues (Shusui et Agasi), jaunes (Yamabuki) et tricolores rouges, noires et blanches (Showa et Sanke).
Ces carpes sont de véritables emblèmes au Japon : c’est la variété Kohaku qui est la plus recherchée. D’un blanc immaculé avec une tache ronde et rouge sur la tête, elle rappelle le drapeau de l’Empire du Soleil Levant. Selon sa taille et l’intensité de ses couleurs, leur prix de vente peut atteindre des records (plusieurs milliers d’euros). La plus chère s’est vendue 750 000 euros.
Elles peuvent peser jusqu’à 40kg, mesurer plus de 90cm et vivre une vingtaine d’années. Elles sont considérées comme domestiques en France.
Elles se nourrissent de mollusques, larves d’insectes, de vers et aussi les granulés spécifiques vendus dans des gobelets à l’entrée du parc.
D’autres poissons sont présents dans les bassins : la Carpe Amour originaire du fleuve Amour, au corps plus arrondi, le Poisson rouge dont la couleur, due aux nombreuses mutations et croisements, n’a plus rien à voir avec le gris de l’espèce sauvage d’origine…
De nombreux oiseaux sont présents toute l’année dans le parc : le Canard colvert, le Héron cendré, l’Aigrette garzette, la Grande aigrette, la Buse variable, le Bihoreau gris, le Martin pêcheur, la Poule d’eau, la Foulque Macroule… Nous avons eu la chance en prime de voir se poser sur un champ voisin un Héron pourpré.
Au long du parcours, on peut voir différentes Libellules, Anax empereur et autres Naïades, des crapauds et grenouilles vertes
Deux animaux nuisibles dans ce type de milieu, pour les dégâts qu’ils provoquent, sont régulièrement traqués par les responsables du Parc : le Rat musqué ou Rat d’Amérique, le Ragondin ou Myocastor.
Coté Flore, c’est le coup de foudre dès l’entrée après le passage de la billetterie. Le premier bassin, le plus grand, est bordé de hautes plantes aquatiques, le Lotus sacré (Nelungo nucifera) avec ses énormes fleurs allant du blanc pur au rose carmin
Ses feuilles arrondies et pelletées pouvant atteindre 70cm de diamètre sont au sommet d’une tige dépassant jusqu’à 1m au-dessus du niveau de l’eau.
Son fruit charnu ressemble à une pomme d’arrosoir dont la vingtaine d’alvéoles renferment chacune une grosse graine.
Le fruit séché entre dans la composition de bouquets secs que l’on voit souvent chez les fleuristes. Ses fleurs, graines, jeunes feuilles et rhizomes sont tous comestibles !
Bien sûr l’Iris jaune des marais (Iris pseudachorus) est présent, ainsi que le Nénuphar blanc (Nymphaea alba) et le jaune (Nuphar luteum).
Au bord des fossés ou des bassins, nous avons vu trois autres belles plantes décoratives :
La visite se poursuit dans un milieu ombragé et frais, la bambouseraie, proposant des panneaux d’information sur l’origine et les différentes espèces de bambous. Cette plante à tige ligneuse fait partie de la famille des Poacées et comptent plus de 1300 variétés.
D’après les Malaisiens, l’origine du mot Bambou vient du fait que lors de la combustion l’air contenu dans les tiges creuses se dilate et fait éclater les entre-nœuds et en s’échappant émet un « Bououou… ».
Dans la culture asiatique, le bambou est porteur de joie, synonyme de fertilité, de jeunesse. Souple, robuste, au feuillage persistant il est incontournable des jardins paysagers. Les différentes variétés sont appréciées pour leur feuillage vert plus ou moins foncé, plus ou moins brillant, la couleur de leur tige (chaume) jaune, vert, strié…
Proche de l’acier par ses caractéristiques mécaniques, mais plus léger, plus flexible, inoxydable, il est couramment utilisé dans les travaux de bâtiment (la photo d’échafaudage ci-dessous a été prise par notre fils à Bombay, il y a quelques semaines).
La visite se termine par une exposition d’une dizaine de panneaux de présentation des différentes plantes des milieux aquatiques (de berge, immergées, flottantes…).
Pierre et Cathy