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17 octobre 2015 6 17 /10 /octobre /2015 14:41

~~En 1999, lorsque j’ai acquis une maison dans la Drôme, près de Valence, il y avait 4 grands buis de 4 à 5 m de haut. Quelques années plus tard, j’ai planté encore au bord d’une allée quelques pieds de buis donnés par une amie. Ces buis ont poussé sans problème particulier. En 2013, j’ai constaté que toutes les branches du bas jusqu’50 cm environ perdaient leurs feuilles, surtout sur les buis les plus anciens. Mais je n’y ai plus prêté attention. En juillet 2014, à la suite des nombreux articles parus sur internet ou dans la presse, j’ai appris que ces dégâts étaient causés par la Pyrale du buis, Cydalima perspectalis – famille des Crambidae - Ce ravageur du buis est un petit papillon de nuit originaire d’Extrême-Orient. Il a été importé en Europe suite au commerce international…du buis ! Il est arrivé en Suisse et en Allemagne en 2007, en France en 2008 (premiers cas notés en Alsace). Le pourtour méditerranéen a suivi assez rapidement ainsi que tout l’est du Massif central, la côte atlantique et la région parisienne. L’espèce est présente maintenant sur au moins 60 départements français dont la Haute-Savoie et la Savoie. En Europe, il a gagné la Belgique, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Grande-Bretagne, l’Italie, l’Autriche… et la liste des pays colonisés ne cesse d’augmenter.

En haut : photo Internet - En bas : photo prise à Lathuile (74) 1-9-2015
En haut : photo Internet - En bas : photo prise à Lathuile (74) 1-9-2015

En haut : photo Internet - En bas : photo prise à Lathuile (74) 1-9-2015

~~Je constatais la progression du dessèchement des branches inférieures jusqu à 1 m environ, mais je ne savais pas voir de traces particulières de cocons, chenilles, papillons. Par contre, cette année, dès le 1er mai, j’ai eu la surprise de découvrir de nombreuses chenilles. J’en ai installé une dizaine dans un terrarium avec des rameaux de buis pour les nourrir : j’avais envie de voir à quoi ressemblerait le papillon… Ces chenilles sont ornées de bandes longitudinales vert jaune et vert sombre, avec une grosse tête d’un noir brillant. Une petite verrue noire et un long poil blanc de chaque côté sur chaque anneau.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis
La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~ Ces chenilles sont très voraces, elles grignotent avec appétit les feuilles de buis pourtant coriaces et atteignent la taille maximale (4 cm) en un mois !

Elles ont tout dévoré, il ne reste que des crottes : vite, il faut aller chercher du buis !

Elles ont tout dévoré, il ne reste que des crottes : vite, il faut aller chercher du buis !

~~Elles tissent une sorte de filet de camouflage, fait de fils de soie et de crottes mêlées, reliant les extrémités rameuses du buis et les feuilles s’y trouvant. Profitant de leur mimétisme, elles peuvent dévorer à leur aise et à l’abri des regards, les parties vertes de l’arbuste.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Petit à petit, les chenilles se nymphosent : la chrysalide verte devient rapidement brune (21 mm).

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Les papillons ont émergé au bout de 2-3 semaines. Le 3 juin, un premier papillon nait : il est brun foncé avec de beaux reflets mordorés.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Les autres naitront les jours suivants. La plupart sont blancs, les ailes légèrement bleutées bordées de gris-brun, envergure 36 à 44 mm.

La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis
La Pyrale du buis, Cydalima perspectalis

~~Quelques-uns sont plus sombres, comme le premier. Ces papillons nés en juin s’accouplent, se reproduisent : les œufs sont pondus sur la face inférieure des feuilles de buis. Il y aura au moins 3 générations par an. Cette prolifération rapide, l’absence de prédateurs, font qu’il est difficile de se débarrasser de la pyrale ! Pour essayer de sauver mes buis, j’ai brûlé toutes les autres chenilles. J’ai prévu d’utiliser un traitement biologique par pulvérisation proposé par les Ets Truffaut. Pour enrayer la propagation, on peut aussi utiliser un produit biologique à base de Bacillus thuringiensis. Un comble : le Frelon asiatique (Vespa velutina) introduit lui aussi il y a peu en France serait un prédateur avéré de la Pyrale du buis ! Mais à grande échelle, plutôt que de s’évertuer à lutter contre les nouvelles venues, il serait préférable d’essayer de maintenir des écosystèmes riches et diversifiés, ce qui limiterait les effets de leur introduction.

Michèle P. d’Annecy

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Published by groupe nature - dans PAPILLONS
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