Oui, il y a une suite…
Résumé des épisodes précédents :
21 août 2011 : « mise en boîte » d’une chenille.
22 août 2011 : la chenille n’a pas perdu de temps, pendant la nuit elle a tissé son cocon et s’est chrysalidée.
7 mois d’attente…
29 mars 2012 : un beau papillon sort du cocon, c’est une femelle.
1e avril 2012 : ma femelle attire un mâle (d’où vient-il ?), accouplement (2 heures) et aussitôt après, ponte.
La ponte, 1e avril
Au moment de pondre la femelle sélectionne dans la nature une plante nourricière pour déposer ses œufs. Certains papillons sont très exigeants, une seule plante leur convient. Le Petit Paon est
moins difficile, ses plantes hôtes sont très variées : Rosacées ligneuses comme le prunellier, l’aubépine, la ronce, le framboisier, la spirée ulmaire et aussi le saule
marsault, la callune vulgaire, la myrtille etc…
Les papillons installent leur progéniture dans un milieu idéal pour le développement des jeunes chenilles, car à leur naissance elles doivent se débrouiller toutes seules.
Ma femelle n’a pas eu le choix, je lui ai présenté un rameau du pommier de mon jardin. Si elle était née dans la nature, je pense qu’elle n’aurait pas eu à chercher loin, car la chenille se
serait chrysalidée sur l’une de ses plantes hôtes. Il me semble que la femelle n’est pas capable de voler loin : son abdomen gonflé par les œufs (les ovules) est trop lourd !
Mon papillon a collé ses œufs contre le rameau, il les a disposés bien régulièrement en manchon.
Les œufs sont lisses et brillants, un peu bosselés, sans ornementation. On remarque au sommet un point plus sombre, c’est le micropyle, une petite ouverture qui permet aux
spermatozoïdes de pénétrer dans l’ovule pour le féconder au moment de la ponte.
A l’intérieur de l’œuf, un miracle se produit : après une intense division cellulaire, l’ovule fécondé va se transformer en chenille….

Naissance des chenilles, le 17 avril
Au bout de 17 jours d’incubation, les œufs sont arrivés à maturité.
Les chenilles ont découpé un petit trou au sommet de l’œuf et sont sorties … Elles sont noires, poilues : elles ne ressemblent en rien à la chenille que j’ai recueillie
fin août ! Elles sont minuscules, mais la tête est relativement volumineuse et par rapport à la taille des œufs elles sont géantes : comment ces petites bêtes ont-elles trouvé assez de
place dans ces œufs minuscules ?
Pour leur premier repas les petites chenilles dévorent souvent la coquille de leurs œufs, les miennes s’attaquent sans tarder aux feuilles des rameaux d’aubépine que je leur ai
présentées, elles semblent apprécier, tout va bien !

Les chenilles passent leur temps à manger… et à faire des crottes : il faut s’occuper de leur nourriture, dès que les feuilles sont flétries il faut aller en chercher des nouvelles…Et il
faut nettoyer la boîte car les crottes s’accumulent !
Et les parents, que sont-ils devenus ? Ils ont rempli leur mission et sont morts depuis longtemps…
Voici le mâle et la femelle le soir du 1e avril, après la ponte, ils ne bougent plus…

J’ai mis le mâle sur le dos, il est HS !

Le corps mou des chenilles est occupé en grande partie par le tube digestif, manger est leur seule occupation !

25 avril : les chenilles ont déjà bien grandi, j’en donne quelques-unes à Françoise D. et à Jacques B.
Mais que se passe-t-il ?? Elles ont cessé de manger et ne bougent plus. Je pense tout de suite à la mue, mais ce qui me fait souci c’est que ça dure
plusieurs jours…
Voici une photo prise le 27 avril, on voit les « vieilles peaux » en bas, les chenilles ont donc mué, mais
elles ne semblent pas affamées, elles sont très calmes, je suis inquiète.
28 avril : Claudie et moi nous partons en Corse pour une session botanique d’une semaine. Je confie la boîte à Jean-Marc. Dès le premier coup de fil le 29 avril, il me rassure : les
chenilles ont bon appétit.
5 mai : retour de Corse, Jean-Marc a bien soigné les chenilles, il les a placées dans une boîte plus grande.

Les chenilles ont grandi, elles sont toujours noires et poilues, des taches jaunes sont apparues sur le côté… C’est moins sympa que les papillons, mais comme dit la
Rose du Petit Prince « Il faut bien que je supporte deux ou trois chenilles si je veux connaître les papillons » !
Monique